Israël : La peine de mort pour les « terroristes », ou comment légaliser l’inacceptable
Le Parlement israélien a récemment adopté une loi controversée instaurant la peine de mort pour les « terroristes », un texte qui semble taillé sur mesure pour les Palestiniens et qui suscite une indignation mondiale.
Table Of Content
- Ce qui se passe réellement
- Qu’est-ce qui a motivé le vote de ce texte ?
- La loi a aussi été votée par le parti de droite Likoud…
- Si elle entrait en vigueur, quelles seraient les conséquences sur la société israélienne ?
- Peut-on parler d’ »apartheid » ?
- L’adoption de cette loi a suscité un tollé sur la scène internationale…
- La société israélienne est-elle en train de se refermer sur elle-même ?
- Israël est un pays perpétuellement en guerre depuis le 7-Octobre…
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Dans un élan de bravade législative, le Parlement israélien a décidé d’adopter une loi qui pourrait faire rougir d’envie n’importe quel despote. Oui, vous avez bien entendu : la peine de mort pour les « terroristes ». Mais attention, ce n’est pas pour n’importe qui. Cette loi, portée par l’extrême droite, semble avoir été conçue avec une précision chirurgicale pour s’appliquer principalement aux Palestiniens. Une belle manière de dire que certains citoyens valent plus que d’autres, n’est-ce pas ?
Ce qui se passe réellement
Cette semaine, le Parlement israélien a adopté une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Bien que la peine de mort existe déjà en Israël, elle n’a été appliquée que deux fois : une fois contre un capitaine de l’armée en 1948 et une autre contre Adolf Eichmann en 1962. Cette nouvelle loi stipule que toute personne commettant un homicide « avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël » sera condamnée à mort, mais pour les Palestiniens, la peine capitale sera la sanction par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne.
Les réactions ont fusé, allant des ONG de défense des droits humains aux gouvernements étrangers, y compris la France et l’ONU. Le Conseil de l’Europe a même menacé d’exclure Israël de son statut d’observateur. Une belle brochette d’indignés pour une loi qui semble tout droit sortie d’un scénario dystopique.
Qu’est-ce qui a motivé le vote de ce texte ?
Pour Sylvaine Bulle, sociologue et spécialiste d’Israël, cette loi est le fruit de l’« hubris » d’une partie du gouvernement, notamment des Kahanistes, représentés par le ministre Itamar Ben-Gvir. Ces derniers prônent un idéal de pureté juive qui exclut les Palestiniens. En d’autres termes, ils semblent penser que le 7-Octobre n’est pas un événement isolé, mais le début d’une guerre éternelle contre tous ceux qui ne partagent pas leur vision du monde.
La loi a aussi été votée par le parti de droite Likoud…
Bien que les Kahanistes et les suprémacistes ne représentent qu’environ 10% de l’électorat, ils exercent une influence disproportionnée dans la coalition gouvernementale. Cela soulève des questions sur la porosité entre la loi religieuse et le droit civil, surtout en Cisjordanie, où les exactions des colons sont de moins en moins punies.
Si elle entrait en vigueur, quelles seraient les conséquences sur la société israélienne ?
Ce serait un tournant décisif pour Israël. Une telle loi pourrait anéantir l’État de droit et menacer le sionisme de gauche, humaniste et socialiste. La déshumanisation des Israéliens, par effet de ricochet, serait inévitable. Les citoyens juifs humanistes, déjà en état de sidération, pourraient être assimilés à cette cruauté.
Peut-on parler d’ »apartheid » ?
Bien qu’il existe des discriminations de fait en Israël, la question de l’apartheid est plus complexe. Un Palestinien d’Israël est un citoyen avec des droits, mais la dégradation du statut de la langue arabe et d’autres lois récentes soulèvent des inquiétudes quant à l’égalité des droits.
L’adoption de cette loi a suscité un tollé sur la scène internationale…
La diaspora juive, souvent en désaccord avec les politiques actuelles, est perçue comme une traîtresse par certains. Ce discours crée une scission entre les Israéliens et la diaspora, qui ne se comprennent plus.
La société israélienne est-elle en train de se refermer sur elle-même ?
Le gouvernement israélien semble considérer le monde entier comme un ennemi. Cette vision eschatologique de la réalité n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires qui se sont repliés sur eux-mêmes.
Israël est un pays perpétuellement en guerre depuis le 7-Octobre…
Dans cette atmosphère de guerre, les questions d’État de droit et de droits humains sont reléguées au second plan. Les Israéliens, y compris à gauche, se concentrent sur la sécurité, espérant sortir de cette temporalité de guerre pour reconstruire la démocratie.
Pourquoi cela dérange
Cette loi est une incohérence criante dans un pays qui se veut démocratique. Elle remet en question les valeurs fondamentales de justice et d’égalité, tout en alimentant un cycle de violence et de déshumanisation.
Ce que cela implique concrètement
Si cette loi entre en vigueur, elle pourrait créer un précédent dangereux, légitimant des actes de violence d’État contre une population déjà marginalisée.
Lecture satirique
En somme, cette loi est une belle illustration du décalage entre les promesses d’un État de droit et la réalité d’une législation qui semble plus inspirée par la vengeance que par la justice. Qui aurait cru qu’Israël, un pays si souvent présenté comme un phare de démocratie, se dirigerait vers une telle obscurité ?
Effet miroir international
Cette dérive législative fait écho à d’autres politiques autoritaires à travers le monde, où la peur et la haine sont utilisées pour justifier des violations des droits humains. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également leurs propres manières de traiter l’« ennemi ».
À quoi s’attendre
Si cette loi est validée, il est probable qu’elle exacerbe les tensions internes et internationales, et qu’elle entraîne des conséquences imprévisibles pour la société israélienne et au-delà.




