Le secteur de la protection des mammifères marins fait un pas en avant avec le déploiement de caméras pour étudier et éviter les captures accidentelles de dauphins dans l’océan Atlantique. Cette initiative, unique en son genre, a été présentée jeudi 30 octobre 2026 à Nantes par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) lors d’une conférence de presse.

Ce que cela change localement
Les dauphins, en particulier les dauphins communs, sont souvent victimes de captures accidentelles lors de la pêche, surtout dans des zones telles que le golfe de Gascogne. La mise en place de caméras sur le dos de ces mammifères vise à mieux comprendre leur comportement dans des environnements naturels, notamment leurs interactions avec les engins de pêche. Selon Germain Boussarie, chercheur à l’Ifremer, cette compréhension approfondie des habitudes de vie et des stratégies d’alimentation des dauphins pourrait aboutir à des solutions de protection plus adaptées et ciblées à l’avenir.
Ce qui s’est passé
Deux déploiements de ces caméras, mesurant environ 20 centimètres de large, ont déjà été réalisés avec succès. Ces dispositifs sont fixés sur les dauphins grâce à une perche et sont capables d’enregistrer images et sons, tout en mesurant la profondeur des plongées. Après quelques heures, elles se détachent et flottent à la surface pour être récupérées facilement. Les premiers résultats ont montré des dauphins chassant des poissons et interagissant avec leur environnement, fournissant ainsi des données clés sur leur comportement.
Ce que l’on sait
Les efforts pour limiter les captures accidentelles commencent à porter leurs fruits. L’observatoire Pelagis, rattaché au CNRS, a rapporté une diminution de 60 % des captures de dauphins dans le golfe de Gascogne, grâce à des mesures de fermeture temporaire de la pêche mises en place depuis plusieurs années. Ces fermetures, activées pour certains navires, se poursuivront avec un nouveau mois de restriction prévu pour début 2027. Cette réponse proactive est renforcée par divers équipements utilisés par les pêcheurs, tels que des répulsifs acoustiques.
Ce que l’on ne sait pas encore
Malgré ces efforts, des solutions parfaites ne semblent pas encore émerger. Les nombreuses expérimentations en cours n’ont pas abouti à une méthodologie unique, et la sensibilisation des pêcheurs à l’utilisation de ces technologies reste cruciale. En outre, bien que les caméras fournissent une mine d’informations, l’impact du changement climatique sur ces populations de dauphins et leur comportement est encore à explorer. L’étude continue de ces jeunes populations de dauphins équipés de caméras aidera à modéliser et anticiper les futurs enjeux de conservation maritime.
Source : 20Minutes – Actu Nantes
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