Nicolas Suanez : le dameur qui séduit TikTok avec ses nuits en montagne

Mise à jour le 2026-03-18 08:59:00 : Nicolas Suanez, dameur à Valloire, partage son quotidien sur TikTok et attire près de 200 000 abonnés.

Pour certains, la vue de leur bureau, c’est un open space aux couleurs grisâtres, des collègues aux mines fatigués, et un chef au regard agacé. Pour Nicolas Suanez, rien de tout ça : des pistes de ski immaculées, un coucher de soleil aux teintes roses et violettes, la silhouette des crêtes des Alpes savoyardes se découpant à l’horizon.

Une vue à couper le souffle que le trentenaire, bien gracieusement, partage à près de 200 000 followers sur TikTok depuis la cabine de sa dameuse. Depuis dix ans, il écume les pistes de ski de la station de Valloire (Savoie) aux commandes de la machine qui permet de lisser les pistes de ski et les rendre praticables pour les usagers.

Une jeunesse dans la neige

Mais avant de connaître la gloire dans les Alpes, c’est en Ariège, aux pieds des Pyrénées, que tout a commencé pour Nicolas. « J’ai toujours vécu à Tarascon, on est partis avec mes parents quand Péchiney a fermé », retrace le jeune homme. Mais avec eux et le comité d’entreprise, on avait eu l’occasion de louer à Valloire pour les semaines de ski.

Cela fait près de dix ans que Nicolas Suanez travaille à Valloire.
Cela fait près de dix ans que Nicolas Suanez travaille à Valloire.
Collection personnelle

Une première incursion dans la station savoyarde, qu’il retrouvera plusieurs décennies plus tard, mais pas avant d’avoir roulé sa bosse à travers la France : « Je voyage, j’ai pas mal bougé », sourit-il. « J’ai déménagé en Charente, quand je ne suis pas dans les Alpes le reste de l’année. » Pour lui, la montagne n’a jamais effectivement été très loin : « J’ai grandi sur des skis, j’ai toujours baigné dans ce milieu et il y a 10 ans, j’ai décidé de faire ma première saison. Initialement, j’étais plus branché sur l’agricole, surtout les grosses machines, on s’y retrouve un peu avec la dameuse, non ? »

Gagner sa place de saisonnier

Les débuts n’ont pourtant pas été de tout repos. Une place de saisonnier, ça ne s’obtient pas en un claquement de doigts : « J’avais demandé à quasiment plus de 150 stations. C’est très compliqué d’avoir une place, on est moins de 500 en France à faire ce boulot. » C’est finalement Isola 2000 (Alpes-Maritimes) qui accueille l’Ariégeois pour ses deux premières saisons, qui lui permettent de se faire la main sur les dameuses : une expérience nécessaire qui lui ouvre des portes par la suite dans d’autres stations. « Ce n’est pas facile d’y entrer mais une fois qu’on y est, après, ça va, les responsables nous font confiance. »

Le dameur a lancé son compte TikTok lors de la pandémie de Covid-19.
Le dameur a lancé son compte TikTok lors de la pandémie de Covid-19.
Collection personnelle

Car manier une bête d’environ 10 tonnes requiert un doigté qui ne s’apprend qu’à son volant. « On apprend sur le terrain, aux côtés des anciens », détaille Nicolas. Il existe aussi un Certificat de qualification professionnelle (CQP), « sinon il n’y a pas d’école spécifique, mis à part les lycées de montagne mais c’est plus axé sur l’entretien et la mécanique des machines et des installations », poursuit-il.

Un métier aux nombreux paramètres

Au-delà de la conduite de la machine, il y a un certain nombre de paramètres qui rendent la tâche plus délicate qu’on ne pourrait penser de prime abord. La machine, équipée de GPS qui permettent de mesurer la hauteur de neige sous les chenilles, permet de répartir uniformément la neige et ajuster les trop-pleins. « Il faut maintenir tout l’hiver, et la neige évolue. Un coup, c’est poudreux, un coup, c’est glacé, un coup c’est de la neige de printemps… Ça peut aller vite, surtout quand la fréquentation varie tout au long de la saison », détaille Nicolas.

Le dameur aime faire découvrir les aspects cachés de son métier au grand public.
Le dameur aime faire découvrir les aspects cachés de son métier au grand public.
Collection personnelle

Pour travailler l’or blanc, pas moins de 14 chauffeurs et 9 machines sont mobilisés tous les jours – et nuits – dans la station savoyarde. « C’est une belle station de montagne, un joli domaine », sourit le dameur. De quoi lui faire oublier ses Pyrénées natales ? « C’est autre chose, même si j’adore les Pyrénées, les Alpes, c’est quelque chose. Mais je reviendrai peut-être aux sources », glisse-t-il diplomatiquement.

Des lives bruts et authentiques sur TikTok qui font découvrir le damage à 182 000 abonnés

On pourrait penser que la nuit, dans sa dameuse, Nicolas est seul face à lui-même et aux éléments, entourés seulement des cimes des Alpes. Pourtant, il y a bien des dizaines de milliers de personnes qui assistent aux opérations de damage à ses côtés. Depuis plusieurs années, une fois monté dans son engin, le trentenaire ouvre l’application TikTok et lance des lives, de plus en plus suivis : pour preuve, il affiche près de 182 000 abonnés sur son compte, sous le nom de @nicosuan.

Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir influenceur. « Ça s’est trouvé que ça marchait un peu tout seul », rit-il. Comme pour beaucoup de personnes, c’est la pandémie de Covid-19 qui l’a fait se tourner vers le réseau social pour partager son quotidien. « J’ai commencé à faire quelques vidéos et j’ai vu que ça plaisait, donc je me suis dit, pourquoi pas, l’hiver prochain, faire quelque chose de plus précis. »

« Les gens sont contents de me croiser »

Peu à peu, une communauté solide s’est construite autour du dameur, qui se plaît à faire partager son travail aux non-initiés qui en découvrent la réalité. « Ça ne me gêne en rien pour le travail, j’installe mon téléphone et je regarde de temps en temps l’écran pour répondre aux questions des gens », détaille-t-il. Même mes employeurs sont contents, parce que ça montre un aspect du métier qu’on n’a pas l’habitude de voir. Des lives bruts, sans montage, en direct avec les utilisateurs : « C’est la recette qui marche le mieux, c’est authentique et les gens accrochent vite. C’est comme si on était en face-à-face et je leur expliquais les choses directement. »

Le compte rassemble 182 000 abonnés.
Le compte rassemble 182 000 abonnés.
DDM – DDM ML

L’homme de l’ombre, comme il se décrit, appuie aussi sur le côté transmission de l’exercice : « Comme ça, les jeunes peuvent voir qu’il existe aussi ce métier. Moi, quand j’étais petit, j’étais allé à une conférence pour l’orientation et je parlais déjà un peu de faire un métier comme ça, et on me regardait avec des grands yeux en me demandant ce que c’était. » Dans ses spectateurs, il remarque aussi des nostalgiques des pistes : « Avant les vacances ou quand il n’y a pas trop de neige, je voyais des gens venir se réconforter grâce à moi qui travaillais les pistes. Ça leur donne un avant-goût de la saison. »

Sa notoriété dans la station a ainsi peu à peu dépassé les frontières du téléphone. « Je me fais interpeller dans la rue maintenant », s’esclaffe-t-il. « Les gens sont contents de me croiser, on discute cinq minutes et voilà. Je n’aurais pas pu imaginer ça dès le départ, mais c’est bien. »

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : Nicolas Suanez est un dameur influent sur TikTok.
  • Qui est concerné : Les amateurs de ski et les utilisateurs de TikTok.
  • Quand : Depuis dix ans.
  • Où : Station de Valloire, Savoie.

Sources

Source : La Dépêche

Visuel d’illustration — Source : www.ladepeche.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-03-18 08:59:00 — Site : www.ladepeche.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-03-18 08:59:00 — Slug : on-est-moins-de-500-en-france-a-faire-ce-boulot-comment-ce-dameur-sest-transforme-en-influenceur-tiktok-avec-pres-de-200-000-followers

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