Orelsan est incontestablement la star attendue de la première édition du festival polynésien Tiki Fest (qui en est à sa cinquième à Tahiti) en Nouvelle-Calédonie, ce samedi 4 avril à l’Arène du Sud, organisé par SA Productions. Si Orelsan connaît la Polynésie, le pays est une découverte pour lui. Cela faisait d’ailleurs déjà un moment que l’artiste souhaitait venir. « On sait qu’il y a du public ici, mais c’est loin et on n’arrivait pas à caler la bonne date. Là, c’était la bonne occasion. On a fini la première partie de la tournée en Métropole, et on nous a proposé de faire Tahiti et Nouméa, c’était parfait. » S’il n’est arrivé que dans la nuit de vendredi à samedi, les premières impressions sont bonnes. « Je ne connais pas l’archipel, je m’en excuse, mais c’est super d’arriver dans un endroit et de le découvrir comme ça, je commence à prendre des informations, je parle aux gens que je croise, au chauffeur, aux personnes que j’ai rencontrées à la plage, etc. Le cadre est juste incroyable.«
Table Of Content
- Dans un showcase, « on est plus proches des gens »
- « C’est ça qui est cool avec le Tiki Fest, c’est que tu as les deux options, je suis un peu le film avant la boîte de nuit. »
- Plusieurs ambiances
- Quel type de musique vas-tu jouer, des morceaux à toi, aux autres ?
- Qu’est-ce que tu attends du public Calédonien ?
- As-tu le temps de faire un peu de tourisme ?
- Je pense que beaucoup de DJs le ressentent, les meilleurs shows sont souvent les plus simples.
- Quelle est ta vision d’un bon festival ?
- Sur ta chaîne YouTube, tu dis que le public se permet parfois un peu trop de toucher les DJ…
- Est-ce que tu vas déployer ton superpouvoir de MC et transmettre ton énergie au public calédonien ?
- Un mot pour le public calédonien ?
- Ce qui se passe réellement
- Dans un showcase, « on est plus proches des gens »
- « C’est ça qui est cool avec le Tiki Fest, c’est que tu as les deux options, je suis un peu le film avant la boîte de nuit. »
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Dans un showcase, « on est plus proches des gens »
Mais c’est à l’Arène du Sud qu’Orelsan est son équipe vont passer la plus grande partie de la journée, afin de préparer le showcase de ce soir, qui est un « vrai concert« , insiste le chanteur, même s’il se fera sans la scénographie et seul sur scène avec Skread. « Je fais le show avec lui, qui envoie les sons, un peu comme on faisait au début, plus rap, plus hip-hop. C’est cool parce que c’est autre chose, c’est plus freestyle, plus intimiste, on est plus proche des gens, on joue des morceaux qu’on ne joue pas forcément sur l’autre tournée. Ce sera moi et le public.«
« C’est ça qui est cool avec le Tiki Fest, c’est que tu as les deux options, je suis un peu le film avant la boîte de nuit. »
Pendant plus d’une heure, le rappeur va chanter des morceaux de son nouvel album, La Fuite en avant, mais aussi différents titres représentatifs de l’ensemble de sa carrière, soit une vingtaine en tout. « On va faire un peu le même set qu’à Tahiti avec quelques modifs. » Et puis Orelsan ajustera en fonction de la réaction du public pendant le concert. « On peut adapter, si je sens que les gens n’ont pas envie de tel morceau à ce moment-là, je change. Pour le live, je catégorise ceux à texte, ceux qui vont plus faire chanter le public, et après ceux plus d’ambiance, comme « Basique », plus pour faire la fête. » Un savant mélange pour que le public « ne s’ennuie pas« .
Plusieurs ambiances
C’est la deuxième fois qu’Orelsan participe au Tiki Fest à Tahiti, le festival « du bout du monde« , comme le qualifie SA Productions. Depuis sa création, il a accueilli de nombreux artistes : Bob Sinclar, Martin Solveig, Diplo, Jidax, Biga-Ranx, Booba, SCH, Bon Entendeur, Synapson, etc. Une variété qui plaît à Orelsan qui, en 2023, avait par exemple joué avec Bob Sinclar. Cette année, il précédait The Avener sur scène. « Moi, je suis la partie où tu fais la fête et en même temps il y a du texte, tu écoutes. Et derrière, il y a un DJ, et là tu rentres vraiment dans la partie fête pure. C’est ça qui est cool avec le Tiki Fest, c’est que tu as les deux options, je suis un peu le film avant la boîte de nuit« , sourit Aurélien Cotentin de son vrai nom.
Avant lui, c’est Shelley qui montera sur scène. L’auteur-compositeur pop américain, qui fusionne R&B et hip-hop californien, s’est déjà produit au fenua en 2025. Enfin, le warm up sera assuré par les DJs de Nouvelle-Calédonie Elle & Mr Tea, co-fondateurs du collectif et label événementiel Nice To Meet You, avec leurs sets éclectiques mêlant musiques électroniques, bass music, hip-hop, downtempo et culture club.

Walshy Fire est un DJ et MC américain issu d’une famille jamaïcaine. L’artiste est ravi de profiter de la plage de Nouvelle-Calédonie. Photo A.D.
Quel type de musique vas-tu jouer, des morceaux à toi, aux autres ?
Je vais passer de ma musique et de la musique d’autres artistes. Je veux que les gens dansent et passent un bon moment.
Qu’est-ce que tu attends du public Calédonien ?
Je pense que le public calédonien ici sera comme partout ailleurs. Ils vont s’amuser et on va s’amuser.
As-tu le temps de faire un peu de tourisme ?
J’aimerais bien, c’est sûr, mais je repars dimanche. C’est pour ça que je suis venu aussi tôt, pour essayer de passer une journée, peut-être faire une rando, goûter la cuisine locale et découvrir la ville. Je suis allé à la plage ce matin.
Je pense que beaucoup de DJs le ressentent, les meilleurs shows sont souvent les plus simples.
Quelle est ta vision d’un bon festival ?
Un bon festival, c’est déjà un lieu génial. Et je pense que beaucoup de DJs le ressentent, les meilleurs shows sont souvent les plus simples. Pas forcément de lumières, d’énormes installations, pas tout ce superflu. Juste toi et le public – bon, avec de bonnes enceintes quand même. Mais plus c’est simple, meilleur c’est. Beaucoup de festivals ne comprennent pas vraiment les gens, ni la musique, ni la façon dont ils interagissent. Du coup, ils créent des barrières. Tu as des festivals où il y a le DJ, puis une zone VIP devant le DJ, et ensuite le public derrière. Et ça, c’est nul. Moi, je préfère être un DJ au milieu des gens. Parce que c’est intime. Et c’est cette proximité que les gens adorent. Tu veux que les gens puissent te toucher, t’attraper, tirer sur ton t-shirt – pas sur les platines, bien sûr – mais tu veux ressentir directement leur énergie. Après, certains festivals sont juste trop grands. Il y a trop de monde, donc c’est impossible. Là, par exemple, je pars d’ici pour aller à Coachella (Walshy Fire est sur la scène du festival Coachella le vendredi 10 avril, NDLR). La scène est immense. Il faut que tout le monde voie. Je comprends totalement. Mais dès qu’un festival trouve l’équilibre entre proximité avec le public et visibilité pour tous, ce sont les meilleurs festivals.
Sur ta chaîne YouTube, tu dis que le public se permet parfois un peu trop de toucher les DJ…
Oui, parfois ça craint, parce que les gens sont saouls. Et les gens saouls, je ne supporte pas ça, parce qu’ils n’ont plus de limites, plus de respect pour les autres. Ils deviennent envahissants. Donc ça peut être pénible. Malgré ça, je préfère ça plutôt que d’être trop loin du public. Je peux toujours dire à quelqu’un : “Sortez-moi ce type de là.” Il y a du bon et du mauvais, donc je prends les deux.
Est-ce que tu vas déployer ton superpouvoir de MC et transmettre ton énergie au public calédonien ?
Je fais toujours ça. Tous les soirs. Oui, j’aime ça.
Un mot pour le public calédonien ?
Venez nombreux, ça va être fun. Je viens tout droit de la Jamaïque, en Nouvelle-Calédonie pour la première fois, big respect à tout le monde. J’ai hâte.
Orelsan à Tiki Fest : Quand le rappeur découvre le bout du monde… et ses contradictions
Orelsan, la star du Tiki Fest, débarque en Nouvelle-Calédonie, mais derrière l’excitation, se cache une réalité bien plus complexe.
Ce samedi 4 avril, l’Arène du Sud en Nouvelle-Calédonie vibrera au rythme d’Orelsan, la tête d’affiche tant attendue du Tiki Fest. Une première pour l’artiste, qui avoue avoir longtemps voulu découvrir cet archipel. « On sait qu’il y a du public ici, mais c’est loin », confie-t-il, comme si la distance géographique était la seule barrière à franchir. Mais qu’en est-il des barrières culturelles et politiques qui entourent cet événement ?
Ce qui se passe réellement
Orelsan, bien que novice en Polynésie, semble ravi de l’accueil. « Le cadre est juste incroyable », déclare-t-il, tout en se préparant pour un « vrai concert » sans la scénographie habituelle. Accompagné de son fidèle Skread, il promet un moment plus intime, « plus proche des gens ». Mais cette proximité ne cache-t-elle pas une certaine déconnexion avec les réalités locales ?
Dans un showcase, « on est plus proches des gens »
Le rappeur prévoit de chanter des morceaux de son nouvel album, *La Fuite en avant*, tout en adaptant sa setlist en fonction de l’humeur du public. « On peut adapter, si je sens que les gens n’ont pas envie de tel morceau à ce moment-là, je change », dit-il, comme si la flexibilité pouvait compenser l’absence d’une réelle connexion avec les enjeux locaux.
« C’est ça qui est cool avec le Tiki Fest, c’est que tu as les deux options, je suis un peu le film avant la boîte de nuit. »
Orelsan, en véritable maître de cérémonie, se positionne comme le pont entre la fête et la réflexion. Mais cette dichotomie ne fait-elle pas écho à une société qui oscille entre célébration et indifférence face aux problèmes sociopolitiques ?
Pourquoi cela dérange
La présence d’Orelsan au Tiki Fest soulève des questions sur la manière dont les artistes s’approprient des espaces culturels sans vraiment les comprendre. Le festival, qui a vu défiler des artistes comme Bob Sinclar et Diplo, est-il devenu un simple produit de consommation pour les touristes et les locaux ?
Ce que cela implique concrètement
En jouant dans un cadre idyllique, Orelsan risque de renforcer l’idée que la culture locale peut être facilement « emballée » pour plaire à un public international. Cela soulève la question : jusqu’où peut-on aller dans l’appropriation culturelle sans en comprendre les implications ?
Lecture satirique
Orelsan se veut le « film avant la boîte de nuit », mais n’est-ce pas là une métaphore parfaite pour décrire les promesses politiques qui ne se concrétisent jamais ? Les discours sur l’inclusion et la diversité sont souvent déconnectés de la réalité, tout comme les concerts qui se déroulent dans des bulles de plaisir sans prendre en compte les luttes qui se déroulent à quelques kilomètres de là.
Effet miroir international
En parallèle, on pourrait se demander si cette situation ne fait pas écho aux dérives autoritaires que l’on voit ailleurs, comme aux États-Unis ou en Russie, où la culture est souvent utilisée comme un outil de distraction pour masquer des réalités plus sombres. Le Tiki Fest pourrait-il devenir un symbole de cette tendance ?
À quoi s’attendre
Alors que le festival promet une ambiance festive, il est crucial de garder à l’esprit les enjeux sous-jacents. La question demeure : Orelsan saura-t-il transformer cette expérience en une véritable réflexion sur la culture et l’identité, ou ne sera-t-il qu’un autre acteur dans le grand spectacle du divertissement ?
Sources


