Un parcours entre Afrique du Sud et justice internationale
Née le 23 septembre 1941 à Durban, en Afrique du Sud, dans une famille d’origine tamoule, Navi Pillay étudie le droit à l’université du Natal. En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat dans la province du Natal.
Sous l’apartheid, elle défend des militants opposés au régime et dénonce la torture policière ainsi que les conditions de détention des prisonniers politiques. Elle contribue aussi à la création d’un service d’aide aux victimes de viol, dirige un refuge pour les femmes confrontées aux violences domestiques et cofonde, en 1992, l’organisation internationale Equality Now, consacrée aux droits des femmes.
En 1995, elle est nommée à la Cour suprême d’Afrique du Sud par Nelson Mandela. Elle préside ensuite le Tribunal pénal international pour le Rwanda, puis fait partie des premiers juges de la Cour pénale internationale. De 2008 à 2014, elle est haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Le comité Nobel a notamment mis en avant son travail en faveur de poursuites contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides. ([nobelpeaceprize.org](https://www.nobelpeaceprize.org/articles/announcement-of-the-nobel-peace-prize-2026?trk=article-ssr-frontend-pulse_little-text-block&utm_source=openai))
Le Nobel salué, mais aussi contesté
Le président du comité Nobel norvégien, Jørgen Watne Frydnes, a déclaré que la lauréate avait joué un rôle déterminant pour que les crimes internationaux puissent faire l’objet de poursuites judiciaires. L’ONU a salué un prix qui, selon elle, souligne la nécessité de défendre les droits humains.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté Navi Pillay comme une défenseure des personnes persécutées, vulnérables ou exclues. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a, lui aussi, salué la distinction, qu’il considère comme un hommage à l’engagement de longue date de la juriste en faveur de la justice.
Le prix intervient dans un contexte de désaccords autour de ses prises de position. Navi Pillay a présidé la commission d’enquête indépendante de l’ONU qui a accusé Israël, en 2025, de commettre un génocide dans la bande de Gaza. Israël estime que le Nobel légitime la « haine anti-Israël ». De son côté, l’ONG UN Watch lui reproche de ne pas avoir condamné le Hamas lors de la fin d’un cessez-le-feu humanitaire pendant l’opération Bordure protectrice, et juge sa position ouvertement anti-israélienne.
La distinction met ainsi en lumière un parcours consacré à la défense des droits humains et à la justice internationale, tout en suscitant des critiques liées aux positions de Navi Pillay sur le conflit israélo-palestinien.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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