Pourquoi votre train est-il si lent ? La lenteur du rail canadien, un paradoxe à grande vitesse
En 2025, un trajet en train entre Vancouver et Toronto prend plus de temps qu’il y a 70 ans. Une ironie qui soulève des questions sur nos priorités en matière de transport.
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Imaginez-vous, confortablement installé dans un train, prêt à traverser le Canada. Vous vous attendez à un voyage épique, mais voilà, le temps passe et vous êtes toujours coincé sur une voie d’évitement, attendant qu’un train de marchandises passe. Bienvenue dans le monde du transport ferroviaire canadien, où la lenteur est devenue la norme et où les trains de voyageurs sont relégués au second plan.
Ce qui se passe réellement
Au milieu des années 1950, le trajet à bord du Canadien du Canadien Pacifique durait 71 heures, à une vitesse moyenne de 63 km/h. Aujourd’hui, le même trajet avec VIA Rail prend 91 heures, à une vitesse moyenne de 47 km/h. Pendant ce temps, les trains de marchandises, qui comptent en moyenne 250 wagons, continuent de passer sans souci. Ce changement de priorité est frappant : autrefois, les trains de voyageurs avaient la préséance, mais aujourd’hui, ils sont à la merci des trains de fret.
Pourquoi cela dérange
Cette situation est d’autant plus absurde que, dans d’autres parties du monde, comme en Europe, les trains de voyageurs circulent sur des voies qui leur sont réservées. En Suisse, par exemple, le réseau ferroviaire est optimisé pour le transport de passagers, tandis qu’au Canada, il est optimisé pour le fret. Ce décalage met en lumière une incohérence flagrante dans nos priorités de transport.
Ce que cela implique concrètement
Les passagers de VIA Rail se retrouvent souvent à attendre des heures, alors que les trains de marchandises, jugés « hautement prioritaires », passent en premier. Cela soulève des questions sur la valeur que nous accordons à la vie humaine par rapport aux marchandises. Si certains passagers peuvent débourser jusqu’à 10 000 dollars pour un trajet, pourquoi ne pas leur garantir un service à la hauteur de leur investissement ?
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans un pays qui se vante de ses valeurs démocratiques, les trains de voyageurs n’ont même pas la priorité sur des cargaisons de potasse. Pendant que nos politiciens promettent de moderniser le transport, la réalité est que nous sommes coincés dans un champ de blé, à regarder passer des trains de marchandises. Cela ressemble à une promesse électorale : brillante sur le papier, mais totalement déconnectée de la réalité.
Effet miroir international
Ce paradoxe n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires dans d’autres pays, où les droits des citoyens sont souvent sacrifiés au profit des intérêts commerciaux. Aux États-Unis, par exemple, Amtrak a réussi à obtenir une certaine priorité, mais cela reste une lutte constante contre les compagnies de fret. Si le Canada veut vraiment avancer, il doit suivre cet exemple et inscrire dans la loi la préséance des trains de voyageurs.
À quoi s’attendre
Si nous continuons sur cette voie, il est peu probable que la situation s’améliore. Les trains de voyageurs continueront d’être des citoyens de seconde zone sur les rails canadiens, à moins que des changements significatifs ne soient apportés. La lenteur du rail canadien pourrait bien devenir un symbole de notre incapacité à prioriser l’humain sur le commerce.



