Grand-Couronne : Le lithium, un poison qui ne veut pas partir
Le compte n’y est pas. Mois après mois, la préfecture de la Seine-Maritime publie les taux de lithium dans les nappes phréatiques autour de l’entrepôt sinistré de Bolloré Logistics, à Grand-Couronne. Et malgré les mesures pour les limiter, ces taux restent désespérément élevés en janvier 2026. Explications.
Table Of Content
Ce qui se passe réellement
Trois ans après l’incendie de janvier 2023, où près de 12 000 batteries au lithium entreposées sans autorisation ont pris feu, les habitants de Grand-Couronne et de l’agglo de Rouen n’ont pas oublié. Le site est toujours sous surveillance pour des raisons sanitaires, avec des prélèvements mensuels effectués par la préfecture pour mesurer la pollution au lithium et aux PFAS. Les résultats sont accablants : de décembre 2025 à janvier 2026, les taux de lithium n’ont que très peu diminué.
Le bilan de décembre 2025 révélait des concentrations de 200 000 microgrammes de lithium par litre d’eau dans un puits proche de l’entrepôt. Un mois plus tard, la situation n’a guère évolué : 180 000 microgrammes dans le même puits, tandis que d’autres zones affichent des chiffres tout aussi alarmants. À noter que la loi ne fixe aucune norme pour le lithium dans l’eau, mais l’Anses recommande un maximum de 20 microgrammes par litre.
Pourquoi cela dérange
Ces chiffres soulèvent des questions. Les travaux de dépollution, lancés en mars 2025, accusent un retard, et la préfecture a même infligé une sanction financière au propriétaire. Les 892 tonnes de batteries ont été évacuées, mais la protection en béton qui les recouvrait a disparu, laissant le champ libre au lithium.
Les mesures prises pour limiter la propagation de la pollution, comme l’installation d’une barrière hydraulique, semblent inefficaces. Christophe Holleville, membre de France Nature Environnement Normandie, dénonce une « pollution hors-norme » et s’interroge sur l’efficacité de cette barrière, qui ne montre pas d’effets après huit mois d’opération.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette pollution sont alarmantes. Bien que les autorités assurent que cela n’affecte pas le réseau d’eau potable, la situation reste préoccupante pour les habitants. Les prélèvements dans les eaux superficielles et l’air ambiant ne montrent aucune trace de lithium, mais le doute persiste.
Lecture satirique
Ironie du sort : alors que les autorités se vantent de l’absence d’apport de lithium dans la nappe phréatique, les chiffres parlent d’eux-mêmes. On pourrait presque croire que la préfecture a décidé de jouer à « cache-cache » avec la vérité. Les promesses de dépollution se heurtent à la réalité d’un site toujours pollué.
Effet miroir international
À l’étranger, des politiques autoritaires comme celles de la Russie ou des États-Unis montrent également une tendance à ignorer les conséquences environnementales de leurs décisions. On pourrait dire que la Seine-Maritime, avec son lithium, est le petit frère malheureux de ces dérives.
À quoi s’attendre
Les analyses des nappes phréatiques de février 2026 devraient bientôt être publiées. Espérons qu’elles ne nous réservent pas d’autres surprises désagréables.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr
Cet article, tout en étant fidèle aux faits, se veut une critique mordante des incohérences et des promesses non tenues des autorités face à une situation alarmante.



