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Hunarii Vahirua, 36 ans, a toujours connu la plage de Temae. S’il faisait des châteaux de sable étant gamin, il soulève désormais de la fonte une fois par semaine, sur le sable chaud qui l’a vu grandir. « C’est vraiment un espace agréable. Ici je peux faire mon sport avec mon professeur Yan. C’est vraiment top de faire du sport ici, tu as un beau cadre devant la plage. Si ça devient privé, c’est dommage pour nous. Où est-ce qu’on pourra aller ? » s’inquiète cet habitant de Maatea.
Même son de cloche pour Philippe, touriste toulousain, qui entame son septième séjour sur l’île sœur. « Cette plage est unique, il y a peu de monde quand on y va tôt comme nous le faisons. On peut nager, on n’a pas besoin de masques, on voit des poissons tout autour de nous et c’est magnifique« , dit-il. Et d’ajouter : « Aujourd’hui il faut consulter les gens qui habitent localement pour savoir s’ils y sont favorables« .
Une bataille vieille de dix ans
Le gouvernement du pays prépare justement une consultation publique avec la population de Moorea-Maiao pour décider de l’avenir de la zone littorale de Temae. La population pourra enfin donner son avis sur le projet hôtelier en amont de la plage publique. Un projet du groupe Wane qui, depuis 2021, est propriétaire du domaine.
L’annonce de cette consultation est une bonne nouvelle pour l’association des habitants de Temae et la fédération Tahei Auti ia Moorea, qui se battent depuis dix ans pour préserver les lieux et garantir l’accès. « En 2027, ça fera dix ans qu’on est sur le sujet. On attendait l’arrivée au pouvoir du Tavini pour le régler. Ça fait trois ans qu’on attend…mais vaut mieux tard que jamais » lance Alain Bonno, président de l’association des habitants de Temae et membre fondateur de la fédération Tahei auti ia Mo’orea.
Il craint que – même si le littoral reste en théorie public – la plage devienne inaccessible, comme c’est le cas à beaucoup d’endroits sur l’île. « Par exemple la plage publique au niveau de l’hôtel personne n’y va pour la simple et bonne raison qu’on est chassé. Donc croire qu’il va y avoir un hôtel et qu’on pourra continuer à se baigner là-bas, ce n’est pas possible, c’est un mensonge« , explique-t-il.
« Pour protéger l’accès à la plage publique, il faut absolument que le terrain qui est immédiatement en arrière soit public. C’est la seule façon de sécuriser et garantir l’accès à la plage, notamment sur les 550 mètres linéaires depuis la limite de l’hôtel. »
Alain Bonno, président de l’association des habitants de Temae et membre fondateur de la fédération Tahei auti ia Mo’orea.
Mais le consensus est difficile à trouver. « La proposition jusqu’ici c’est de réduire, c’est-à-dire passer de 550 mètres linéaires de plage où tout le monde vient, à près de 200 mètres de place« , précise Alain Bonno.
Déplacer le projet hôtelier pour garantir l’accès à la plage
En l’espace d’une dizaine d’années, la fédération Tahei auti ia Mo’orea a déjà rencontré à sept reprises le propriétaire du projet hôtelier et les élus communaux pour aborder cette question. « Notre positionnement n’a pas changé d’un iota. L’idée c’est de garder cette emprise réservée « ER22 » pour la mise en place d’un jardin public pour que la population puisse profiter ad vitam æternam de cet endroit magnifique« , souligne Rahiti Buchin, président de la fédération Tahei auti ia Mo’orea.
« Je le rappelle encore, la fédération ne s’oppose pas au projet hôtelier, bien au contraire. Nous avons même proposé des aménagements de sentiers dans la zone humide de Vare’a pour un projet de tourisme vert. Ce qu’on demandait dans le cadre de ce projet hôtelier c’est qu’il soit repoussé pour que cet endroit l’ER 22 reste un endroit public » insiste-t-il.
« On est peut-être un peu utopiste mais on rêve un jour de voir un vrai projet hôtelier qui soit vraiment en corrélation avec le bien-être de la population. »
Rahiti Buchin, président de la fédération Tahei auti ia Mo’orea
Pour l’heure la consultation publique n’a pas encore été mise en ligne. Un groupe de travail réunissant les différentes parties devrait voir le jour prochainement.
Plage de Temae : Entre Consultation et Privatisation, le Grand Écart
Les habitants de Moorea-Maiao s’inquiètent : la plage de Temae, joyau local, pourrait devenir un terrain de jeu pour investisseurs. Qui a dit que le public avait son mot à dire ?
Hunarii Vahirua, 36 ans, a toujours connu la plage de Temae. S’il faisait des châteaux de sable étant gamin, il soulève désormais de la fonte une fois par semaine, sur le sable chaud qui l’a vu grandir. « C’est vraiment un espace agréable. Ici je peux faire mon sport avec mon professeur Yan. C’est vraiment top de faire du sport ici, tu as un beau cadre devant la plage. Si ça devient privé, c’est dommage pour nous. Où est-ce qu’on pourra aller ? » s’inquiète cet habitant de Maatea.
Ce qui se passe réellement
Le gouvernement du pays prépare une consultation publique avec la population de Moorea-Maiao pour décider de l’avenir de la zone littorale de Temae. La population pourra enfin donner son avis sur le projet hôtelier en amont de la plage publique. Un projet du groupe Wane qui, depuis 2021, est propriétaire du domaine.
L’annonce de cette consultation est une bonne nouvelle pour l’association des habitants de Temae et la fédération Tahei Auti ia Moorea, qui se battent depuis dix ans pour préserver les lieux et garantir l’accès. « En 2027, ça fera dix ans qu’on est sur le sujet. On attendait l’arrivée au pouvoir du Tavini pour le régler. Ça fait trois ans qu’on attend… mais vaut mieux tard que jamais », lance Alain Bonno, président de l’association des habitants de Temae.
Il craint que – même si le littoral reste en théorie public – la plage devienne inaccessible, comme c’est le cas à beaucoup d’endroits sur l’île. « Par exemple, la plage publique au niveau de l’hôtel personne n’y va pour la simple et bonne raison qu’on est chassé. Donc croire qu’il va y avoir un hôtel et qu’on pourra continuer à se baigner là-bas, ce n’est pas possible, c’est un mensonge », explique-t-il.
« Pour protéger l’accès à la plage publique, il faut absolument que le terrain qui est immédiatement en arrière soit public. C’est la seule façon de sécuriser et garantir l’accès à la plage, notamment sur les 550 mètres linéaires depuis la limite de l’hôtel. »
Alain Bonno, président de l’association des habitants de Temae.
Pourquoi cela dérange
Le consensus est difficile à trouver. « La proposition jusqu’ici c’est de réduire, c’est-à-dire passer de 550 mètres linéaires de plage où tout le monde vient, à près de 200 mètres de place », précise Alain Bonno. Qui a dit que l’accès à la plage devait être un droit inaliénable ? Peut-être que 200 mètres suffisent pour faire un bon selfie sur Instagram.
Ce que cela implique concrètement
Si le projet hôtelier se concrétise, les conséquences seront directes : moins d’espace pour les habitants, plus de restrictions, et une plage qui pourrait devenir un terrain de luxe pour les touristes fortunés. Qui a besoin de plage quand on peut avoir des hôtels ?
Lecture satirique
Le discours politique semble déconnecté de la réalité. On nous promet une consultation, mais on sait tous que les décisions sont souvent prises dans les bureaux climatisés, loin des préoccupations des habitants. « Aujourd’hui il faut consulter les gens qui habitent localement pour savoir s’ils y sont favorables », dit Philippe, un touriste toulousain. Mais qui a vraiment le pouvoir de décider ?
Effet miroir international
En regardant cette situation, on ne peut s’empêcher de penser aux dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, par exemple, où les plages publiques sont souvent menacées par des projets immobiliers. La privatisation de l’espace public est un phénomène global, et Moorea ne fait pas exception.
À quoi s’attendre
Pour l’heure, la consultation publique n’a pas encore été mise en ligne. Un groupe de travail réunissant les différentes parties devrait voir le jour prochainement. Mais qui peut croire que cela changera vraiment quelque chose ?
Sources
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