Les bougies parfumées, l’encens, les sprays et les diffuseurs peuvent ajouter des substances à l’air du logement. Les émissions varient selon le produit et son utilisation ; la présence d’un parfum ne signifie pas, à elle seule, qu’un effet sur la santé va survenir. Mais une exposition répétée, dans une pièce peu ventilée, peut gêner certaines personnes, notamment celles qui ont une maladie respiratoire. Voici ce que l’on sait et les gestes utiles pour limiter l’exposition.

Des produits différents, des émissions différentes

Un spray ou un diffuseur libère des substances volatiles. Les bougies, l’encens et les autres produits brûlés émettent aussi des polluants liés à la combustion, notamment des particules. La composition et les quantités émises dépendent du produit, de son mode d’emploi et des conditions de ventilation. Il n’existe donc pas un niveau d’exposition unique pour tous les parfums d’intérieur.
L’Anses indique que des sprays et diffuseurs à base d’huiles essentielles peuvent émettre des composés organiques volatils (COV). Certains peuvent irriter les yeux, le nez ou la gorge ; des symptômes respiratoires ont également été rapportés. Des réactions chimiques dans l’air peuvent par ailleurs former d’autres polluants. « Naturel » ne signifie donc pas automatiquement « sans risque » lorsqu’une substance est inhalée. (vigilanses.anses.fr)
Ce que les données permettent de dire sur la santé
Une exposition peut provoquer une gêne immédiate chez certaines personnes : irritation, toux ou difficultés respiratoires. Les personnes asthmatiques ou atteintes d’une maladie respiratoire chronique peuvent être plus sensibles aux substances irritantes. Cela ne signifie pas que tous les produits déclenchent une crise, ni que le parfum est à lui seul la cause de l’asthme.
Pour les sprays et diffuseurs d’huiles essentielles, l’Anses a examiné des signalements enregistrés par les centres antipoison entre janvier 2011 et mars 2019, ainsi que la littérature scientifique disponible. Des symptômes, le plus souvent irritatifs, ont été signalés. Ces données de toxicovigilance aident à repérer des effets possibles, mais elles ne permettent pas de calculer le risque pour chaque utilisateur ni de conclure que tous les produits ont les mêmes effets. L’agence souligne aussi que les données scientifiques sur les effets de l’inhalation restent limitées. (vigilanses.anses.fr)
La prudence est également de mise avec les risques à long terme. Les particules issues de la combustion sont un motif de limiter l’encens et les bougies, mais les éléments disponibles ici ne permettent pas de quantifier le risque cardiovasculaire lié à l’usage domestique d’un parfum d’intérieur particulier. Présence d’un polluant, exposition et maladie ne sont pas des notions équivalentes : le risque dépend notamment de la substance, de la concentration et de la durée d’exposition.
Réduire l’exposition au quotidien
- Limitez les produits parfumés, en particulier leur usage continu et leur accumulation dans une même pièce.
- Réduisez les produits à brûler, notamment dans les petits espaces peu ventilés.
- Aérez en ouvrant les fenêtres au moins 10 minutes par jour et davantage après certaines activités ou l’utilisation d’un produit émetteur, lorsque les conditions extérieures le permettent. Le ministère de la Santé recommande aussi de maintenir la ventilation en bon état et de ne pas obstruer ses entrées d’air. (sante.gouv.fr)
- Recherchez la cause d’une odeur persistante — par exemple humidité ou moisissure — plutôt que de la masquer avec un désodorisant.
Si un produit est suivi d’une irritation, d’une toux ou d’une gêne respiratoire, cessez de l’utiliser et aérez la pièce. Si les symptômes persistent, se répètent ou s’aggravent, demandez conseil à un professionnel de santé. Une difficulté importante ou brutale à respirer nécessite une aide médicale rapide.
Les limites à garder en tête
Les émissions varient d’un produit à l’autre, et les résultats obtenus sur les sprays ou diffuseurs d’huiles essentielles ne s’appliquent pas automatiquement à toutes les bougies, encens ou fragrances. Les conseils de réduction de l’exposition sont des mesures de prévention générale, pas un diagnostic ni une prescription personnalisée.
Source institutionnelle complémentaire : Anses, avis et rapport sur les sprays et diffuseurs à base d’huiles essentielles ; ministère de la Santé, recommandations sur la qualité de l’air intérieur. (vigilanses.anses.fr)
Source : Santé Magazine
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