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Fact Check

Nématode du pin à Seignosse : les sylviculteurs sans courrier au 1er décembre 2025 ? Impossible à confirmer

Début décembre 2025, des représentants de la filière sylvicole landaise disent attendre les courriers leur permettant d’organiser les coupes imposées autour du foyer de nématode du pin de Seignosse. Les arrêtés et communiqués officiels attestent que les mesures étaient publiques. Ils ne permettent pas, en revanche, de savoir quels propriétaires avaient reçu une notification individuelle à la date de cette protestation.

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L’affirmation vérifiée

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Tara Winstead · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Lors d’une conférence de presse le 1er décembre 2025, la filière sylvicole a dénoncé les délais de réponse de l’État et affirmé ne pas avoir reçu les notifications officielles détaillant la manière de procéder aux coupes obligatoires. Dans l’extrait de l’article publié le 2 décembre, Éric Dumontet, présenté comme directeur du syndicat, réclame des précisions sur l’abattage, la sortie et le broyage des arbres. Il faut donc vérifier une affirmation datée : les propriétaires concernés disposaient-ils, au 1er décembre, de leurs instructions individuelles ? Le propos rapporté ne permet pas de déterminer combien de propriétaires étaient visés ni de vérifier que chacun était dans la même situation. (scoop.it)

Ce que montrent les faits

Le premier foyer français de nématode du pin a été confirmé à Seignosse début novembre 2025. Un communiqué préfectoral daté du 14 novembre annonçait une zone infestée de 500 mètres autour des arbres contaminés et l’abattage des résineux sensibles qui s’y trouvaient avant le 31 décembre 2025. Il précisait aussi que certains travaux dans la zone réglementée nécessitaient une autorisation de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, la DRAAF. L’obligation de couper n’était donc pas une rumeur. (prefectures-regions.gouv.fr)

Mais trois choses doivent être distinguées : publier une règle, informer largement la population et notifier à un propriétaire ce qu’il doit faire sur sa parcelle. Le communiqué du 14 novembre établit la première ; il ne contient ni liste des destinataires, ni dates d’envoi, ni preuves de réception de courriers individuels. Sa publication ne suffit donc pas à démentir la protestation des sylviculteurs. (prefectures-regions.gouv.fr)

La vérification

Deux prises de position ultérieures de l’administration éclairent la suite. Le 12 décembre 2025, la préfecture écrit que les propriétaires concernés, forestiers ou particuliers, sont informés des mesures et de leur mise en œuvre. Le 19 janvier 2026, la DRAAF indique plus précisément que les détenteurs d’arbres situés dans la zone infestée ont reçu une notification administrative. Ces déclarations ne précisent toutefois pas quand chaque notification a été envoyée ou reçue. Elles attestent une situation rapportée après la protestation, pas nécessairement celle du 1er décembre. (prefectures-regions.gouv.fr)

Un autre document montre pourquoi l’accès à une information générale ne réglait pas toutes les questions pratiques. Dans le procès-verbal de son conseil municipal du 15 décembre 2025, Seignosse indique avoir distribué un tract dans les boîtes aux lettres et participé à des réunions d’information. La commune, elle-même propriétaire d’une parcelle dans la zone infestée, explique pourtant avoir écrit aux services de l’État faute, selon elle, d’informations suffisantes notamment sur les analyses, l’organisation de la coupe et les indemnisations. Ce témoignage concerne la commune, non la réception des courriers par les sylviculteurs : il ne peut pas servir de preuve à leur place. (seignosse.fr)

Enfin, la chronologie compte. Le 12 décembre, la préfecture a annoncé le report de l’échéance initiale du 31 décembre 2025 au 15 février 2026. Ce délai supplémentaire, décidé après la conférence de presse, ne supprime pas les interrogations que pouvaient susciter les consignes au 1er décembre. (prefectures-regions.gouv.fr)

Les sources et les données

Les documents publics consultés établissent les mesures imposées, la communication générale et l’affirmation ultérieure de la DRAAF selon laquelle des notifications ont été reçues. Ils ne fournissent pas de relevé daté permettant de comparer, propriétaire par propriétaire, les courriers attendus et les courriers reçus au 1er décembre 2025. Sans ces éléments, affirmer que personne n’avait été notifié serait aussi imprudent qu’affirmer que tout le monde l’avait été. (prefectures-regions.gouv.fr)

Verdict

Verdict : impossible à confirmer. La plainte rapportée le 1er décembre 2025 est vérifiable en principe, à l’aide de courriers et de dates de réception. Les pièces publiques retrouvées ne permettent pas de trancher à cette date. La DRAAF fait état de notifications reçues en janvier 2026, sans établir qu’elles l’avaient déjà été avant la protestation.

Ce qu’il faut retenir

Les règles d’abattage étaient publiques en novembre 2025. La question posée par les sylviculteurs était plus précise : avaient-ils reçu, à temps, les instructions individuelles nécessaires pour les appliquer ? Sur ce point, la chronologie des réceptions reste indéterminée.


Source principale : Le vrai du faux (www.sudouest.fr)

Article original : Consulter la source originale

Sources de vérification

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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