Pourparlers entre les États-Unis et l’Iran : le mirage d’Islamabad
Les marchés financiers semblent optimistes pour les négociations à Islamabad, mais la réalité est tout autre : un échec annoncé.
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Peut-on, comme semblent l’indiquer les marchés financiers, nourrir un optimisme prudent pour les pourparlers qui sont censés se tenir ce week-end à Islamabad entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à une guerre qui fait rage depuis près de six semaines? La réponse est non. Ou presque. Rarement aura-t-on vu, dans l’histoire diplomatique, des négociations se tenir dans des conditions aussi catastrophiques. Les belligérants ne sont même pas arrivés à s’entendre sur l’inclusion du Liban dans les termes du cessez-le-feu décrété mercredi dernier.
L’attitude récente du président américain fut tellement indécente qu’elle laisse peu de place au minimum de confiance nécessaire au moindre accord. Donald Trump a embouché des trompettes génocidaires, laissant entendre qu’il pourrait éradiquer la civilisation iranienne. Avec les incohérences incessantes de la Maison-Blanche, les États-Unis n’ont pas, comme ils le revendiquent, gagné la guerre. Ils ont surtout perdu une bonne partie de leur crédibilité.
Du côté iranien, le président du parlement, Mohammad Ghalibaf, un dur du régime, fait lui aussi dans la surenchère. La survie inattendue (pour Washington) de la République islamique pousse ses dirigeants à formuler des exigences maximalistes. Le plan en dix points présenté par Téhéran, qui sert de base de négociations, aurait dû être rejeté d’emblée par le Bureau ovale tant il est grotesque. Il demande aux États-Unis de retirer leurs troupes du Moyen-Orient, de laisser à l’Iran le contrôle stratégique du détroit d’Ormuz, de lever toutes les sanctions onusiennes et américaines et enfin de toucher des réparations pour les dommages causés par la guerre. Preuve que l’opération «Fureur épique» est un cuisant échec à ce jour : aucun dirigeant de la République islamique n’aurait osé mettre sur la table des revendications aussi radicales avant la guerre. Mais à Téhéran, on n’a pas omis de voir l’impasse dans laquelle s’est mise l’administration Trump.
Paradoxalement, les pourparlers d’Islamabad pourraient néanmoins déboucher sur un cessez-le-feu plus durable. Mais pour les mauvaises raisons. L’agenda à venir du président américain est incompatible avec la poursuite de la guerre. Visite du roi d’Angleterre à la fin d’avril, sommet à Pékin avec son homologue chinois, Xi Jinping, célébrations du 250e anniversaire de la naissance des États-Unis, Coupe du monde de football sur sol américain et élections de mi-mandat. C’est là le grand danger. Donald Trump risque de céder énormément au régime de Téhéran, au grand dam de la population iranienne désormais exposée aux bombardements israélo-américains et à la répression redoublée des Gardiens de la révolution.
La République islamique, qui excelle dans l’art dilatoire, a aussi un intérêt à mettre un terme à la guerre. Ses capacités militaires ont été fortement dégradées, nombre de figures du régime ont été éliminées et des infrastructures civiles essentielles ont été détruites. À Islamabad, si paix il y a, elle aura tout d’un marché de dupes.
Pourquoi cela dérange
Les incohérences des discours politiques, tant du côté américain que iranien, révèlent une déconnexion totale avec la réalité. Les promesses de paix sont souvent éclipsées par des exigences irréalistes et des menaces belliqueuses.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de ces négociations, si elles aboutissent, pourraient signifier un renforcement des positions iraniennes au Moyen-Orient, tout en laissant la population iranienne dans une situation précaire, exposée à des violences continues.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que les États-Unis, qui se présentent comme les champions de la démocratie, semblent prêts à sacrifier la vie de milliers d’Iraniens pour des raisons de politique intérieure et d’image. Les promesses de paix se heurtent à la réalité d’un agenda électoral.
Effet miroir international
Ce scénario rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les dirigeants utilisent le chaos pour renforcer leur pouvoir, tout en prétendant agir pour le bien de leur peuple.
À quoi s’attendre
Les tendances actuelles laissent présager un avenir incertain, où les concessions faites par les États-Unis pourraient renforcer le régime iranien, tout en exacerbant les tensions dans la région.


