Implanté au cœur des Baumettes, l’une des prisons les plus emblématiques de France, un restaurant permet la rencontre de deux mondes qui ne se croisent que rarement : celui des détenus cuisiniers et celui des clients venus de l’extérieur. Un lieu unique dans l’Hexagone, qui a intrigué cette journaliste espagnole.
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Rémy Todesco attend aux portes de la prison des Baumettes qu’une gardienne vienne le chercher. Avant de passer le contrôle de sécurité, il dépose son téléphone, ses espèces, et ses effets personnels dans un casier. Et pour cause : il s’apprête à rentrer dans l’une des prisons françaises les plus emblématiques – celle-là même dont ses parents se servaient comme d’un épouvantail quand il n’était pas sage, pendant son enfance.
“Si tu fais des bêtises, tu vas finir aux Baumettes”, le menaçaient-ils. Il n’en menait pas large, terrifié à l’idée de finir derrière ces barreaux. “Venir manger [aux Baumettes] aujourd’hui, c’est aussi reconnaître que, même ici, il y a des choses positives”, affirme un habitant de Toulon, âgé de 41 ans.
En effet, Rémy ne franchit pas les murs de la prison pour avoir fait “trop de bêtises”. Comme les huit personnes à ses côtés, il vient manger aux Beaux Mets, l’un des bistrots les plus atypiques de Marseille, situé au sein même de la prison.
Franchir l’enceinte d’une prison n’a rien d’anodin, comme nous le confirme la surveillante pénitentiaire qui accompagne notre petit groupe jusqu’au restaurant. Nous ne connaissons pas son vrai nom, mais les détenus l’appellent “Patate Douce” : “Patate parce que je suis un peu ronde, et douce parce que je suis sympa”, pla
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Quand la gastronomie s’invite derrière les barreaux : un restaurant aux Baumettes
Un restaurant au cœur de l’une des prisons les plus emblématiques de France, où détenus cuisiniers et clients de l’extérieur se rencontrent. Une initiative qui soulève des questions sur la réinsertion et l’absurdité des discours politiques.
Implanté au cœur des Baumettes, l’une des prisons les plus emblématiques de France, un restaurant permet la rencontre de deux mondes qui ne se croisent que rarement : celui des détenus cuisiniers et celui des clients venus de l’extérieur. Un lieu unique dans l’Hexagone, qui a intrigué cette journaliste espagnole.
Rémy Todesco attend aux portes de la prison des Baumettes qu’une gardienne vienne le chercher. Avant de passer le contrôle de sécurité, il dépose son téléphone, ses espèces, et ses effets personnels dans un casier. Et pour cause : il s’apprête à rentrer dans l’une des prisons françaises les plus emblématiques – celle-là même dont ses parents se servaient comme d’un épouvantail quand il n’était pas sage, pendant son enfance.
“Si tu fais des bêtises, tu vas finir aux Baumettes”, le menaçaient-ils. Il n’en menait pas large, terrifié à l’idée de finir derrière ces barreaux. “Venir manger [aux Baumettes] aujourd’hui, c’est aussi reconnaître que, même ici, il y a des choses positives”, affirme un habitant de Toulon, âgé de 41 ans.
En effet, Rémy ne franchit pas les murs de la prison pour avoir fait “trop de bêtises”. Comme les huit personnes à ses côtés, il vient manger aux Beaux Mets, l’un des bistrots les plus atypiques de Marseille, situé au sein même de la prison.
Franchir l’enceinte d’une prison n’a rien d’anodin, comme nous le confirme la surveillante pénitentiaire qui accompagne notre petit groupe jusqu’au restaurant. Nous ne connaissons pas son vrai nom, mais les détenus l’appellent “Patate Douce” : “Patate parce que je suis un peu ronde, et douce parce que je suis sympa”, pla
Ce qui se passe réellement
Le restaurant « Les Beaux Mets » est un projet audacieux qui vise à réinsérer des détenus par le biais de la gastronomie. Les clients, souvent curieux, franchissent les portes de la prison pour découvrir une cuisine élaborée par des cuisiniers en détention. Une initiative qui pourrait sembler louable, mais qui soulève des interrogations sur la véritable nature de la réinsertion.
Pourquoi cela dérange
La juxtaposition entre la gastronomie et l’incarcération est pour le moins déroutante. Comment peut-on parler de réinsertion dans un lieu où la liberté est absente ? Les promesses de réhabilitation semblent se heurter à la réalité des conditions carcérales. Les détenus, bien qu’ils cuisinent pour des clients extérieurs, restent enfermés dans un système qui les stigmatise.
Ce que cela implique concrètement
Cette initiative pourrait être perçue comme un simple coup de communication, une tentative de verdir l’image d’un système pénitentiaire souvent critiqué. Les détenus, bien qu’ils acquièrent des compétences culinaires, sont-ils réellement préparés à réintégrer la société ? Les chiffres de la récidive, alarmants, suggèrent que la réponse est non.
Lecture satirique
Alors que les politiques prônent la réinsertion, on se demande si ces initiatives ne sont pas qu’un écran de fumée. La réalité est que les détenus, malgré leurs talents culinaires, restent prisonniers d’un système qui les marginalise. “Venez manger aux Baumettes, c’est positif !” clament certains, mais qu’en est-il des véritables solutions à la réinsertion ?
Effet miroir international
À l’étranger, des initiatives similaires fleurissent, mais souvent sous des régimes autoritaires. Les États-Unis, par exemple, utilisent la main-d’œuvre carcérale pour des activités lucratives, tout en prétendant œuvrer pour la réhabilitation. Un parallèle inquiétant qui soulève des questions sur l’éthique de ces pratiques.
À quoi s’attendre
Si cette initiative peut sembler innovante, elle ne doit pas masquer les véritables enjeux de la réinsertion. Les politiques doivent aller au-delà des simples opérations de communication et s’attaquer aux racines du problème : le manque de soutien et d’accompagnement pour les détenus.
Sources
Source : www.courrierinternational.com





