Quand la guerre en Iran met le Kenya en péril : un thé qui s’invite à la table des conflits

La guerre en Iran ne fait pas que troubler le Moyen-Orient ; elle menace aussi le précieux thé kényan, mettant en lumière les absurdités d’une économie mondialisée.

Alors que la guerre en Iran percute l’économie mondiale, en Afrique, le Kenya en ressent particulièrement les effets. Loin d’être uniquement son fournisseur de pétrole, le Moyen-Orient est aussi l’un de ses principaux marchés, ainsi qu’un hub stratégique par lequel transitent nombre de ses exportations, résume Citizen Digital.

Ce qui se passe réellement

Premier secteur concerné : le thé, dont le Kenya est le troisième producteur mondial. D’après le quotidien The Star, la hausse des coûts de transport et les perturbations des voies d’approvisionnement pourraient menacer 700 000 petits producteurs.

Historiquement, l’Iran est l’un des plus importants acheteurs de thé kényan, mais celui-ci est interdit dans le pays depuis 2024 à la suite d’un scandale de fraude. Dans la région toutefois, les Émirats arabes unis, le Yémen et Oman font également partie des dix plus gros importateurs de thé kényan. Dubaï, en particulier, est une plateforme de distribution où est mélangé le thé, exporté ensuite vers d’autres pays du Moyen-Orient.

Autre plaque tournante, le port de Salalah, à Oman, fermé depuis que des frappes de drones ont incendié ses réservoirs de carburant, le 11 mars. “Le port de Salalah est le centre névralgique de nos exportations de thé. C’est de là que le thé est expédié vers l’Iran, l’Égypte, le Pakistan, les Émirats arabes unis, la Russie et même la Grande-Bretagne. Sa fermeture nous pénalise fortement”, explique Gabriel Kagombe, un responsable de la Kenya Tea Development Agency, le premier producteur kényan, au quotidien The Star.

Pourquoi cela dérange

Le Kenya, qui se vante d’être un acteur clé sur le marché mondial du thé, se retrouve dans une situation où ses exportations sont bloquées, et cela à cause de conflits qui semblent bien éloignés de ses préoccupations quotidiennes. La fermeture du port de Mombasa, où le thé est actuellement retenu, met en lumière l’absurdité d’une dépendance économique à des régions en guerre.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont déjà visibles : les autorités portuaires ont demandé à la Kenya Tea Development Agency de ne plus acheminer de conteneurs. L’agence, qui rassemble plus de 600 000 petits producteurs, pourrait être forcée d’interrompre sa production alors que les entrepôts sont déjà pratiquement remplis en cette période de pluie où la production bat son plein. “Je ne veux pas être alarmiste, mais les producteurs de thé doivent se préparer au pire si la guerre ne prend pas fin”, poursuit Gabriel Kagombe.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques vantent les mérites de la mondialisation tout en laissant les petits producteurs de thé kényan à la merci des caprices d’un conflit à des milliers de kilomètres. Promesses de prospérité et réalité des petits producteurs, un décalage qui ferait sourire si ce n’était pas si tragique.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler les politiques autoritaires qui, à travers le monde, exploitent les ressources des pays en développement tout en les laissant vulnérables aux crises internationales. Les Émirats, en particulier, semblent jouer un rôle de premier plan dans cette danse macabre, achetant du thé tout en étant les premiers à fermer leurs portes lorsque les temps deviennent durs.

À quoi s’attendre

Les projections ne sont guère optimistes. Si la guerre en Iran se prolonge, le Kenya pourrait perdre l’accès à des marchés clés comme les Émirats arabes unis, un coup dur pour son économie. Les experts s’accordent à dire que l’impact pourrait être dévastateur, non seulement pour les producteurs de thé, mais aussi pour l’ensemble de l’économie kényane.

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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