C’est la première fois que vous venez en Nouvelle-Calédonie, que connaissez-vous de ce pays ?

Bah malheureusement j’ai assez honte, mais je ne connais pas grand-chose de la Nouvelle-Calédonie et c’est pour ça que je suis très content de découvrir.

Table Of Content

Vous arrivez de Tahiti, pourquoi ces showcases dans le Pacifique, loin de vos circuits habituels ?

On m’a proposé de venir en Polynésie, et je trouvais ça trop bien de jouer mes chansons loin de chez moi dans un autre contexte. J’étais déjà venu à Tahiti il y a trois ans, et ça s’était hyper bien passé, on avait reçu un super bon accueil.

Ça fait longtemps qu’on avait envie de venir en Nouvelle-Calédonie, mais à chaque fois, on avait du mal à trouver le créneau à cause de la distance, parce que ça prend un peu de temps de venir. Mais au final, on a réussi, donc on est trop contents.

Ce format de showcase, vous pouvez l’expliquer ? Vous avez dû adapter vos prestations ?

Oui, en fait on appelle ça un “showcase”, parce qu’il n’y a pas la même scénographie qu’en France, parce qu’on ne peut pas ramener tout le décor, et puis parce qu’il n’y a pas les musiciens, mais ça reste quand même un vrai concert. Je joue un peu plus d’une heure, des anciens et des nouveaux morceaux, j’ai justement une set list un peu adaptée au fait d’être en Nouvelle-Calédonie. Donc même si on appelle ça showcase, c’est un vrai concert.

Vous écrivez des textes très ancrés dans la société française, pensez-vous qu’ils parlent aussi au public du Pacifique ?

Je pense que même s’il y a des différences, on peut se retrouver. Moi, j’ai grandi en écoutant du rap américain et du rap anglais qui parlaient d’une vie différente de la mienne, mais j’arrivais quand même à trouver des choses qui me parlaient et à m’identifier, donc je me dis qu’après ça reste des histoires sur lesquelles on peut se projeter.

Certaines chansons, comme « Jour Meilleur » ou « La Quête », tu peux venir de n’importe où dans le monde, ce sont toujours des sentiments humains (j’espère).

Ma vie de tous les jours, c’est de faire de la musique et ça n’a pas toujours été le cas, donc tout a changé.

Quand on joue devant un public que l’on n’a pas l’habitude de rencontrer, on sent plus stressé ou au contraire plus libre ?

C’est un mélange des deux. Il y a toujours un petit stress, mais aussi un petit côté excitant de la différence, un petit côté de liberté, donc on va dire que c’est entre les deux.

Qu’est ce qui vous inspire le plus quand vous écrivez ?

Il y a beaucoup de choses qui m’inspirent, des expériences, des histoires. Tout m’inspire, c’est difficile à savoir en fonction des morceaux, mais globalement, j’aime bien essayer de raconter des choses qui parlent aux gens.

Comment vous écrivez, vous partez d’une idée ou d’un son ?

J’écris un peu dans les deux sens, des fois ça part d’un son, des fois ça part d’une idée. Je prends beaucoup de notes.

Mon frère avait fait un documentaire où il expliquait comment j’écris, et c’est vraiment de la prise de notes un peu tout le temps.

Avec le succès, qu’est ce qui a le plus changé dans votre vie personnelle et artistique ?

Beaucoup de choses ont changé, parce que j’ai la chance de vivre de ma passion. Ma vie de tous les jours, c’est de faire de la musique et ça n’a pas toujours été le cas, donc tout a changé.

Il faut dire aussi que je n’ai pas du tout le même âge que quand je n’étais pas connu. Ça fait maintenant vingt ans que je vis de ma musique, donc oui, il y a beaucoup de choses qui ont changé dans ma vie en général.

Le fait de voyager et de voir d’autres choses, ça permet d’ouvrir l’esprit. Ça peut se répercuter dans des idées, dans des phrases, des morceaux, des influences musicales, dans la façon de voir le monde.

Orelsan, c’est un rappeur ou un auteur qui raconte des histoires en musique ?

Pour moi, je serai toujours un rappeur, parce qu’à la base, je fais du rap. Après, c’est sûr qu’il y a des chansons qui ne sont pas du rap, puisque ce sont des mélodies chantonnées, donc c’est toujours à mi-chemin. Mais maintenant, je me vois plus comme un auteur de toute façon. Quand je fais un morceau de rap, je l’écris de la même façon que quand je fais un morceau plus chanté, donc je ne me pose pas trop de questions. Je reste un rappeur qui écrit aussi d’autres choses.

Cette escapade dans le Pacifique peut-elle avoir une influence sur vos futurs textes ?

Oui carrément, c’est possible. C’est sûr que le fait de voyager et de voir d’autres choses ça permet d’ouvrir l’esprit. Ça peut se répercuter dans des idées, dans des phrases, dans des morceaux, dans des influences musicales, dans la façon de voir le monde. Donc, c’est sûr que ça a de l’influence.

L’Orelsan d’aujourd’hui est-il celui qu’il voulait devenir hier ?

C’est difficile à dire, mais je pense qu’il y a pas mal de cases qui ont été cochées. En tout cas, moi je me sens heureux et j’ai l’impression d’avoir suivi une évolution qui me ressemble, donc oui.

Déjà, rien que le fait de vivre de la musique et d’avoir une passion, d’avoir de la reconnaissance, c’est “ouf”, donc je pense que c’est un peu tout ce à quoi j’aspirais : c’était vraiment de pouvoir vivre de ma passion, faire de la musique, faire des films, écrire, et en ça je pense que oui.

Orelsan en Nouvelle-Calédonie : Un Showcase, mais Pas de Décor

Orelsan débarque en Nouvelle-Calédonie avec un bagage culturel léger, mais une promesse de concert authentique. Entre ironie et réalité, la distance n’a jamais été aussi proche.

Alors qu’Orelsan se prépare à jouer pour la première fois en Nouvelle-Calédonie, il admet avec une honnêteté désarmante qu’il ne connaît pas grand-chose de ce territoire. « Bah malheureusement j’ai assez honte », avoue-t-il, tout en se réjouissant de cette découverte. Un bel exemple de l’artiste qui, malgré sa notoriété, reste un peu perdu dans le vaste océan du monde.

Ce qui se passe réellement

Arrivé de Tahiti, Orelsan explique que ces showcases dans le Pacifique, loin de ses circuits habituels, sont une belle occasion de jouer dans un contexte différent. « Ça fait longtemps qu’on avait envie de venir en Nouvelle-Calédonie », dit-il, soulignant les difficultés logistiques qui l’ont empêché de s’y rendre plus tôt. Mais le voilà, prêt à offrir un concert sans la scénographie habituelle, car, comme il le dit, « on ne peut pas ramener tout le décor ». Un « vrai concert », malgré tout, mais sans les musiciens. Qui a dit que la musique ne pouvait pas voyager léger ?

Pourquoi cela dérange

Ce qui est frappant, c’est cette dichotomie entre l’artiste qui aspire à toucher un public éloigné et la réalité d’un showcase qui, par définition, manque de l’authenticité d’un concert traditionnel. Orelsan écrit des textes ancrés dans la société française, mais se demande si ces récits résonnent avec un public du Pacifique. « Je pense que même s’il y a des différences, on peut se retrouver », dit-il, comme si l’universalité de ses émotions pouvait compenser l’absence de contexte local.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette approche sont doubles. D’un côté, cela ouvre une porte à des échanges culturels enrichissants. De l’autre, cela soulève des questions sur la pertinence de jouer pour un public qui pourrait ne pas se reconnaître dans ses paroles. Orelsan lui-même admet que le stress de jouer devant un nouveau public est mêlé à une certaine liberté. Mais cette liberté ne risque-t-elle pas de se transformer en un simple exercice de style, déconnecté des réalités locales ?

Lecture satirique

La promesse d’un concert « authentique » sans les moyens habituels est un peu comme un plat sans ingrédients : ça manque de saveur. Orelsan, en tant qu’artiste, semble naviguer entre l’envie de se connecter et la difficulté de le faire de manière significative. « C’est un mélange des deux », dit-il à propos de son stress et de son excitation. Mais à quel point cette dualité est-elle réellement bénéfique pour le public qui l’écoute ?

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on peut établir un parallèle avec des artistes internationaux qui, eux aussi, tentent de se frayer un chemin dans des cultures qui ne sont pas les leurs. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, l’art peut parfois devenir un outil de propagande, éloigné des réalités qu’il prétend représenter. Orelsan, bien que loin de ces dérives, semble naviguer sur une ligne fine entre l’authenticité et le spectacle.

À quoi s’attendre

En somme, cette escapade dans le Pacifique pourrait bien influencer ses futurs textes, mais cela dépendra de sa capacité à s’immerger dans les réalités locales. « Le fait de voyager et de voir d’autres choses, ça permet d’ouvrir l’esprit », dit-il. Mais cette ouverture d’esprit se traduira-t-elle par une véritable connexion avec son public ? Seul l’avenir le dira.

Sources

Source : www.lnc.nc

Orelsan :'Ça fait longtemps qu’on avait envie de venir en Nouvelle-Calédonie, on est trop contents'
Visuel — Source : www.lnc.nc
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire