Nos bons plans pour découvrir la petite ville portuaire de Paimpol dans le département des Côtes-d’Armor, autrefois point de départ pour la pêche en Islande. Louise Lampire, animatrice à ICI Breizh Izel, nous raconte, le temps d’un week-end, l’histoire de ces pêcheurs courageux que rien n’arrêtait.

La ville de Paimpol dans le département des Côtes-d’Armor est marquée par son histoire maritime qui a conduit ses pêcheurs en mer d’Islande pendant des générations. À tel point que la ville reste connue comme la cité des Islandais ! Je m’appelle Louise Lampire, je suis animatrice à ICI Breizh Izel et je vais vous dévoiler mes bons plans pour un week-end à la découverte de l’héritage maritime de cette ville et de son port :

  • Le point de départ : la rue des Huit Patriotes, dans le cœur historique de Paimpol
  • Mon coup de cœur : l’ancien thonier La Nébuleuse sur le port
  • L’activité à tester : les verreries de Bréhat et ses productions destinées aux pêcheurs

Le point de départ que je vous propose : la rue des Huit Patriotes, dans le cœur historique de «  la cité des Islandais ».

Dans cette rue piétonne emblématique, vous trouverez les plus anciennes maisons et commerces de la ville.

  • Dans cette ruelle pavée et fleurie bordée de maisons à colombages qui arborent leurs enseignes, vous verrez la plus vieille maison de la ville, âgée de 500 ans : la quincaillerie coutellerie Jézéquel, au n°6. À l’étage, à chaque angle, deux petites statuettes semblent observer la rue. La devanture regorge d’objets que je vous laisse découvrir. Depuis 1886, les marins qui partaient six mois en mer d’Islande venaient s’y approvisionner. Et les générations qui leur ont succédé continuent de le faire.
  • En poursuivant votre balade, vous arrivez à un endroit apprécié par l’écrivain Pierre Loti qui y séjournait souvent, la place du Martay. C’est là que le marché se tient chaque mardi. Ne manquez pas de vous arrêter chez Simon le mareyeur, pour ses fruits de mer qui viennent de Ploubazlanec, à moins de cinq kilomètres au nord de Paimpol.
  • Paimpol est très facile d’accès en TER au départ de Guingamp. Comptez 45 minutes de trajet. Si vous préférez la voiture, je vous conseille de vous garer en dehors du centre-ville et de privilégier la marche. Les parkings de la gare, du Champ de foire ou encore de la place de Bretagne sont gratuits.
  • Un conseil si vous hésitez sur la période de l’année la plus favorable : venez en été. Sachez aussi que, tous les deux ans, au mois d’août, Paimpol vibre au rythme du Festival du Chant de Marin, avec des bateaux qui viennent du monde entier et des animations dans toute la ville. Plus d’hésitation possible !

Mon coup de cœur : l’ancien thonier à voiles La Nébuleuse sur le port, à dix minutes à pied du centre historique de Paimpol. Ce vieux gréement est parfait pour vous faire découvrir l’histoire de la pêche et des marins pêcheurs.

Ce bateau de 32 mètres de long et 6 mètres de large utilisé pour la pêche au thon, a été mis à l’eau pour la première fois en 1948. Celui qui a emmené les marins dans l’Atlantique Nord pendant de nombreuses années se contente aujourd’hui de naviguer au large des côtés de Paimpol.

  • Vous serez peut-être étonné par la couleur de sa coque : ici, on dit qu’elle est « glaz », un terme breton pour évoquer la couleur de la mer, entre bleu et vert.
  • Une excursion dans l’archipel de Bréhat à bord de La Nébuleuse est une idée que je vous conseille, que ce soit pour une demi-journée ou une journée complète. Réservation sur le site de l’association « Voiles et traditions ».
  • Je vous emmène à bord vers les bannettes, c’est-à-dire les couchettes des marins. Puis vers le carré, un grand espace où vingt personnes pouvaient prendre leurs repas ou simplement discuter. À proximité, vous apercevrez les pavillons, des drapeaux qui permettaient de communiquer en mer avec les autres bateaux.
  • Pour vous aider à mieux comprendre encore l’univers de la pêche d’hier à aujourd’hui, je vous recommande le musée Milmarin, à Ploubazlanec, à cinq minutes en voiture au nord de Paimpol. Il est ouvert toute l’année. L’entrée est à 6 euros. Et 4 euros pour le tarif réduit. Ludiques et pédagogiques, ses animations conviennent tout à fait aux jeunes visiteurs.

L’activité à tester : si vous pouvez vous accorder encore un peu de temps avant la fin de votre week-end, j’ai une dernière idée pour vous donner un autre aperçu de l’héritage maritime de Paimpol , le site historique des verreries de Bréhat. Le trajet jusqu’à l’île dure quinze petites minutes auxquelles vous ajoutez dix minutes de marche. Et pour repartir vers le continent, en fonction de la marée, le départ se fait à l’une des trois cales existantes.

C’est là que les souffleurs de verre fabriquaient autrefois les accessoires destinés à la pêche dans la région.

  • Pour profiter vraiment de l’île, de ses agapanthes fleuries et des sentiers le long de la mer, je vous conseille la basse saison, juin ou septembre. Pour la traversée, comptez environ 12 euros l’aller-retour pour un adulte. La traversée est gratuite pour les enfants de moins de 3 ans. Réservation nettement conseillée sur le site des Vedettes de Bréhat.
  • Aujourd’hui, les souffleurs de verre fabriquent des souvenirs et des éléments de décoration.
  • La visite des ateliers est gratuite et ouverte toute l’année.
  • Selon la période de l’année, vous pouvez souffler votre propre boule ‘déco’ pour 25 euros. Des stages d’initiation sont aussi organisés à la journée. Comptez 350 euros. La boutique propose de nombreux petits objets.

Avant de quitter la ville ou avant votre visite

Je vous conseille la lecture de ce roman de Pierre Loti, Pêcheurs d’Islande, qui vous plongera dans l’ambiance unique de cette communauté de marins « islandais ». Un livre écrit ici même, en 1886 dans la tourelle carrée de la place du Martray.

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Cet épisode du podcast ICI Partir a été imaginé par les équipes de ICI Breizh Izel

  • Reportage, écriture et narration : Louise Lampire
  • Prise de son et mixage : Aëla Azou
  • Production : Camille Bichler – Studio de création ICI
  • Rédaction du texte web : Paule Paganon
  • Composition de la musique originale : Alexandre Finkine
  • Remerciements : Cédric Lagrifoul, capitaine de La Nébuleuse, pour sa connaissance méticuleuse de l’histoire de Paimpol, Nicolas Bocher et toute l’équipe des Verreries de Bréhat pour leur temps et leurs explications, Jean-Marc Jézéquel, de la quincaillerie Jézéquel, le plus ancien commerce de Paimpol

Paimpol : Entre Histoire et Ironie, la Cité des Islandais

Dans une France où les promesses de revitalisation des ports se heurtent à la réalité, Paimpol, autrefois bastion de la pêche en Islande, semble avoir pris le large. Mais que reste-t-il de cette gloire maritime ?

INTRODUCTION

Paimpol, cette petite ville des Côtes-d’Armor, autrefois point de départ pour des marins intrépides, est aujourd’hui le théâtre d’un paradoxe. Alors que ses pêcheurs affrontaient les tempêtes de l’Atlantique Nord, la ville semble désormais à la dérive, perdue entre nostalgie et modernité. Louise Lampire, animatrice à ICI Breizh Izel, nous invite à redécouvrir cette cité des Islandais, mais peut-on vraiment faire le tour de son héritage sans se heurter à la réalité des temps modernes ?

Ce qui se passe réellement

La ville de Paimpol, marquée par son histoire maritime, a vu ses pêcheurs partir en mer d’Islande pendant des générations. Louise nous propose de découvrir ses bons plans pour un week-end à la rencontre de cet héritage. Le point de départ ? La rue des Huit Patriotes, cœur historique de la ville, où l’on trouve les plus anciennes maisons et commerces.

Les incontournables :

  • La rue des Huit Patriotes : Une promenade dans cette rue piétonne emblématique nous fait découvrir la plus vieille maison de la ville, la quincaillerie Jézéquel, qui, depuis 1886, fournit les marins en matériel.
  • L’ancien thonier La Nébuleuse : Ce vieux gréement, qui a navigué dans l’Atlantique, est un symbole de l’histoire maritime de Paimpol.
  • Les verreries de Bréhat : Un site historique où l’on fabriquait autrefois des accessoires de pêche.

Pourquoi cela dérange

Alors que Paimpol se vante de son passé glorieux, la réalité est moins reluisante. La ville, qui a vu ses pêcheurs braver les mers, semble aujourd’hui se battre contre l’oubli. Les touristes affluent, mais que découvrent-ils vraiment ? Une ville figée dans le temps, où le souvenir des marins intrépides se heurte à une économie locale en déclin.

Ce que cela implique concrètement

La nostalgie d’un passé glorieux ne suffit pas à revitaliser une économie locale. Les promesses de développement touristique se heurtent à une réalité où les commerces peinent à survivre. Les pêcheurs, autrefois héros des mers, sont désormais des figures de musée, tandis que les jeunes générations cherchent des opportunités ailleurs.

Lecture satirique

Il est ironique de voir une ville qui a tant donné à la mer, se retrouver à la traîne dans la course à la modernité. Les discours politiques vantant le développement durable et la préservation du patrimoine semblent déconnectés de la réalité. Paimpol, avec son Festival du Chant de Marin, est-elle une vitrine pour masquer un déclin inéluctable ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, Paimpol n’est pas seule. Des villes comme celles de la Rust Belt aux États-Unis, qui ont vu leurs industries décliner, partagent ce même combat. La nostalgie d’un passé glorieux ne suffit pas à masquer les promesses non tenues des dirigeants.

À quoi s’attendre

Si Paimpol ne parvient pas à renouveler son image, elle risque de devenir une simple carte postale, un souvenir d’un temps révolu. Les initiatives locales doivent être soutenues par des politiques concrètes, sinon la ville pourrait bien se retrouver à la dérive.

Sources

Source : www.francebleu.fr

Sur les traces des Islandais de Paimpol : nos conseils pour un week-end à la rencontre de pêcheurs intrépides
Visuel — Source : www.francebleu.fr
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