Péage au Détroit d’Ormuz : Quand l’Iran veut faire payer la liberté de naviguer

Chapeau : Au cœur des négociations entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz pourrait devenir un péage. Une idée qui, sous couvert de souveraineté, menace la liberté maritime.

Ce qui se passe réellement

Au cœur des discussions de paix qui se déroulent en ce moment entre l’Iran et les États-Unis, se trouve le détroit d’Ormuz. L’Iran veut établir un péage sur cet espace navigable aujourd’hui libre en principe, mais bloqué depuis le début de la guerre. Ce détroit, qui représente un point névralgique pour le transport du pétrole, pourrait bientôt devenir un gouffre financier pour les compagnies maritimes.

Certes, au XVIe siècle, le détroit d’Ormuz a déjà été l’objet d’un contrôle : un navigateur portugais, Afonso de Albuquerque, a mené une expédition pour renforcer la route des Indes et établir un monopole pour son pays. Avec sa flotte, il prend la forteresse d’Ormuz, et organise le contrôle du passage, à savoir des 55 km de large du détroit. Son but : empêcher quiconque n’est pas portugais de passer. Ainsi, les Portugais ont-ils pour longtemps le monopole de l’accès à l’Orient, ses épices, son or, ses richesses…

Évidemment, cela ne plaît pas aux autres pays européens. Mais avec le soutien du pape et de leurs concurrents espagnols, les Lusitaniens définissent des mers et des routes exclusivement à leur profit. Britanniques, Hollandais, Français essaient de passer outre et vont même jusqu’à attaquer les vaisseaux portugais pour leur voler leurs trésors. L’un d’eux, le Santa Catarina, est pris en 1603 par des Hollandais qui ramènent le trésor dans leur pays.

Cette star de son époque, enfant prodige des lettres et du droit, s’appelle Hugo de Groot, aussi appelé en latin Grotius. Grotius argumente sur le droit de prise en haute mer. Mais surtout, il écrit un chapitre qui est publié à part, de façon anonyme, en 1609, et dont le titre dit tout : Mare liberum. La mer est libre, la haute mer ne doit pas subir d’entrave et l’on doit pouvoir passer comme on veut les détroits et autres caps. C’est le début d’un mouvement qui va libérer durablement le détroit d’Ormuz.

Pourquoi cela dérange

L’idée d’un péage au détroit d’Ormuz ne fait pas que rappeler des souvenirs historiques ; elle soulève aussi des questions sur la souveraineté et le droit international. En effet, un péage serait une violation historique du droit maritime, qui prône la liberté des mers. Mais l’Iran, en quête de moyens financiers pour soutenir son régime, semble prêt à ignorer ces principes. Cela rappelle les vieux démons du colonialisme, où les puissances imposaient leur loi sur les voies maritimes.

Ce que cela implique concrètement

Si ce péage voit le jour, cela pourrait entraîner une hausse des coûts pour le transport maritime, impactant directement le prix du pétrole à l’échelle mondiale. Les consommateurs de pétrole pourraient bientôt devoir payer un petit supplément pour le passage des tankers dans cette zone du monde. En somme, l’idée d’une gouvernance internationale aura encore fait un bond en arrière.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que l’Iran brandit la souveraineté comme un étendard, il semble oublier que la liberté de navigation est un droit fondamental. Les discours politiques sur la souveraineté ne sont souvent que des façades pour masquer des intentions moins nobles. Les promesses de paix et de coopération se heurtent à la réalité d’un régime qui cherche à monétiser chaque mètre carré de mer.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs dans le monde. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les gouvernements semblent de plus en plus enclins à sacrifier des principes fondamentaux au profit de leurs intérêts économiques. La tendance est claire : le droit s’efface souvent devant la force.

À quoi s’attendre

Si les tensions persistent, il est probable que d’autres pays tentent de contester ce péage, entraînant une escalade des conflits dans la région. Les consommateurs de pétrole du monde entier pourraient bientôt se retrouver pris en otage par des décisions politiques absurdes.

Sources

Source : www.radiofrance.fr

Visuel — Source : www.radiofrance.fr

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