Présidentielle au Bénin : Un match amical entre deux candidats en quête de légitimité
Alors que la campagne électorale bat son plein, les Béninois semblent plus désabusés que jamais face à une offre politique étriquée. Entre promesses creuses et désintérêt croissant, le scrutin du 12 avril s’annonce comme une formalité sans saveur.
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Le Bénin est entré, lundi 6 avril, dans sa dernière semaine de campagne avant la présidentielle programmée dimanche 12 avril, au cours de laquelle les électeurs seront appelés à élire le successeur du président Patrice Talon. Deux candidats sont en lice : Romuald Wadagni pour la majorité présidentielle, dauphin désigné du chef de l’État sortant, et Paul Hounkpè pour les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), un parti d’opposition dit modéré.
Ce qui se passe réellement
Les deux candidats poursuivent leurs déplacements et meetings à travers le pays, mais se heurtent à un manque d’entrain des électeurs. « L’offre politique est trop réduite », affirment certains. Romuald Wadagni, dont le visage s’affiche le long des principaux axes de Cotonou, a déployé une logistique impressionnante, tandis que Paul Hounkpè reste plus discret, mais tout aussi déterminé.
Les prestations de Romuald Wadagni observées à la loupe
Depuis le coup d’envoi de la campagne, les deux candidats ont sillonné tout le pays, n’hésitant pas à se rendre dans des zones à risque. « J’ai assisté à plusieurs meetings et il y avait du monde, la campagne se déroule à merveille », confie un militant de la mouvance présidentielle. Mais cette ferveur apparente cache un désenchantement croissant parmi les électeurs.
« Si le vote est déjà joué, je laisse tomber »
Les promesses de moyens contre l’insécurité et d’amélioration des conditions de vie sont au cœur des discours, mais les Béninois semblent sceptiques. Michel, un moto-taxi à Cotonou, déclare : « Il n’y a que deux candidats… Avant, en 2016, il y avait plus de concurrents. Est-ce que je vais voter ? Je vais voir. Si le vote est déjà joué, je laisse tomber. »
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière l’incohérence entre les discours politiques et la réalité. Les promesses de développement et de démocratie semblent bien loin des préoccupations quotidiennes des citoyens, qui se sentent abandonnés.
Ce que cela implique concrètement
Le manque de choix politique et l’absence de débats de fond pourraient mener à une désillusion généralisée, sapant la confiance dans le processus démocratique. Les Béninois pourraient se détourner des urnes, renforçant l’idée que leur voix ne compte pas.
Lecture satirique
Les discours politiques, souvent déconnectés de la réalité, rappellent ces compétitions sportives où le résultat est déjà connu. Les promesses de Wadagni et Hounkpè semblent plus des slogans que des engagements concrets. L’ironie est palpable : alors que les Béninois aspirent à un changement, ils se retrouvent face à un choix entre deux candidats qui, au fond, se ressemblent plus qu’ils ne le pensent.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs, où les élections se transforment en simples formalités. Les Béninois, comme tant d’autres, se demandent si leur démocratie est en train de devenir un spectacle sans enjeu.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, le 12 avril pourrait bien être un jour où l’absence de choix se traduira par une faible participation. Les électeurs, lassés, pourraient choisir de rester chez eux, laissant le champ libre à une élection sans véritable enjeu.




