Une accusation, puis des réactions publiques
Dans son édition du mardi 6 octobre, L’Infiltré attribue à Emmanuel Macron un surnom raciste visant Prisca Thevenot, députée et ancienne ministre. Selon le récit repris par plusieurs médias, la scène se serait déroulée alors qu’il regardait une intervention télévisée de l’élue. Nous ne disposons pas d’un élément indépendant permettant de vérifier que cet échange privé a eu lieu. Il faut donc parler de propos attribués au président, et non de propos tenus par lui. ()
Le mercredi 7 octobre, Violette Spillebout, députée du Nord, écrit qu’elle n’imagine pas que de tels mots aient réellement été prononcés et réclame « un démenti rapide ». Julie Delpech, députée de la Sarthe, dit elle aussi espérer que les propos rapportés sont faux et demande une clarification. Leur position ne valide pas l’accusation : elle montre que sa publication a suffi à provoquer des prises de position dans le camp présidentiel. Le conditionnel est ici plus utile que le vacarme. ()
Le démenti rapporté le 8 octobre
Jeudi 8 octobre, Agnès Pannier-Runacher apporte un élément absent du simple face-à-face entre la publication de L’Infiltré et les appels à réagir. Interrogée par Sud Radio, elle qualifie le terme rapporté de raciste et affirme que l’Élysée a dit à Prisca Thevenot qu’il n’avait jamais été employé par Emmanuel Macron, ni par quiconque à la présidence. Elle accuse également L’Infiltré de diffuser une « infox ». Il s’agit d’un démenti rapporté par une responsable politique, pas d’une vérification indépendante de la scène alléguée. ()
La chronologie compte : l’entretien de Pannier-Runacher était publié par Sud Radio le 8 octobre à 11 h 20, avant l’article de Libération fourni comme source principale, daté de 11 h 48. Raconter seulement que des députées attendaient un démenti laisserait donc de côté cette réponse, tout en exagérant sa portée si on la présentait comme une preuve définitive. ()
Pourquoi l’affaire touche Attal
Le lien avec Gabriel Attal n’a rien d’une énigme de palais à résoudre par intuition. Le site de Renaissance présente Attal comme son secrétaire général et Prisca Thevenot comme secrétaire générale déléguée aux Assemblées départementales ; il donne aussi à Emmanuel Macron le titre de président d’honneur. L’accusation vise ainsi une responsable de la direction du parti conduit par l’ancien Premier ministre. Ces fonctions expliquent pourquoi l’affaire peut avoir une portée politique au sein de Renaissance. Elles ne prouvent ni une manœuvre de l’un des camps, ni une stratégie de L’Infiltré pour peser sur leurs relations. ()
Ce qui est établi : une accusation a été publiée, deux députées ont demandé qu’elle soit démentie, puis Agnès Pannier-Runacher a fait état d’un démenti transmis par l’Élysée à Prisca Thevenot. Ce qui reste incertain : la réalité de la scène privée décrite par L’Infiltré. Et ce qui relève de l’analyse, c’est sa portée dans les rapports entre Macron et Attal. Une polémique peut révéler des sensibilités politiques ; elle ne transforme pas, à elle seule, une allégation contestée en fait. ()
Source principale : Libération (www.liberation.fr)
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Auteur : Etienne Baldit, Chez Pol
Sources complémentaires
- Sud Radio, entretien avec Agnès Pannier-Runacher du 8 octobre 2026 : consulter l’entretien
- Renaissance, composition de la direction du parti : consulter la page officielle



