Viktoriia Kobeliatska : Une Ukrainienne reconstruisant sa vie à Dunkerque
Mise à jour le 2026-02-25 06:10:00 : Viktoriia Kobeliatska, réfugiée ukrainienne, trouve une nouvelle maison à Dunkerque après avoir fui la guerre.
Le 24 février est un triste anniversaire pour Viktoriia Kobeliatska. Quatre ans plus tôt, la Russie lance l’invasion de son pays natal, l’Ukraine. Viktoriia n’a d’autre choix que de partir se réfugier à l’étranger. En mai 2022, elle arrive en France et s’installe à Dunkerque (Nord), là où elle va commencer sa nouvelle vie.
Un choix qui n’a pas été facile à faire. Au moment de l’invasion, beaucoup d’Ukrainiens fuient le pays. Viktoriia et ses parents, eux, veulent rester à Kiev. Mais l’intensité des bombardements les force à se réfugier dans le métro la nuit. « Il y avait toujours cette sirène, très forte. J’étais très stressée, j’ai commencé à faire des crises d’angoisse. C’était très difficile. » Trois semaines après le début de l’offensive, une bombe s’abat sur leur quartier. « Un matin, une roquette est tombée à côté de ma maison et celle de mes parents, raconte-t-elle. Les fenêtres de mon appartement se sont cassées, le balcon aussi. On a eu très peur, on était très choqué et on a beaucoup pleuré. » Pour sa sécurité, elle prend la décision de partir.
En quittant son pays natal, l’Ukrainienne laisse ses vingt ans de carrière en tant que présentatrice télé derrière elle. « Toute ma vie, j’ai travaillé dans la télévision, le travail de journaliste c’est ma passion, c’est le sens de ma vie. » Pour s’en sortir, elle enchaîne les petits boulots à commencer par les vendanges en Bourgogne en septembre 2022. « Ça a été très difficile, j’ai beaucoup pleuré la première année. Je regardais les photos de moi en robe à la télévision alors que j’étais en train de faire les vendanges dans la terre. Il y avait un vrai contraste. » Au fil des années, elle a pris du recul sur ces expériences. « J’ai compris que dans chaque travail je peux trouver plus. Maintenant, j’y retourne chaque année et c’est comme des vacances pour moi ! »
Viktoriia Kobeliatska a travaillé vingt ans dans le journalisme en Ukraine.
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© FTV
Après avoir obtenu un diplôme de cuisine, Viktoriia travaille dans la restauration. « Elle a connu des choses très difficiles dans sa vie, aujourd’hui elle pense à l’avenir et elle a envie de se relever, on ne peut qu’aider ces gens-là. Tout de suite elle m’a marqué par son parcours », explique son ancien employeur. « Ici, c’est magnifique. J’ai eu l’opportunité d’apprendre le français, d’étudier. Maintenant je suis une très bonne cuisinière ! », ajoute l’Ukrainienne. Une nouvelle corde à son arc qu’elle ne manque pas d’étoffer.
A son arrivée en France, Viktoriia Kobeliatska a commencé à faire les vendanges en Bourgogne.
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© FTV
Aujourd’hui, Viktoriia suit une nouvelle formation afin de devenir agent d’accueil touristique. « Elle a acquis un bon niveau de français et c’est vraiment ses efforts à elle qui ont conduit à ça », insiste Marie-Josephe Van der Sypt, directrice territoriale Flandres-Audomarois d’ID Formation. « Elle a un sens du contact, de l’accueil, une bonne culture générale et elle parle plusieurs langues, ce qui est un atout pour ce métier-là », ajoute-t-elle.
Viktoriia, qui parle l’anglais, l’italien, le russe et maintenant le français, a facilement trouvé sa place dans cette formation et a déjà décroché un stage. « C’est un domaine qui se rapproche du journalisme, il faut communiquer avec beaucoup de monde. Nous avons une région très touristique et il y a besoin de gens qui travaillent dans le domaine touristique. »
Viktoriia Kobeliatska suit une nouvelle formation dans le domaine du tourisme.
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© Flavien Bellouti/ FTV
Sa motivation a vite été remarquée par sa formatrice Fabienne De Klerk : « En l’espace de deux mois, on voit qu’elle a fait encore des progrès. Et en termes d’initiatives, de participation dans le cours, il n’y a aucun souci. Elle est très participative, très bonne communicante. Ça se passe très bien pour elle. » Sa capacité à s’adapter ne cesse d’impressionner : « On voit des personnes qui connaissent la guerre dans leur pays arriver ici et ils arrivent à s’intégrer. Moi, je trouve ça vraiment super. »
Depuis qu’elle s’est installée à Dunkerque, Viktoriia commence à se sentir un peu plus chez elle au fil des mois. « C’est la première année où je me sens mieux, confie l’Ukrainienne. Avant, je ne pensais pas vivre ici. » Une rencontre l’a aidé à changer de perspective. « Il y a un an, ma vie a complètement changé parce que j’ai rencontré mon amoureux. C’est la raison pour laquelle je veux rester ici et construire notre vie ensemble. »
Viktoriia ne manque pas d’être reconnaissante de l’accueil qu’elle a reçu en France depuis son arrivée. « Ici dans le Nord, tout le monde est très gentil et à le sourire. Ma famille, mes parents sont en sécurité et c’est très important pour nous. »
Avec l’espoir de voir la fin de la guerre arriver rapidement, Viktoriia est désormais impatiente de construire cette seconde vie : « Je suis tombée amoureuse de Dunkerque, c’est ma deuxième maison ! »
Avec Thomas Millot et Flavien Bellouti / FTV.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Viktoriia Kobeliatska, réfugiée ukrainienne, a trouvé une nouvelle vie à Dunkerque.
- Qui est concerné : Les réfugiés ukrainiens en France.
- Quand : Depuis mai 2022.
- Où : Dunkerque, France.
Sources
Source : France 3 Élections municipales 2026

Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-02-25 06:10:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-02-25 06:10:00 — Slug : portrait-cest-ma-deuxieme-maison-refugiee-de-la-guerre-en-ukraine-elle-construit-une-seconde-vie-en-france
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