Porrentruy : La piscine municipale, un club privé pour « indigènes » ?
L’été dernier, la municipalité de Porrentruy a décidé d’interdire sa piscine aux étrangers. Un an plus tard, les « non-indigènes » peuvent revenir, mais à quel prix ?
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Il y a un an, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe : le 3 juillet 2025, la municipalité de Porrentruy, dans le Jura suisse, fermait sa piscine aux « non-indigènes ». Pour ceux qui ne le sauraient pas, ce terme administratif désigne les personnes n’ayant pas la chance de résider dans cette charmante bourgade. Les baigneurs français, à quelques kilomètres de la frontière, ont donc été priés de rester chez eux, sous prétexte de « surfréquentation » et d’incivilités, sans que personne ne pointe du doigt la nationalité des fauteurs de troubles.
Ce qui se passe réellement
Pour la saison 2026, la municipalité a décidé d’ouvrir à nouveau ses portes aux « non-indigènes », mais avec des conditions qui feraient rougir d’envie n’importe quel club de vacances. Les Français devront désormais réserver leur place en ligne, présenter un billet électronique et une pièce d’identité valide. Et cerise sur le gâteau, les tarifs sont revus à la hausse : 15 francs suisses pour les adultes « non-indigènes », contre 7,5 pour les locaux. Une belle manière de dire « vous êtes les bienvenus, mais pas trop quand même ».
Pourquoi cela dérange
Cette décision soulève des questions d’égalité et de discrimination. En effet, si la commune peut favoriser ses habitants avec des tarifs préférentiels, les conditions imposées aux étrangers semblent clairement viser un groupe spécifique. Les « non-indigènes » doivent faire face à une inégalité de traitement qui pourrait bien être contestée devant la justice suisse. Mais qui a vraiment envie de se battre pour plonger dans une piscine ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette politique sont déjà visibles. Les baigneurs français, qui auparavant profitaient des eaux suisses sans souci, devront désormais jongler avec des réservations et des tarifs prohibitifs. Une situation qui pourrait bien décourager les plus motivés d’entre eux. Et que dire des familles qui, pour une journée de baignade, devront débourser le double ?
Lecture satirique
Ironiquement, cette situation rappelle les discours politiques qui fleurissent un peu partout dans le monde, où l’on prône l’accueil tout en imposant des barrières. À Porrentruy, on a trouvé la solution : faire payer plus cher ceux qui ne sont pas du coin, tout en se drapant dans le manteau de la « gestion des flux ». Une belle manière de masquer une discrimination sous un vernis de rationalité.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les politiques d’exclusion qui se développent dans d’autres pays, comme aux États-Unis ou en Russie, où les discours nationalistes et anti-immigration se font de plus en plus entendre. À Porrentruy, on ne construit pas de murs, mais on dresse des barrières tarifaires. Une dérive qui pourrait bien faire des émules.
À quoi s’attendre
Les mois à venir nous diront si ces nouvelles règles auront un impact significatif sur la fréquentation de la piscine. Les Français, face à des tarifs élevés et des conditions restrictives, choisiront-ils de se tourner vers d’autres lieux de baignade ? Ou bien, au contraire, la nostalgie de ces eaux suisses les poussera-t-elle à faire le sacrifice financier ?
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr