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L’entreprise Moulages Plastiques de l’Ouest basée à Villaines-la-Juhel en Mayenne et placée en redressement judiciaire en décembre 2024, annonce être sortie de la procédure. Le tribunal de commerce de Nantes approuve son plan de remboursement de ses créanciers sur 10 ans. L’entreprise a supprimé 43 postes et diversifié son offre de vinyles, de packaging et de distribution.
Deux des trois sites de MPO se situent en France, l’un à Villaines-la-Juhel en Mayenne et l’autre au Mans en Sarthe.
En Mayenne c’est « 100% de la production de disques vinyles du groupe, 100% de la production de disques optiques du groupe, à savoir CD, DVD, Blu-ray, et nos activités d’imprimerie et de découpe » indique Stanislas Renard président du groupe MPO depuis mai 2025.
« Nous avons ensuite nos activités de packaging et le principal de nos activités de distribution spécialisée sur le site du Mans » rajoute-t-il.
Le troisième site du groupe est basé à Madrid en Espagne.
Une procédure de redressement judiciaire avait été ouverte par le tribunal de commerce de Nantes le 19 décembre 2025 concernant MPO France, l’une des entités du groupe MPO.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de forte concurrence sur le marché du vinyle, devenu morose en raison de la concurrence des supports numériques.
« Il fallait regagner des parts de marché chez les principaux clients« , insiste le PDG du groupe MPO, à commencer par les très grosses maisons de disque qu’on appelle les Majors.
« Il y avait une crise de confiance des clients puisque nous sommes sur un marché qui structurellement est très concentré avec trois opérateurs BMG, Sony et Warner » analyse Stanislas Renard.
Mais aussi chez les maisons de disques indépendantes : « le premier marché des indépendants hors marché américain, c’est l’Angleterre, le deuxième c’est la France » souligne le PDG qui indique avoir notamment travaillé avec « les gros indépendants français du type Because ou Believe« .
Pour redresser les comptes, il a fallu en passer par un plan de sauvegarde de l’emploi avec la suppression de 43 postes.
« Aujourd’hui, nous sommes à peu près à 300 collaborateurs au niveau des deux sites français, donc de Villaines-la-Juhel et celui du Mans » assure le responsable de MPO.
De son côté, le tribunal de Commerce de Nantes note dans son jugement du 1er avril 2026 que la société MPO a mis en œuvre « un plan de Sauvegarde de l’Emploi » qui porte « le nombre de salariés à 298 » contre « 356 à l’ouverture de la procédure« .
Il y a eu une simplification des organisations qui ont permis d’arriver à produire plus avec moins de salariés au niveau des équipes d’encadrement et de structure
Stanislas Renardprésident du groupe MPO
Dans le détail de son jugement que nous avons pu consulter, le Tribunal de Commerce de Nantes assure que la société MPO a établi « un plan de redressement » prévoyant le remboursement des créanciers « selon un échéancier progressif sur 10 ans » et ce à partir de 2027.
Le projet de plan de redressement offre à la société MPO France « une réelle perspective de viabilité » en ce qu’il permet « la poursuite de l’activité de façon pérenne » et « tout en permettant l’apurement du passif« .
La société MPO France a désormais retrouvé une dynamique de croissance
Tribunal de Commerce de Nantesextrait du jugement du 1er avril 2026
« Cette situation est soutenue notamment par une nette amélioration de la performance opérationnelle par rapport à l’exercice précédent » note dans sa décision le Tribunal de Commerce de Nantes « porté en particulier par la forte progression de l’activité vinyle de la société MPO« .
« Au début 2025, lorsque nous sommes passés en redressement judiciaire, nous pressions entre 400 000 et 500 000 vinyles par mois« , explique le PDG du groupe Stanislas Renard.
« Aujourd’hui, nous sommes sur un rythme de 1,3 à 1,5 million de vinyles par mois« , nous assure-t-il.
Un effort sur la quantité donc, mais aussi sur la qualité avec de nouveaux produits comme les vinyles colorés.
« On passe d’un marché qui est un marché historiquement de support pour écouter de la musique à un marché de collector » analyse Stanislas Renard.
Vous avez aujourd’hui une portion importante des vinyles qui sont produits qui ne sont même pas écoutés par les fans mais qui sont achetés parce qu’ils correspondent à des séries spéciales avec des couleurs spéciales
Stanislas Renardprésident du groupe MPO
Autre tendance du marché : l’engouement pour les matériaux recyclés.
« On a développé une offre qui nous permet aujourd’hui de recycler du PVC déjà utilisé qu’on va pouvoir réutiliser soit à 100 % dans certaines productions, soit en complément de matière neuve sur des nouvelles productions« , assure le PDG.
Les disques vinyles étant fabriqués en PVC, un plastique dérivé du pétrole les tensions actuelles sur les matières premières en provenance d’Asie avec la guerre au Moyen-Orient le rendent également plus cher à produire.
Selon le PDG du groupe MPO, « on est actuellement sur une hausse aux alentours de 10 à 12 % sur le PVC qu’on achète« .
Le rebond de l’entreprise intervient enfin dans un contexte général de reprise du marché du disque vinyle.
Selon les derniers chiffres du Syndicat National de l’Edition Phonographique publiés en mars 2026, le marché du vinyle enregistre un chiffre d’affaires record en France en 2025, dominant celui du CD. À noter que le streaming garde son hégémonie écrasante : 80 % des ventes se faisant en numérique contre 20 % pour le physique (vinyles et CD).
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MPO : Quand le vinyle fait du surplace, mais pas sans pertes !
L’entreprise Moulages Plastiques de l’Ouest, placée en redressement judiciaire, sort de l’ombre avec un plan de remboursement sur 10 ans… mais à quel prix ?
Dans un monde où le vinyle fait un retour en force, MPO (Moulages Plastiques de l’Ouest) se retrouve en pleine tempête. Après avoir été placée en redressement judiciaire en décembre 2024, l’entreprise annonce fièrement avoir trouvé un plan de remboursement pour ses créanciers. Bravo ! Mais attendez, il a fallu sacrifier 43 postes pour y parvenir. Une belle façon de redémarrer, n’est-ce pas ?
Ce qui se passe réellement
Deux des trois sites de MPO sont en France, à Villaines-la-Juhel et au Mans. Le président Stanislas Renard, fraîchement nommé en mai 2025, se vante de la production de 100% des disques vinyles et optiques du groupe. Mais derrière cette façade, une réalité moins reluisante se cache. La concurrence des supports numériques a plongé le marché du vinyle dans une morosité inquiétante.
« Il fallait regagner des parts de marché », insiste Renard, tout en admettant une « crise de confiance » des clients. En effet, le marché est dominé par trois géants : BMG, Sony et Warner. Les petites maisons de disques, quant à elles, se battent pour survivre. La suppression de 43 postes a permis de réduire le personnel à 298, mais à quel prix pour les employés ?
Pourquoi cela dérange
La simplification des organisations, présentée comme une avancée, ressemble davantage à une stratégie de survie qu’à une vision d’avenir. Le tribunal de commerce de Nantes a salué un plan de redressement, mais il est difficile de voir cela comme une victoire lorsque l’on sait que des vies ont été mises sur le carreau.
Ce que cela implique concrètement
Avec un plan de remboursement sur 10 ans, MPO semble avoir trouvé une « réelle perspective de viabilité ». Mais cette viabilité repose sur des fondations fragiles, marquées par des licenciements et une pression accrue sur les employés restants. La production de vinyles a doublé, mais cela ne compense pas la perte d’emplois et la détérioration des conditions de travail.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que le marché du vinyle est en pleine renaissance, MPO semble jouer à un jeu dangereux. Les promesses de croissance sont belles sur le papier, mais la réalité est que les employés paient le prix fort. « On passe d’un marché de musique à un marché de collector », dit Renard. Mais à quel moment la passion pour la musique a-t-elle été remplacée par une logique de profit à tout prix ?
Effet miroir international
Dans un monde où des pays comme la Russie et les États-Unis adoptent des politiques autoritaires, la situation de MPO ressemble à une microcosme de ces dérives. Les décisions prises ici, au niveau local, résonnent avec les discours déconnectés de la réalité que l’on voit sur la scène internationale. L’obsession du profit au détriment des droits des travailleurs est un thème universel.
À quoi s’attendre
Si MPO continue sur cette voie, il est probable que d’autres licenciements suivront. La pression sur les employés augmentera, et la promesse d’une dynamique de croissance pourrait rapidement se transformer en une spirale descendante. La question reste : jusqu’où ira-t-on pour sauver une entreprise ?
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr



