Négocier la “paix” sous sirènes d’alerte: Netanyahu ouvre des pourparlers avec le Liban pendant que Tsahal prévient Beyrouth de frappes

Le 9 avril, “relations de paix” annoncées; le 10 avril, avertissements d’évacuation jusqu’aux abords de l’unique aéroport libanais: diplomatie au mégaphone.

Le 9 avril 2026, Benjamin Netanyahu ordonne à son cabinet d’entamer des négociations directes avec le Liban pour désarmer le Hezbollah et établir des “relations de paix”. Le 10 avril, l’armée israélienne prévient la banlieue sud de Beyrouth — et même les abords du seul aéroport international du pays — de frappes imminentes et intime d’évacuer “immédiatement”. Apparemment, la table des négociations se dresse mieux quand le plafond tremble.

Ce qui se passe réellement

— Le 9 avril 2026, Benjamin Netanyahu dit avoir ordonné l’ouverture de négociations directes avec le Liban “dès que possible”, saluant un appel du Premier ministre libanais à “la démilitarisation de Beyrouth”.

— Le Liban réclame un cessez-le-feu avant tout début de pourparlers; le Hezbollah rejette toute discussion et exige un retrait israélien du sud du pays.

— Des pourparlers pourraient commencer dès la semaine du 13 avril à Washington, selon un responsable américain. Côté États-Unis: Michel Issa (ambassadeur au Liban). Côté Israël: Yechiel Leiter (ambassadeur en poste à Washington). Le représentant libanais n’est pas identifié.

— Le 10 avril, l’armée israélienne met en garde les habitants de la banlieue sud de Beyrouth et annonce continuer de frapper le Liban jusqu’au rétablissement de la sécurité dans le nord d’Israël. Le porte-parole Avichay Adraee déclare frapper des infrastructures du Hezbollah et appelle la population à évacuer “pour sa sécurité”.

— Les abords de l’unique aéroport international du Liban figurent aussi dans l’alerte. Dans la nuit, environ dix lanceurs au Liban ayant tiré vers le nord d’Israël sont visés, et Israël affirme avoir tué Ali Yusuf Harshi, présenté comme adjoint de Naim Kassem. Le Hezbollah ne commente pas cette mort mais dit combattre au corps à corps à Bint Jbeil (sud du Liban).

— Le 8 avril, plus de 300 personnes sont tuées au Liban et au moins 1 150 blessées lors de frappes israéliennes. Le 10 avril, les secours continuent à Beyrouth.

— Incertitude sur le champ d’application du cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran, entré en vigueur le 8 avril: Netanyahu et Donald Trump assurent que le Liban n’est pas inclus, à l’inverse du médiateur pakistanais Shehbaz Sharif, qui dit que la trêve vaut partout, Liban compris. Trump répète: “Ils n’étaient pas inclus dans l’accord.”

— Bruxelles, Moscou et Ankara exigent d’étendre le cessez-le-feu au Liban. Le chancelier allemand Friedrich Merz, en écho à Paris et Londres, prévient que la sévérité des opérations au Sud-Liban peut faire échouer l’ensemble du processus de paix.

— Côté iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf affirme que le Liban est une “partie inséparable du cessez-le-feu” et menace de “FORTES réponses” si les frappes continuent. Le président Masoud Pezeshkian juge dès lors “vides de sens” les pourparlers prévus le 10 avril au Pakistan avec des émissaires américains.

Pourquoi cela dérange

Parce que vendre des “relations de paix” en simultané avec des avertissements de frappes et des évacuations “immédiates”, c’est demander au réel d’applaudir en silence. Exiger un désarmement d’un acteur qui rejette d’emblée toute discussion, lancer des pourparlers dont l’un des participants n’a même pas de délégué identifié, et débattre d’un cessez-le-feu dont personne ne sait s’il s’applique au théâtre principal du moment: on dirait un plan de route écrit au marqueur sur un pare-brise en plein orage.

Ce que cela implique concrètement

— Des négociations annoncées dès la semaine prochaine à Washington cohabitent avec des opérations militaires actives au Liban, y compris autour de l’aéroport.

— L’incertitude officielle sur l’inclusion du Liban dans le cessez-le-feu entretient le flou sur les règles du jeu alors que les pertes civiles sont massives (plus de 300 morts, 1 150 blessés le 8 avril).

— Le Liban réclame une trêve avant de s’asseoir à la table; le Hezbollah refuse la table tout court; Israël promet de frapper “jusqu’au rétablissement de la sécurité” dans le nord d’Israël. Diagramme de Venn de la paix introuvable.

Lecture satirique

“Négocier” en disant “évacuez immédiatement” et “on continue de frapper”: la diplomatie façon mégaphone, où la poignée de main se fait avec un gilet pare-balles. Le Liban veut un cessez-le-feu avant les pourparlers; on lui répond “Washington, semaine prochaine”, sans dire qui s’assoit côté libanais. On promet “la paix” en mettant l’aéroport dans la zone d’avertissement. Et pendant que certains jurent que la trêve ne s’applique pas ici, d’autres assurent que si: pile pour aujourd’hui, face pour demain; le jeton tombe toujours sur sa tranche — sur Beyrouth.

Effet miroir international

Washington programme les chaises, Moscou, Bruxelles et Ankara exigent la trêve pour le Liban, Téhéran promet des “FORTES réponses”. Quand les capitales appellent à la “désescalade”, c’est souvent que l’escalier est déjà en feu. Et dans ce concours d’orthodoxie sécuritaire, chacun se proclame gardien de la paix — à condition que la paix suive sa propre notice d’utilisation.

À quoi s’attendre

— À court terme (mi-avril 2026): démarrage possible de discussions à Washington, mais sous contrainte d’un terrain qui reste actif et d’un cessez-le-feu au périmètre disputé.

— Tant que le Liban conditionne sa participation à une trêve, que le Hezbollah refuse les discussions, et qu’Israël annonce poursuivre ses frappes “jusqu’au rétablissement de la sécurité” au nord, la désescalade immédiate paraît incertaine. La diplomatie tentera d’ouvrir une porte pendant que le terrain essaie de la refermer.

Sources

Source : fr.euronews.com

Visuel — Source : fr.euronews.com

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