Politique de poker menteur

Les déclarations à géométrie variable du président américain visent à rassurer les marchés et ses électeurs. Entre poker menteur et cours du baril, le bluff a ses limites.

INTRODUCTION : Chaque jour, nous assistons à un spectacle fascinant où les promesses de Donald Trump se heurtent à la réalité. Le président jongle avec des déclarations sur l’Iran, promettant des destructions massives tout en tentant de rassurer une population inquiète pour son pouvoir d’achat. Une belle performance de poker menteur, où le bluff semble parfois plus convaincant que les faits.

Ce qui se passe réellement

C’est un peu ce qui nous est amené à constater quasi au quotidien avec les déclarations médiatiques de Trump sur tous les sujets, mais en particulier sur l’Iran : « nous allons les détruire ; nous avons infligé des dégâts au-delà de nos espérances ; il ne reste plus rien à bombarder ; nous allons sécuriser le passage de nos bateaux dans le détroit d’Ormuz… » Ces affirmations, à la fois grandioses et alarmantes, ne sont rien d’autre qu’un habillage pour masquer l’incertitude qui règne sur les marchés.

Pourquoi cela dérange

Ces déclarations à géométrie variable sont destinées à renforcer la crédibilité de son investissement dans cette guerre, en contradiction avec ses engagements électoraux. Un Américain sur deux ne souhaite pas cette guerre, et pourtant, Trump continue de jouer à la roulette russe avec les espoirs de son électorat. La Bourse et ses traders hyperactifs, il veille sur eux comme la prunelle de ses yeux de grenouille. Et pour cause, il tente de défendre bec et ongles le pouvoir d’achat de sa population, surtout au niveau des carburants. Manque de pot, ceux-ci augmentent, foutant en l’air ces belles promesses d’« America First ».

Ce que cela implique concrètement

Au cours de cette crise, le baril a dépassé les 115 dollars, et le lendemain de son intervention, il est redescendu en dessous de 100. L’effet yo-yo a encore une fois fonctionné, mais pas pour longtemps. Les conséquences sont claires : les promesses de stabilité économique s’effritent comme un château de cartes, et les citoyens commencent à se poser des questions sur la viabilité de ces discours.

Lecture satirique

Trump, le prestidigitateur des temps modernes, sort des atouts de sa manche plus vite qu’un magicien. Il suffit d’une gestuelle manga ou bande dessinée, de lever le pouce, faire un clin d’œil, pour convaincre ses aficionados. La petite Amérique, chère à Howard Zinn, qui subit l’histoire parce qu’elle n’a pas les moyens de la faire et de l’écrire, il s’en fout comme l’an 40. Sa politique, il l’a apprise sur les plateaux de la télé-réalité, où il congédiait impitoyablement un·e candidat·e avec sa phrase célèbre : « Vous êtes viré·e ». Tout un programme à la hauteur de l’homme qui passe par-dessus les droits internationaux pour constituer sa propre gouvernance de paix à Mar-a-Lago.

Effet miroir international

Les dérives autoritaires à l’étranger, comme celles de Poutine ou d’autres dirigeants ultraconservateurs, trouvent un écho dans la stratégie de Trump. Ce dernier semble s’inspirer de ces modèles pour asseoir son pouvoir, tout en jouant sur les peurs et les frustrations de son électorat.

À quoi s’attendre

Dans ce jeu de poker menteur, les conséquences pourraient être désastreuses. Si Trump continue de jongler avec les faits, il risque de perdre non seulement la confiance de son électorat, mais aussi celle des marchés. Les tendances visibles laissent présager un avenir incertain, où la réalité pourrait rattraper le bluff.

Sources

Source : www.tdg.ch

Visuel — Source : www.tdg.ch
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