Nha Trang : Le Paradis des Touristes Russes ou le Cimetière des Récifs ?
Des plages de rêve aux hôtels de béton, Nha Trang se transforme en un terrain de jeu pour les vacanciers russes, tandis que la beauté naturelle du Vietnam se meurt.
Table Of Content
À bord du Hay-Nguyen-8, Sofia, une adolescente moscovite, s’émerveille devant les poissons colorés des récifs de Hon Tre, l’« île aux bambous ». « Des trompettes et des papillons. Et ça ! Des oursins, plein d’oursins », s’exclame-t-elle, ignorant peut-être que ces merveilles marines sont menacées par l’urbanisation galopante. Ce samedi 28 mars, alors que les vacances scolaires russes touchent à leur fin, cette famille profite des coraux de la mer de Chine méridionale, tandis que d’autres compatriotes s’étendent sur la plage principale de Nha Trang, un cordon de sable de six kilomètres désormais défiguré par des hôtels de 30 étages.
Ce qui se passe réellement
Les restaurants de Nha Trang, où les menus sont écrits en cyrillique, témoignent de l’afflux massif de touristes russes. En ville, les vendeurs hèlent les passants en russe pour leur proposer des excursions en téléphérique vers Hon Tre, où un parc d’attractions, flamboyant depuis 2006, se dresse comme un monument à la démesure. L’histoire russe de cette ville côtière n’est pas récente : en 1979, l’URSS y avait établi une base militaire, avant de se retirer en 1990, laissant derrière elle un héritage devenu aujourd’hui un spot touristique prisé.
Pourquoi cela dérange
La transformation de Nha Trang en un parc d’attractions pour riches vacanciers soulève des questions. Comment un lieu si riche en biodiversité peut-il survivre à une telle exploitation ? Les promesses de développement durable semblent s’évaporer face à la réalité des bulldozers et des grues. Les récifs, jadis foisonnants de vie, sont désormais en danger, tandis que les touristes se prélassent sur des plages de sable fin, inconscients des conséquences de leur présence.
Ce que cela implique concrètement
La dégradation de l’environnement marin a des répercussions directes sur la biodiversité locale et sur les moyens de subsistance des pêcheurs. En parallèle, la dépendance croissante du Vietnam envers le tourisme russe pose la question de la durabilité économique. Le pays est-il prêt à sacrifier son patrimoine naturel pour satisfaire un marché en constante expansion ?
Lecture satirique
Les discours politiques vantant le développement économique et le tourisme responsable semblent déconnectés de la réalité. Les promesses de prospérité se heurtent à la dure vérité des récifs en déclin. Alors que les autorités locales se félicitent de l’afflux de touristes, les écosystèmes marins s’effondrent, révélant l’absurdité d’une croissance à tout prix.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où la croissance économique est souvent privilégiée au détriment de l’environnement. Les États-Unis et la Russie, avec leurs politiques expansionnistes, pourraient bien trouver un écho dans cette quête vietnamienne de profits rapides, au risque de voir leur propre héritage naturel s’effondrer.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, Nha Trang pourrait devenir un exemple emblématique de ce qu’il ne faut pas faire. Les récifs pourraient disparaître, laissant place à un désert de béton, tandis que les promesses de prospérité se transformeront en désillusion pour les générations futures.



