« Pas de cessez-le-feu » au nord : Eyal Zamir revendique « l’état de guerre » tandis que les bombardements au Liban se poursuivent
Fait assumé, front élargi, menace brandie à « tout moment » : la priorité opérationnelle s’écrit à coups de bombes et d’éléments de langage.
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Le message est net et froid : pour le lieutenant général Eyal Zamir, « l’armée israélienne est en état de guerre » et « nous ne sommes pas en cessez-le-feu sur le front nord ». Déclaration délivrée alors que les bombardements sur le Liban se poursuivent, voire s’intensifient, et après sa visite, jeudi, près de Bint Jbeil, dans le sud du pays. Place ensuite au mode « priorité opérationnelle principale » et au levier dissuasif : Israël pourrait, dit-il, reprendre des opérations en Iran « à tout moment et avec une grande intensité ». Ironie glacée : au nom d’« éliminer la menace directe pesant sur nos communautés », l’armée « approfondit ses acquis » et « élargit ses opérations », tout en assurant que le Hezbollah est « profondément touché ». Quelque part entre bulletin militaire et brochure marketing.
Ce qui se passe réellement
Selon Eyal Zamir : l’armée israélienne se déclare en « état de guerre » et affirme qu’il n’y a pas de cessez-le-feu sur le front nord. Pendant que les bombardements au Liban se poursuivent (voire s’intensifient), il s’est rendu jeudi près de Bint Jbeil, au Sud-Liban. Il précise que ce front est la « priorité opérationnelle principale » et qu’Israël pourrait reprendre des opérations en Iran « à tout moment et avec une grande intensité ». Pour justifier l’action, il reprend la ligne officielle : « éliminer la menace directe pesant sur nos communautés » — comprendre le Hezbollah. L’armée, dit-il, « continue d’approfondir ses acquis et d’élargir ses opérations » et affirme que le Hezbollah est « profondément touché ».
Pourquoi cela dérange
Parce qu’on nous vend la « protection des communautés » pendant que l’on « élargit les opérations ». Parce que proclamer « pas de cessez-le-feu » sur un front tout en évoquant, dans la même respiration, la possibilité de rouvrir un autre théâtre en Iran « à tout moment », c’est transformer l’exception sécuritaire en programme d’expansion. Et parce que « approfondir ses acquis » n’est pas une catégorie morale, c’est un slogan d’entreprise plaqué sur une réalité de frappes bien concrètes.
Ce que cela implique concrètement
Le cadre affiché par Zamir privilégie la poursuite des opérations au Nord-Liban comme « priorité opérationnelle principale ». La porte est laissée ouverte, explicitement, à une reprise d’opérations en Iran « à tout moment ». Autrement dit : un cap public assumé vers la continuité et l’extension des actions militaires, au nom de la neutralisation du Hezbollah présenté comme « menace directe ».
Lecture satirique
Mode d’emploi de la guerre « responsable » :
– 1) dire « état de guerre » pour rassurer,
– 2) dire « pas de cessez-le-feu » pour stabiliser,
– 3) promettre de « reprendre » ailleurs « à tout moment » pour apaiser.
Le tout saupoudré d’« acquis » à approfondir, comme s’il s’agissait d’un trimestre commercial. L’oxymore officiel tient tout seul : on élargit pour protéger, on s’intensifie pour sécuriser, on visite le Sud-Liban pour prouver qu’on n’y fait rien d’autre que… l’essentiel.
Effet miroir international
Le manuel est tristement universel : présenter l’« élargissement » comme un bouclier, la « priorité opérationnelle » comme une évidence, et répéter que l’adversaire est « profondément touché ». De Washington à Moscou, la novlangue sécuritaire coche les mêmes cases : faire plus, l’appeler « protection », et jurer que c’est la dernière fois — jusqu’à la prochaine.
À quoi s’attendre
Au vu des éléments énoncés par Zamir :
– la poursuite des opérations sur le front nord qualifié de « priorité » ;
– une communication qui insiste sur des « acquis » à « approfondir » et des opérations à « élargir » ;
– le maintien d’une option affichée de reprise d’actions en Iran « à tout moment ». En clair, la ligne revendiquée est la continuité sous tension.



