Portraits de Pâques : Quand les tronches de Noirmoutier nous regardent

Des visages oubliés, des histoires à retrouver, mais surtout une belle occasion de se moquer des promesses politiques qui n’en finissent pas de disparaître.

Quoi leurs gueules, qu’est-ce qu’elles ont, leurs gueules ? Noirmoutier est affaire de tronches, en ce week-end de Pâques. À commencer par les trombines des « portés disparus », qui nous toisent en noir et blanc, parsemées dans les boutiques de la presqu’île vendéenne. Ces visages, figés dans le temps, sont l’œuvre de l’équipe du festival Les Docs de Noirmoutier, un rendez-vous cinéphile consacré au documentaire.

Ce qui se passe réellement

Pour sa cinquième édition sous le thème du portrait (3 au 6 avril 2026), Églantine Aubry, commissaire photographique du festival, a voulu mettre en valeur ce patrimoine : des dizaines de photos d’archives datant du début du XXe siècle sur lesquelles apparaissent des habitants sans noms – marins, bouchers, couturières… – que les îliens sont invités à identifier. Une manière de « connecter les Docs à la vie locale de Noirmoutier, de s’inscrire dans l’histoire de l’île », explique Églantine Aubry. Dans les salles, la programmation est exigeante, engagée, bigarrée, expérimentale. Pas de compétition, que de la médiation.

Pourquoi cela dérange

Au-delà de la nostalgie, cette initiative soulève des questions. Pourquoi ces visages, ces histoires, sont-ils restés dans l’oubli ? Peut-être parce que, tout comme les promesses des politiques, ils ont été « portés disparus » dans le grand récit de l’histoire locale. L’oubli est un art que maîtrisent à merveille ceux qui préfèrent ne pas voir les contradictions de leur discours.

Ce que cela implique concrètement

Les habitants de Noirmoutier sont invités à redécouvrir leur propre histoire, mais cela soulève une question cruciale : à quel point sont-ils réellement impliqués dans la narration de leur propre passé ? Si les visages sont là, les voix semblent souvent étouffées par des discours politiques qui se veulent inclusifs, mais qui, en réalité, ne font que renforcer les clivages.

Lecture satirique

Ironie du sort, alors que l’on exhume des visages du passé, les discours politiques actuels semblent vouloir enterrer les réalités contemporaines. Les promesses de « connectivité » et d’« inclusion » se heurtent à la réalité d’un monde où les histoires des uns sont souvent ignorées par les autres. On pourrait presque croire que les politiciens se sont inspirés de ces portraits pour leur campagne : des visages sans noms, des promesses sans contenu.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette tendance à ignorer les voix marginalisées n’est pas unique à Noirmoutier. Des États-Unis à la Russie, les gouvernements semblent plus préoccupés par leur image que par la réalité de leurs citoyens. Les portraits de Noirmoutier pourraient bien servir de métaphore à ces dérives autoritaires, où les visages sont là, mais les histoires sont étouffées.

À quoi s’attendre

En regardant vers l’avenir, on peut s’interroger : ces portraits redonneront-ils une voix aux oubliés ou ne seront-ils qu’un autre spectacle pour distraire les masses ? La prudence est de mise, car les tendances visibles laissent entrevoir un avenir où l’histoire pourrait encore être réécrite, mais cette fois-ci, par ceux qui sont déjà au pouvoir.

Sources

Source : www.humanite.fr

Visuel — Source : www.humanite.fr
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