Prévue après l’adoption de la motion de rejet préalable de la réforme constitutionnelle, déposée par Emmanuel Tjibaou, le chef du gouvernement avait annoncé une réunion avec les » signataires de l’accord de Bougival « , à la fois en présentiel et en visioconférence avec Nouméa.
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Mais une délégation du FLNKS, conduite par Christian Tein, a annoncé participer à cette réunion, ce qui a déclenché les foudres des Loyalistes et du Rassemblement, qui ont annoncé un boycott moins de deux heures avant l’entretien avec Sébastien Lecornu.
» Le Premier ministre a indiqué […] qu’il réunirait les signataires de l’accord de Bougival. Nous nous étonnons donc de cette invitation et de la présence du FLNKS, qui affirme depuis neuf mois ne pas assumer sa signature » se sont agacés, dans un communiqué, les groupes Les Loyalistes et Le Rassemblement.
Matignon a donc organisé une seconde réunion, dans la foulée, et séparée du FLNKS, pour recevoir dans un second temps les signataires de Bougival et Élysée-Oudinot. Un cloisonnement qui a permis d’entendre Les Loyalistes et La Rassemblement mais aussi les indépendantistes de l’UNI-Palika qui, selon nos informations, refusaient également d’être présents en même temps que le FLNKS.
» L’UNI a décidé comme nous de ne pas participer à la réunion avec le FLNKS, parce que ça devait être une réunion des signataires de Bougival. Et l’UNI s’est tenu à ça aussi également » confirme Nicolas Metzdorf. Seul Le Rassemblement n’a finalement pas participé à cette réunion, tandis que Calédonie ensemble et l’Éveil océanien suivaient, avec Les Loyalistes, en visioconférence depuis Nouméa. De son côté, Calédonie ensemble a fustigé dans un communiqué une « initiative gouvernementale (qui) se transforme en naufrage« , estimant que « la seule perspective réaliste » reste l’organisation des élections provinciales au 28 juin, date limite fixée par le législateur.
Passés les soubresauts logistiques, il s’agissait pour Sébastien Lecornu de tirer les conséquences du rejet par l’Assemblée nationale, la semaine dernière, du projet de réforme visant à inscrire les accords de Bougival et Élysée-Oudinot dans la Constitution. Et le calendrier est ténu, puisque le rejet de la réforme constitutionnelle force le gouvernement à organiser les élections provinciales le 28 juin au plus tard.
Cette première réunion aura permis » à chacun d’exprimer ses positions quant à la suite des séquences à venir » a confié le député et membre du FLNKS, Emmanuel Tjibaou. » J’ai porté mes analyses directement auprès de l’exécutif qui en tient compte et qui doit aussi tenir compte de la position de l’ensemble des parties prenantes […]. Je pense que l’exécutif reste attentif. Il restera à déterminer sur quelles modalités on fait avancer le débat « .
» Les discussions se sont beaucoup axées sur ce qu’il était possible d’obtenir de l’Assemblée nationale aujourd’hui » a déclaré plus tard le député Nicolas Metzdorf (Les Loyalistes) présent à la seconde réunion avec l’UNI-Palika. » Sébastien Lecornu s’est engagé à se rapprocher des groupes de l’Assemblée nationale pour voir ce qu’il était possible de faire en termes d’élargissement du corps électoral pour les élections provinciales et pour la consultation sur l’accord de Bougival « .
Les Loyalistes réclament l’ouverture » la plus large possible » du corps électoral provincial, gelé depuis 2007. Dans l’accord de Bougival, une ouverture de ce corps électoral est prévue pour les personnes résidents depuis plus de 15 ans. » Si on tient sur l’accord de Bougival, on est pour cette ouverture-là « , glisse Nicolas Metzdorf. Du côté du FLNKS, on reste opposé à cette ouverture hors accord politique global, sauf à inscrire les natifs de l’archipel.
Outre des » rencontres intenses avec les différents groupes » parlementaires, Sébastien Lecornu devrait donner suite à cette première réunion, » même pour des réunions courtes, de manière à garder la ligne tendue avec l’ensemble des partenaires. C’est probable qu’on ait une seconde réunion avec le gouvernement en fin de semaine « , a annoncé Nicolas Metzdorf.
Dans la foulée de ces deux réunions, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panot, et le député Bastien Lauchaud, très présent sur la question calédonienne, ont demandé à la présidente de l’Assemblée nationale la réunion, » dans les plus brefs délais « , du groupe de contact parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie.
Pour LFI, » les annonces relatives à une reprise des discussions entre l’exécutif et certains acteurs politiques ne peuvent, à elles seules, définir le cadre des prochaines étapes. Le Parlement […] doit pouvoir exercer pleinement ses missions de contrôle et de délibération, en disposition d’une information complète et officielle sur les intentions du gouvernement « .
Nouvelle-Calédonie : Réunions sous tension, promesses en l’air
Après le rejet de la réforme constitutionnelle, la réunion des signataires de l’accord de Bougival s’annonce comme un véritable cirque politique, où les acteurs se déchirent plus qu’ils ne s’écoutent.
INTRODUCTION
La Nouvelle-Calédonie, ce petit coin du monde où la politique semble se jouer comme une pièce de théâtre absurde, a récemment vu son assemblée rejeter une réforme constitutionnelle. En réponse, le chef du gouvernement, Emmanuel Tjibaou, a convoqué une réunion avec les signataires de l’accord de Bougival. Mais attention, l’invitation a déclenché un véritable tollé, notamment de la part des Loyalistes qui, visiblement, ne sont pas prêts à partager la scène avec le FLNKS.
Ce qui se passe réellement
Prévue après l’adoption de la motion de rejet préalable de la réforme constitutionnelle, la réunion a été marquée par la participation d’une délégation du FLNKS, conduite par Christian Tein. Cela a provoqué les foudres des Loyalistes et du Rassemblement, qui ont annoncé un boycott moins de deux heures avant l’entretien avec Sébastien Lecornu. « Nous nous étonnons donc de cette invitation et de la présence du FLNKS, qui affirme depuis neuf mois ne pas assumer sa signature », se sont agacés les Loyalistes.
Matignon a donc organisé une seconde réunion, séparée du FLNKS, pour entendre les autres signataires. Un cloisonnement qui a permis d’entendre les Loyalistes et l’UNI-Palika, qui refusaient également d’être présents en même temps que le FLNKS. « L’UNI a décidé comme nous de ne pas participer à la réunion avec le FLNKS », a confirmé Nicolas Metzdorf.
Calédonie ensemble a fustigé dans un communiqué une « initiative gouvernementale qui se transforme en naufrage », estimant que « la seule perspective réaliste » reste l’organisation des élections provinciales au 28 juin, date limite fixée par le législateur.
Pourquoi cela dérange
Les tensions entre les différents groupes politiques révèlent une incohérence flagrante. D’un côté, le gouvernement tente de rassembler les signataires de l’accord de Bougival, de l’autre, les Loyalistes et le Rassemblement préfèrent se retirer plutôt que de partager la scène avec ceux qu’ils considèrent comme des traîtres. Ce décalage entre la volonté affichée de dialogue et les actions qui s’y opposent est tout simplement risible.
Ce que cela implique concrètement
Le rejet de la réforme constitutionnelle force le gouvernement à organiser les élections provinciales le 28 juin au plus tard. Cela signifie que, malgré les tensions, une certaine forme de démocratie doit se poursuivre, même si elle est entachée par des querelles internes. Les discussions se concentrent sur l’élargissement du corps électoral, une promesse qui semble se heurter à des réalités politiques bien ancrées.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que le gouvernement s’efforce de maintenir un semblant d’ordre, les acteurs politiques se comportent comme des enfants dans une cour de récréation. Les promesses de dialogue et d’inclusion sont rapidement balayées par des comportements sectaires. « Sébastien Lecornu s’est engagé à se rapprocher des groupes de l’Assemblée nationale », mais qui peut croire que cela aboutira à quelque chose de concret ?
Effet miroir international
En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres gouvernements autoritaires qui, tout en prônant le dialogue, ne font que renforcer leurs propres lignes de fracture. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également leurs propres versions de ce cirque politique, où les promesses de réconciliation sont souvent suivies de décisions unilatérales.
À quoi s’attendre
Avec les élections provinciales qui approchent, il est probable que les tensions s’intensifient. Les acteurs politiques devront choisir entre le dialogue et la confrontation, mais à ce stade, il est difficile de voir comment un consensus pourrait émerger de ce chaos.
Sources



