Polynésie : Quand les dissidents prennent le large… vers le modéré

Quinze élus polynésiens, lassés de l’extrémisme du Tavini, créent un nouveau parti modéré, laissant le gouvernement sans majorité. Une belle promesse de changement, n’est-ce pas ?

Dans un élan de courage politique, un groupe de quinze élus de la Polynésie française a décidé de faire ses valises et de quitter le navire indépendantiste Tavini. Lors d’un point de presse à Papeete, ils ont annoncé la création d’un nouveau parti, A Fano Ti’a, qui signifie « Gardons le cap » en tahitien. Un nom qui fait rêver, mais qui cache une réalité bien plus complexe.

Ce qui se passe réellement

Jeudi dernier, quatorze élus dissidents ont déjà claqué la porte du Tavini, un parti qui, jusqu’alors, jouissait d’une majorité confortable au sein de l’Assemblée locale de 57 représentants. Avec leur départ, le gouvernement n’a plus la majorité absolue. Ces élus, proches du président Moetai Brotherson, reprochent à leur ancien parti sa « radicalité, sa rigidité, son extrémisme », selon les mots de Tematai Le Gayic, le jeune président du nouveau groupe.

Rapprochement avec l’Azerbaïdjan

La ligne dure du Tavini est incarnée par son président fondateur, Oscar Temaru, 81 ans, et son vice-président Antony Géron. Tandis que Temaru prône une souveraineté rapide, Brotherson appelle à la patience. Les dissidents leur reprochent également un rapprochement avec l’Azerbaïdjan, un pays qui n’est pas exactement connu pour sa douceur envers les collectivités françaises d’outre-mer. Un choix qui laisse perplexe, pour ne pas dire inquiet.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont légion. D’un côté, Temaru milite pour l’exploitation des ressources minières sous-marines, tandis que Brotherson s’oppose à cette idée pour des raisons écologiques. De l’autre, Temaru suggère que l’indépendance pourrait passer par des voies autres qu’un référendum, une proposition qui fait frémir ceux qui croient encore à la démocratie.

Ce que cela implique concrètement

Cette scission pourrait bien bouleverser le paysage politique polynésien. Les dissidents, en se positionnant comme modérés, risquent de séduire une partie de l’électorat fatigué par les extrêmes. Mais à quel prix ?

Lecture satirique

Ironiquement, ces élus qui se présentent comme les sauveurs de la modération semblent avoir oublié qu’ils ont été élus sous la bannière du Tavini. Leur promesse de changement est-elle réellement sincère ou n’est-ce qu’une manœuvre pour conserver leurs sièges ?

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où des leaders se parent de la vertu tout en flirter avec des idéologies douteuses. À quand un rapprochement avec des régimes plus… inspirants ?

À quoi s’attendre

Les prochaines élections pourraient bien être un test décisif pour ces nouveaux modérés. Resteront-ils fidèles à leur promesse ou retourneront-ils à leurs anciennes amours ?

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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