Niger : Quand l’autodéfense devient une milice d’État
Le gouvernement nigérien, en pleine mobilisation générale, annonce la création de milices pour lutter contre le djihadisme. Une promesse de sécurité ou un pas vers l’autoritarisme ?
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Dans un élan de créativité bureaucratique, le gouvernement du Niger a décidé de se lancer dans la mode des milices. Oui, vous avez bien entendu ! Trois mois après avoir décrété la mobilisation générale, le conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance pour instituer des « organisations territoriales d’autodéfense », nommées « Domol Leydi » (« gardiens de la terre », en fulfuldé). Qui aurait cru que le Niger se mettrait à la page des tendances autoritaires ?
Ce qui se passe réellement
Ces « auxiliaires » des Forces de défense et de sécurité (FDS) auront pour mission de « sensibilisation, renseignement et autodéfense ». Formées de volontaires rémunérés en « avantages sociaux et pécuniaires », elles seront armées et équipées par l’État. En somme, un petit coup de pouce à l’armée, mais avec un soupçon de dérive autoritaire.
En août 2025, la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani avait déjà amorcé ce virage avec le programme « Garkouwar Kassa » (« bouclier de la patrie »), visant à former des jeunes volontaires pour patrouiller aux côtés des FDS. Une belle manière de dire : « Ne vous inquiétez pas, nous avons des jeunes prêts à défendre la patrie, même si cela implique de les armer sans trop de réflexion ! »
Pourquoi cela dérange
Le problème, c’est que cette initiative soulève des inquiétudes légitimes. L’armée nigérienne, qui a longtemps été réticente à travailler avec des milices, semble maintenant embrasser cette nouvelle tendance. On se demande si le gouvernement n’est pas en train de créer un monstre qu’il ne pourra pas contrôler. Après tout, qui pourrait s’opposer à des « gardiens de la terre » ?
Ce que cela implique concrètement
La création de ces milices pourrait avoir des conséquences désastreuses. En armant des civils, le gouvernement risque de voir surgir des conflits internes, des abus de pouvoir et une escalade de la violence. Mais, bien sûr, tout cela est fait au nom de la sécurité. Qui a besoin de la paix quand on peut avoir des « gardiens » armés ?
Lecture satirique
Ironiquement, cette initiative pourrait être vue comme une promesse de sécurité qui se transforme en un véritable casse-tête. Le gouvernement promet de protéger ses citoyens, mais en réalité, il semble plutôt les exposer à des dangers accrus. C’est un peu comme si l’on disait : « Ne vous inquiétez pas, nous avons des solutions ! » tout en allumant une mèche à côté d’un baril de poudre.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment aux États-Unis ou en Russie, où la militarisation de la société civile est devenue une norme inquiétante. Le Niger, en s’engouffrant dans cette voie, semble dire : « Regardez, nous aussi, nous pouvons jouer à ce jeu ! »
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, il est raisonnable de craindre une montée des tensions internes et une détérioration de la situation sécuritaire. Le gouvernement pourrait bien se retrouver piégé par ses propres créations, avec des milices qui échappent à tout contrôle.




