Orbán en Péril : La Hongrie, Nouveau Terrain de Jeu pour les Démocrates Illibéraux

À quelques jours des législatives, Viktor Orbán, le champion de la démocratie illibérale, se retrouve dans la ligne de mire, face à un adversaire inattendu.

À quelques jours des législatives en Hongrie, les yeux sont braqués sur ce pays d’Europe centrale, où le nationaliste Viktor Orbán, qui brigue un cinquième mandat consécutif, est loin d’être le favori. Les sondages des instituts indépendants prédisent une victoire écrasante pour le parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a réussi en moins de deux ans à construire un mouvement d’opposition capable de bousculer l’hégémonie d’un dirigeant à la fois proche des présidents Donald Trump et Vladimir Poutine, et qui a érigé son pays de 9,5 millions d’habitants en modèle de démocratie illibérale.

Ce qui se passe réellement

Les institutions progouvernementales donnent, elles, la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orbán, 62 ans, gagnante. Alors que les analystes s’attendent à une participation record de l’ordre de 75 % à 80 %, la campagne électorale a été marquée dans sa dernière ligne droite par un flot d’accusations de part et d’autre. Les services de renseignement intérieur sont soupçonnés d’avoir tenté de discréditer Tisza, des conversations téléphoniques ont fuité, montrant des relations étroites entre le ministre des Affaires étrangères et Moscou, tandis que Viktor Orbán a affirmé que Peter Magyar allait entraîner la Hongrie dans la guerre en Ukraine.

Des allégations d’ingérence russe et d’achat massif de voix par le Fidesz ont également émergé. Les élections hongroises sont particulièrement observées, car Viktor Orbán a pris une « importance démesurée » à l’échelle mondiale et européenne, souligne Jacques Rupnik, spécialiste de l’Europe centrale et orientale à Sciences Po Paris.

Pourquoi cela dérange

Considéré comme un modèle par de nombreux mouvements d’extrême droite dans le monde, Orbán a su s’attirer les faveurs de Trump et Poutine, tout en se mettant à dos l’Union européenne. Dans cette campagne, il se présente une nouvelle fois comme le « choix sûr » dans un monde en proie aux turbulences. Pourtant, face à la stagnation de l’économie du pays et une corruption devenue bien trop flagrante, l’argument n’a pas pris, constatent les analystes.

Ce que cela implique concrètement

« Une barrière sociale et psychologique semble avoir été brisée. L’aura de Fidesz et la peur qu’il a exploitée se sont affaiblies », souligne la politologue Zsuzsanna Szelenyi. Pendant ce temps, Peter Magyar, l’opposant, a mené une campagne efficace sur les réseaux sociaux, promettant un « changement de système » et de s’attaquer à la corruption.

Lecture satirique

Alors que les Hongrois se préparent à voter, la scène politique ressemble à un mauvais film d’action où le héros, Orbán, tente désespérément de prouver qu’il est le meilleur choix, tout en étant hué par son propre public. Les promesses de paix et de prospérité semblent s’évanouir dans le brouhaha des accusations de fraude électorale et de manipulation des votes. Qui aurait cru qu’un ancien champion de la démocratie illibérale se retrouverait à devoir jouer la carte de la peur pour rester au pouvoir ?

Effet miroir international

Les manœuvres d’Orbán ne sont pas sans rappeler celles d’autres autocrates en quête de légitimité, comme Trump et Poutine, qui utilisent la désinformation et la peur pour maintenir leur emprise sur le pouvoir. La Hongrie devient ainsi un laboratoire pour les dérives autoritaires, où la démocratie est mise à l’épreuve par des dirigeants qui se croient au-dessus des lois.

À quoi s’attendre

Dimanche, les Hongrois auront le choix entre cinq partis, le chiffre le plus bas depuis l’avènement de la démocratie en 1990. Les résultats pourraient bien redéfinir le paysage politique hongrois, mais une chose est sûre : la lutte pour la démocratie en Hongrie est loin d’être terminée.

Sources

Source : www.ledevoir.com

Visuel — Source : www.ledevoir.com
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