Polemique autour d’un t-shirt néonazi dans un gym de Montréal
Mise à jour le 2026-01-31 18:00:00 : Un client a alerté les réseaux sociaux après avoir vu un homme portant un t-shirt avec des symboles nazis dans un gym de Montréal.
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Se sentant « impuissant » face à un homme qui portait un t-shirt affichant des symboles nazis dans un gym de Montréal, un client a récemment alerté les réseaux sociaux à ce sujet. S’il ne s’agit pas nécessairement d’un acte criminel, ceux qui sont témoins de telles scènes doivent les rapporter, avisent les policiers.
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Il y a une dizaine de jours, un client du Gym du Plateau s’y est présenté avec un t-shirt sur lequel figurait un « Totenkopf », de même que l’inscription « never lose your smile ».
Cette tête de mort appuyée sur des tibias « était incrustée sur les casquettes de la Schutzstaffel, les unités SS chargées de la gestion des camps de concentration du régime nazi », indique le site internet du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV). « Ce symbole est exclusivement néonazi », ajoute-t-on.
Brandon, qui a demandé à taire son nom de famille par crainte de représailles, s’entraînait quand il a reconnu le symbole sur le t-shirt d’un homme. Il affirme avoir abordé un employé du centre en lui expliquant la situation, mais celui-ci aurait refusé d’intervenir. Il a décidé d’agir lui-même.
« Le gars avait un look de motard. Je me suis dit qu’il portait peut-être la tête de mort en pensant que c’était juste cool, donc je lui ai demandé s’il savait ce que ça signifiait », relate l’homme. Le client portant le t-shirt aurait répondu par l’affirmative.
Je lui ai demandé s’il était un nazi, il m’a dit : “Oui, qu’est-ce que tu vas faire ?” Il s’est levé et a bombé le torse.
Brandon
Une fois chez lui, Brandon a envoyé un courriel à la direction du Gym du Plateau pour lui faire part de la situation, mais son message est resté sans réponse. Se sentant « impuissant » face à la situation, il s’est tourné vers le réseau social Reddit pour relater l’évènement.
Lisez la publication sur Reddit (en anglais)
Le propriétaire du Gym du Plateau, Georges Valade, a affirmé à La Presse que le client au t-shirt choquant avait rapidement été contacté. Il lui aurait assuré ignorer qu’il s’agissait d’un symbole nazi. Après avoir annoncé que ce client avait été suspendu pendant un mois, le propriétaire s’est ravisé le lendemain : la suspension de l’homme est permanente.
Dénoncer les actes haineux
Brandon explique qu’il n’a pas pensé à contacter la police, parce qu’il croit que « ce n’est pas illégal » de porter de tels symboles. « C’est une entreprise privée, s’ils veulent accepter les nazis, ils peuvent », avance-t-il.
Or, les policiers veulent être prévenus. Le Service de police de la Ville de Montréal assure que si un citoyen appelle pour cette raison, un rapport d’incident sera rédigé et transmis au Module des incidents et des crimes haineux (MICH).
Bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement d’un crime, ce n’est pas un évènement anodin et il y a tout lieu de le dénoncer, ajoute le lieutenant Grégory Gomez del Prado, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ).
« Quelqu’un qui porte un chandail, un t-shirt ou qui a des tatouages avec de tels symboles, il y a un contexte, bien évidemment. Est-ce qu’il est conscient [du message véhiculé par le symbole] ? C’est rare de voir quelqu’un qui irait jusqu’à porter ça et qui ne sympathise pas minimalement avec l’idéologie qui y est associée », dit le lieutenant Gomez del Prado.
S’ils sont appelés pour cette raison, les patrouilleurs de la SQ feront eux aussi un rapport d’évènement. Il reviendra aux enquêteurs de déterminer s’il s’agit d’un incident ou d’un crime haineux.
« On pourrait arriver sur une scène où des gens se chicanent, s’insultent, mais une insulte n’est pas un crime », illustre M. Gomez del Prado.
Si on remarque qu’il y a des insultes racistes, xénophobes ou homophobes, par exemple, le policier doit le prendre en compte comme un acte haineux.
Grégory Gomez del Prado, lieutenant de la SQ
Cela permet à la SQ d’avoir « une image assez représentative » de tous ces actes au cours d’une année, ou d’une période de l’année.
« Attiser la haine »
Peut-on légalement se promener avec un tel t-shirt ? Il n’y a pas de réponse simple à cette question, dit Pierre Rainville, professeur de droit à l’Université Laval, qui cite l’article 319(2) du Code criminel.
« Le fait de porter un signe afin d’attiser la haine, même s’il n’y a aucune parole de prononcée, ça peut suffire à emporter une condamnation. Mais il y a tout un fardeau de la preuve à satisfaire », explique-t-il.
Tout dépend du contexte et de « ce que savait et voulait celui qui porte l’insigne en question ». « Le premier des éléments que devrait prouver la Couronne, c’est que celui qui a porté ça en connaissait la signification », dit M. Rainville, qui est cotitulaire de la Chaire de recherche France-Québec sur les enjeux contemporains de la liberté d’expression.
Or, il y a « une zone de flou pour bien du monde », ajoute le professeur.
C’est ce qu’argue aussi le propriétaire du Gym du Plateau. « Est-ce que ça vous dit quelque chose “never lose your smile ?” », demande Georges Valade. « Parmi tout le monde à qui je demande, personne ne le sait. Personne dans mon staff ne le sait », dit-il.
Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) voit d’un bon œil le fait « que sur les réseaux sociaux, de nombreux Québécois ont fait part de leur choc de savoir qu’un client d’un gym à Montréal s’est senti capable d’afficher ces symboles néonazis ».
« Cet affichage de slogan à connotation néonazie est totalement contraire aux valeurs du Québec. Cela n’a rien à faire dans notre société », a déclaré par écrit Eta Yudin, vice-présidente principale pour le Québec du CIJA.
Brandon, lui, soutient qu’il en parle pour la même raison que ce qui l’a poussé à confronter le client du gym.
Plus on permet à ces choses d’arriver, plus ça se produit. La moindre des choses que je puisse faire, c’est de me tenir debout.
Brandon
Le Gym du Plateau a quant à lui publié un message sur les réseaux sociaux précisant que « ce n’est ni l’image, ni le message, ni les valeurs » de l’entreprise.
« C’est d’un ridicule consommé que de nous accuser d’être des nazis », lance Georges Valade, qui ajoute que « le mal est fait ».
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Un homme a porté un t-shirt néonazi dans un gym à Montréal.
- Qui est concerné : Les clients du Gym du Plateau et la communauté montréalaise.
- Quand : Événement survenu il y a une dizaine de jours.
- Où : Montréal, Canada.
Sources

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Date : 2026-01-31 18:00:00 — Site : www.lapresse.ca
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-01-31 18:00:00 — Slug : polemique-autour-dun-t-shirt-nazi-dans-un-gym
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