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Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) et spécialiste de l’Europe de l’Est, était l’invité de franceinfo ce lundi 13 avril.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Après quatre mandats à la tête du pays, avec une relation de plus en plus proche avec Moscou et de plus en plus tendue avec l’Union européenne, il a été détrôné par le conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a largement remporté les élections législatives ce dimanche 12 avril. Ces résultats vont-ils rebattre les cartes à l’extrême droite européenne ? Vous vous y êtes rendu à plusieurs reprises. Viktor Orbán a reconnu dimanche sa défaite. C’est une page majeure qui se tourne dans le pays, en Hongrie.
Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) et spécialiste de l’Europe de l’Est : Oui, 16 ans de gouvernement, c’est long. Quatre mandats. Il était encore candidat. Il a été distancé tout au long de la campagne. On se posait la question de savoir si les éventuels arrangements qu’il avait faits par rapport à des modalités de vote très particulières lui permettraient de sauver la mise ou de limiter la casse. Il n’en est rien puisqu’il a non seulement perdu les élections, mais il a également perdu ce qu’on appelle la supermajorité. C’est-à-dire que sur 199 députés à l’Assemblée nationale hongroise, si vous en avez 133, soit les deux tiers, vous pouvez changer la Constitution. Et donc, c’est un boulevard qui s’ouvre aujourd’hui pour Peter Magyar, de manière à changer les règles du jeu. Gagner les élections, c’est une chose. Changer les règles du jeu localement, ce sera l’autre défi à présent qui se présente devant le nouveau Premier ministre.
Est-ce que Viktor Orbán n’a pas payé l’usure du pouvoir et de la corruption dont on l’accuse ? Parce qu’on le rappelle, la Hongrie est le pays le plus corrompu d’Europe selon l’ONG Transparency International.
L’usure du pouvoir, certainement, c’est non seulement 16 ans effectivement, mais ce sont probablement parmi ses plus mauvais résultats sur le plan économique. La Hongrie en 2025, c’est 0,3-0,4 % de croissance et plus de 5 % d’inflation. Donc quand vous avez des résultats économiques extrêmement mitigés, vous essayez de changer la nature des discussions qui ont lieu. Pendant la campagne, Viktor Orbán a choisi ses adversaires et a insisté lourdement sur l’idée que l’Ukraine risquait d’entraîner la Hongrie dans la guerre. C’est à peu près le type de narratif qu’il avait pu employer, mais ça n’a pas aussi bien marché, probablement parce que son adversaire, Peter Magyar, s’est différencié de lui, peut-être pas essentiellement en termes programmatiques, contrairement à ce qu’on peut penser, c’est-à-dire que Peter Magyar a été membre du parti Fidesz de Viktor Orbán, jusque très récemment, 2023-2024, c’était bien après le début de la guerre en Ukraine. En revanche, ce ne sont pas sur ces questions-là qu’il s’est le plus différencié, mais sur des questions de gouvernance, sur l’idée selon laquelle la corruption autour de Viktor Orbán a atteint des niveaux qui ont été rejetés par la population.
Alors, quelles conséquences sur les populismes en Europe ? Parce qu’il peut y avoir des répercussions jusqu’ici en France ?
Disons qu’il a été pris comme un modèle par une partie du spectre électoral, l’extrême droite européenne. Il n’a pas toujours été catalogué à l’extrême droite. Il a longtemps été au sein d’alliés des CDU, CSU, donc plutôt de la droite allemande, notamment au Parlement européen, dans lequel il a souvent siégé dans cet élément du parti. Ça a nécessairement été au moins un choc symbolique, un peu comme l’a été l’échec de Donald Trump à se faire réélire en 2020. Cela ne met pas un terme au mouvement, mais disons que là où il était censé être le plus solidement ancré, le populisme, tel qu’on l’écrit, a été vaincu.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité
Orbán : La Défaite d’un Tyran, ou le Retour du Bon Sens ?
Après 16 ans de règne, Viktor Orbán a été mis à terre par Peter Magyar, un conservateur pro-européen. Une défaite qui pourrait bien faire trembler les fondations de l’extrême droite européenne.
Ce dimanche 12 avril 2026, la Hongrie a décidé de tourner la page. Viktor Orbán, le maître des lieux depuis quatre mandats, a reconnu sa défaite face à Peter Magyar. Un homme qui, ironie du sort, a longtemps été l’un des fidèles lieutenants d’Orbán. Mais comme on dit, on ne peut pas toujours jouer aux échecs avec les mêmes pièces sans risquer de perdre la partie.
Ce qui se passe réellement
Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF, a souligné que cette défaite n’est pas simplement un coup de chance. Orbán, avec sa supermajorité, avait la possibilité de changer la Constitution à sa guise. Mais voilà, il a perdu cette supermajorité, et avec elle, son pouvoir de manipulation. Un boulevard s’ouvre pour Magyar, qui pourrait bien réécrire les règles du jeu. Qui aurait cru qu’un ancien acolyte d’Orbán pourrait être celui qui met fin à son règne ?
Pourquoi cela dérange
La corruption, un mot qui revient souvent dans la bouche des Hongrois. Selon Transparency International, la Hongrie est le pays le plus corrompu d’Europe. Et Orbán, avec ses promesses de prospérité, a finalement livré une économie en berne : 0,3-0,4 % de croissance et plus de 5 % d’inflation. On se demande alors si les promesses de grandeur n’étaient pas qu’un mirage, un peu comme un bon vieux film de propagande.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette défaite pourraient être énormes. Si Magyar réussit à changer les règles du jeu, cela pourrait redonner un souffle d’air frais à une Hongrie étouffée par des années de populisme. Mais attention, le changement ne se fait pas sans risques. Les populistes européens, qui voyaient en Orbán un modèle, pourraient bien se retrouver en perte de vitesse.
Lecture satirique
Ah, Viktor Orbán, le grand stratège qui a tenté de faire croire que l’Ukraine était une menace pour la Hongrie. Un peu comme un enfant qui crie au loup pour détourner l’attention de ses propres échecs. Mais cette fois-ci, le loup n’est pas venu, et les Hongrois ont décidé de ne plus jouer à ce jeu-là.
Effet miroir international
Cette défaite pourrait résonner au-delà des frontières hongroises. Les populistes aux États-Unis, en Russie et ailleurs pourraient voir leurs rêves de grandeur s’effondrer comme un château de cartes. Si Orbán, le champion du populisme, peut tomber, qui peut dire que les autres ne suivront pas ?
À quoi s’attendre
Les tendances actuelles montrent que les électeurs sont de plus en plus fatigués des discours populistes. Si Magyar parvient à instaurer un gouvernement transparent et efficace, cela pourrait ouvrir la voie à un renouveau démocratique en Europe. Mais ne nous emballons pas, le chemin sera semé d’embûches.
Sources

En somme, la défaite d’Orbán est un signal fort. Un rappel que même les tyrans peuvent tomber, et que la démocratie, bien que fragile, peut encore triompher.




