« On a reconquis 47 % du trafic touristique de 2023« , introduit Julie Laronde, directrice de Nouvelle-Calédonie tourisme (NCT), année de référence avant les émeutes, lors de laquelle 125 895 visiteurs étaient venus par avion découvrir le territoire. Avec 58 421 touristes en 2025, la reprise est jugée « timide, mais réelle et progressive« . Pour preuve, l’évolution mensuelle du nombre de touristes, qui augmente depuis le mois de juin. « On était à – 67 % du flux de janvier 2023 en janvier 2025, et à – 40 % en décembre par rapport au même mois en 2023« , développe Julie Laronde.
Table Of Content
- Un travail de réassurance
- « L’environnement, plus stable, est davantage favorable à une relance »
- Ce qui se passe réellement
- Un travail de réassurance
- « L’environnement, plus stable, est davantage favorable à une relance »
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Un travail de réassurance
Il reste néanmoins du chemin à parcourir avant de retrouver le niveau de fréquentation d’il y a deux ans. « On savait que ça allait être long. » Les émeutes ont profondément et durablement terni l’image et l’attractivité du Caillou, « malgré le travail de rassurance engagé auprès de nos marchés« . Toutefois, la situation évolue positivement. L’abaissement progressif des niveaux d’alerte a amélioré la vision que portent les étrangers sur la Nouvelle-Calédonie. En juin, l’Australie avait rétrogradé de 3 à 2 sur 4, le niveau d’alerte sur l’ensemble du pays. Le Japon et la Nouvelle-Zélande lui emboîtaient le pas en novembre, signant également le retour de la compagnie Air New Zealand sur le sol calédonien après un an et demi d’absence. « Un signal qui a été très important pour les Néo-zélandais« , souligne Julie Laronde, même si leur retour reste encore marginal (4 % contre 10 % des arrivées en 2023).

Illustration NCT
De quoi cependant redonner un peu de souffle aux professionnels du secteur. L’Australie est en effet le deuxième marché émetteur de voyageurs à destination de Tontouta, représentant 20 % des arrivées. Le premier reste la Métropole, avec 42 % (contre 34 % en 2023). La catégorie « Autres » augmente aussi, passant de 26 à 34 %. Parmi eux, les clientèles ayant le plus contribué à la reprise, note l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee), sur la période du 3e trimestre 2025, sont les ressortissants de l’Ouest et du Sud de l’Europe (Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, Italie), suivis par ceux en provenance d’Amérique (États-Unis et Canada), mais aussi de Fidji.

Illustration NCT
« L’environnement, plus stable, est davantage favorable à une relance »
Les perspectives pour cette année ne sont pas chiffrées. L’agence de promotion de la destination a réalisé plusieurs hypothèses, explique la directrice de NCT. Mais, « l’environnement, plus stable, est davantage favorable à une relance« . Autre point notable : « Aircalin monte en capacité, nous allons retrouver le nombre de sièges« . En outre, l’offre d’hébergement se diversifie, avec l’ouverture, en décembre, du Wadra Bay à Lifou, ainsi que celle prévue en avril ou en mai, de la résidence hôtelière haut de gamme Aqualuna en face de l’Aquarium, sur l’anse Vata, à Nouméa. Le déménagement d’Air Calédonie à Tontouta devrait également permettre de « proposer de nouveaux séjours, indique Julie Laronde, comme des Sydney-Lifou. On sent qu’il y a un intérêt, c’est très bien perçu et semble porteur« . Des démarches sont en cours afin de faire aboutir la commercialisation de ces packages, tout comme la relance des vols, d’abord avec des charters, pour le Japon.
À plus long terme, Christopher Gygès, porte-parole du gouvernement et président de Nouvelle-Calédonie tourisme, a présenté, en décembre, un plan ambitieux tablant sur l’accueil de 250 000 visiteurs à l’horizon 2032, soit le double de la meilleure fréquentation jamais atteinte dans le pays.
Concernant la croisière, 73 % des croisiéristes de 2023 ont été reconquis, pose Nouvelle-Calédonie tourisme, soit 250 924 passagers qui ont accosté sur l’archipel, principalement à Nouméa et Lifou, la seule île à accueillir des navires depuis le début de l’année, dans 81 paquebots.
Mais, le secteur est confronté à une réalité structurelle : la filière ne parvient plus à reconquérir les flux d’avant les crises Covid et insurrectionnelle. En 2023, le pays avait enregistré plus de 340 000 croisiéristes, des données loin des fréquentations qui ont pu dépasser la barre des 500 000 passagers dans les années 2016 et 2017. Et le nombre de touchers de paquebots est en chute depuis dix ans.
Nouvelle-Calédonie : Entre promesses de relance et réalité amère
Alors que la Nouvelle-Calédonie se vante d’avoir « reconquis 47 % du trafic touristique de 2023 », la réalité est bien plus nuancée. Avec seulement 58 421 touristes en 2025, la reprise est jugée « timide, mais réelle ».
Ce qui se passe réellement
Julie Laronde, directrice de Nouvelle-Calédonie tourisme (NCT), nous annonce fièrement que l’année 2023, marquée par 125 895 visiteurs, est désormais un lointain souvenir. En janvier 2025, le flux touristique était en chute libre, avec une baisse de 67 % par rapport à janvier 2023. En décembre, la situation ne s’améliorait guère, avec un déficit de 40 % par rapport à décembre 2023. « On savait que ça allait être long », déclare Laronde, comme si le temps pouvait effacer les émeutes qui ont terni l’image du Caillou.
Un travail de réassurance
Les émeutes ont laissé une empreinte indélébile sur l’attractivité de la Nouvelle-Calédonie, malgré les efforts de réassurance. L’abaissement des niveaux d’alerte par des pays comme l’Australie, qui a rétrogradé son alerte de 3 à 2 sur 4, est un petit pas en avant. Mais, même avec ce « signal important », le retour des touristes néo-zélandais reste marginal, représentant seulement 4 % des arrivées contre 10 % en 2023.
Il est ironique de constater que l’Australie, deuxième marché émetteur, représente 20 % des arrivées, tandis que la Métropole, premier marché, a vu sa part passer de 34 % à 42 %. Les « autres » pays, quant à eux, ont vu leur part grimper de 26 % à 34 %. On se demande si ces chiffres sont vraiment une victoire ou simplement une manière de masquer une réalité bien plus sombre.
« L’environnement, plus stable, est davantage favorable à une relance »
L’environnement « plus stable » évoqué par Laronde semble être un vœu pieux. Les perspectives pour cette année ne sont pas chiffrées, mais un plan ambitieux a été présenté pour accueillir 250 000 visiteurs d’ici 2032, soit le double de la meilleure fréquentation jamais atteinte. En attendant, les professionnels du secteur doivent se contenter de miettes.
Pourquoi cela dérange
Cette situation soulève des questions sur la capacité réelle de la Nouvelle-Calédonie à retrouver son attractivité. Les promesses de relance sont souvent déconnectées de la réalité. Les chiffres sont là, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. La chute continue du nombre de croisiéristes, avec seulement 250 924 passagers en 2023, témoigne d’une réalité structurelle que les discours politiques ne parviennent pas à masquer.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette stagnation sont multiples : perte d’emplois, fermeture d’entreprises, et un sentiment d’abandon parmi les acteurs du secteur. Les promesses de relance ne suffisent pas à compenser les réalités du terrain.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment les discours politiques se construisent sur des chiffres flatteurs, tout en ignorant les véritables défis. La Nouvelle-Calédonie, avec ses belles plages et son environnement idyllique, semble être devenue un décor pour des promesses qui ne se concrétisent jamais. Une belle vitrine, mais derrière, un monde en déroute.
Effet miroir international
En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régions du monde où les discours politiques sont tout aussi déconnectés de la réalité. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les promesses de prospérité sont souvent suivies de désillusions. La Nouvelle-Calédonie n’est pas seule dans cette danse macabre.
À quoi s’attendre
Les projections restent floues, mais une chose est certaine : tant que la réalité ne sera pas prise en compte, les promesses de relance ne seront que des mots vides. Les acteurs du secteur doivent se préparer à un long chemin semé d’embûches.
Sources




