Alors que la phase 1 de la LNMP, de Montpellier à Béziers, va bon train, s’ouvre une concertation sur la phase 2, de ce jeudi au 19 juin, consacrée aux fonctionnalités et aux gares de ce tronçon de presque 100 km. Explications, après la présentation, mardi à Narbonne, du dispositif, placé sous l’égide de la Commission nationale du débat public.
Table Of Content
- 1 – Voulez-vous une LGV complète ?
- 2 – Je croyais cette affaire entendue ?
- 3 – Fret et voyageurs mais à quels prix ?
- 4 – Où irais-je prendre le TGV, l’AVE (train à grande vitesse espagnol), etc. ?
- Ce qui se passe réellement
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Que voulez-vous ? Une nouvelle ligne à grande vitesse de Béziers à Perpignan ou pas ? Qu’elle accepte la circulation des convois de fret et de voyageurs ou ceux-ci uniquement ? Que des gares sortent de terre à Béziers et Narbonne, Béziers ou Narbonne ou nulle part, c’est inutile ?
Dès jeudi et jusqu’au 19 juin, les choix fondamentaux de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) dans sa phase 2, du Biterrois à la préfecture du Roussillon sont soumis au public. Les usagers, les élus, entrepreneurs, riverains potentiels du tracé ou défenseurs de toute cause, chacun à dix semaines pour exprimer sa position, physiquement, à l’occasion de rendez-vous programmés, ou virtuellement, via le site internet dédié.

1 – Voulez-vous une LGV complète ?
La phase 1 de la LNMP est lancée, de Montpellier à Béziers, le projet « tient ses délais, souligne Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau. Il franchira cette année une étape importante, l’appel d’offres, pour pouvoir démarrer les travaux dès 2029. Mais la LNMP n’a pas vocation à s’arrêter à Béziers » et ne se résout pas à la réduction du temps de parcours de vingt-deux minutes sur les 97,7 km en projet. La nouvelle ligne est certes un maillon du réseau national et européen à grande vitesse qui connectera France et Espagne ; mais elle sera aussi « complémentaire » de la ligne classique existante, saturée en termes de trafic et « submersible », relève Carole Delga, la présidente de Région. « Un risque qui ne va faire qu’augmenter », remettant en cause la fiabilité des liaisons ferroviaires sous l’effet accentué du changement climatique.
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2 – Je croyais cette affaire entendue ?
Une concertation a déjà eu lieu, en 2015, conclue un an après, le 29 janvier 2016, par l’arrêt d’un projet de référence. Strictement voyageur et franchissant en surface le massif des Corbières, il comporte deux gares nouvelles dans les secteurs Béziers ouest et Narbonne est. « Pour un coût de 4,9 milliards d’euros aux conditions économiques 2025 », indique le directeur de la mission LNMP, Stéphane Lubrano. Ces 70 jours de concertation se proposent pourtant de le « requestionner », car dix ans après, les choses ont changé.

Le changement climatique, bien sûr, les questions énergétiques ou la stratégie bas carbone de l’État le justifient, dit l’ingénieur de SNCF Réseau. La « dangerosité » induite par un « trafic de camions qui ne fait que progresser », aussi, note Carole Delga. L’ambition de booster le fret ferroviaire, tout autant. L’Espagne, qui relie ses ports à ses lignes à grande vitesse, en témoigne. La question centrale devient alors la mixité de la LNMP, effective de Montpellier à Béziers, prévue de Perpignan à la frontière, mais exclue de Béziers à Perpignan. Veut-on y faire passer des trains de marchandises, sachant que les contraintes de freinage et redémarrage obligent à « rectifier » le profil de la voie, moins de pente, 12,5 m/km au plus ?
3 – Fret et voyageurs mais à quels prix ?
Le projet de référence, limité au trafic voyageur, est toujours là, variante n°1. La n°2, dans ce même sillon à travers le massif des Corbières, marie voyageurs et fret ; mais pour passer, il supposera des « hauteurs de talus supérieures, des viaducs en plus et des tunnels plus longs, liste Stéphane Lubrano, davantage de matériaux à extraire », pénalisant pour le bilan carbone.
La troisième variante est mixte, aussi. Mais elle passe « entre les contreforts des Corbières et les étangs », avec un impact paysager qui sera conséquent.
Chacun se fera son avis et l’exprimera. Carole Delga a livré le sien : « Clairement, la Région Occitanie soutiendra la mixité fret jusqu’à Perpignan. Je crois que cela présente plus d’avantages que d’inconvénients », le moindre n’étant pas le surcoût. « De 1,4 à 2,1 milliards d’€ », précise Matthieu Chabanel, même 2,4 Md€ (total : 7,3 Md€), selon les options pour les gares.
4 – Où irais-je prendre le TGV, l’AVE (train à grande vitesse espagnol), etc. ?
Le choix de 2016 était de deux gares, mais cinq autres options sont proposées : Béziers ou Narbonne ; Narbonne sans raccordement à Nissan ; zéro gare ; une à Nissan-lez-Ensérune.
La décision impactera « temps de parcours, accès au train, transports en commun », pointe Vincent Bouvier, directeur grands projets de SNCF Gares et Connexions. Pas simple. Ou plutôt, très complexe…
Montpellier-Perpignan : Une LGV ou un grand flou ?
La phase 1 de la LNMP avance, mais la phase 2 s’ouvre sur un débat qui semble plus flou qu’un nuage de fumée. Qui veut vraiment de cette ligne à grande vitesse ?
Alors que la phase 1 de la LNMP, de Montpellier à Béziers, va bon train, s’ouvre une concertation sur la phase 2, de ce jeudi au 19 juin, consacrée aux fonctionnalités et aux gares de ce tronçon de presque 100 km. Explications, après la présentation, mardi à Narbonne, du dispositif, placé sous l’égide de la Commission nationale du débat public.
Ce qui se passe réellement
Que voulez-vous ? Une nouvelle ligne à grande vitesse de Béziers à Perpignan ou pas ? Qu’elle accepte la circulation des convois de fret et de voyageurs ou ceux-ci uniquement ? Que des gares sortent de terre à Béziers et Narbonne, Béziers ou Narbonne ou nulle part, c’est inutile ?
Dès jeudi et jusqu’au 19 juin, les choix fondamentaux de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) dans sa phase 2, du Biterrois à la préfecture du Roussillon sont soumis au public. Les usagers, les élus, entrepreneurs, riverains potentiels du tracé ou défenseurs de toute cause, chacun a dix semaines pour exprimer sa position, physiquement, à l’occasion de rendez-vous programmés, ou virtuellement, via le site internet dédié.
Pourquoi cela dérange
Une concertation a déjà eu lieu, en 2015, conclue un an après par l’arrêt d’un projet de référence. Strictement voyageur et franchissant en surface le massif des Corbières, il comportait deux gares nouvelles dans les secteurs Béziers ouest et Narbonne est. Mais voilà, dix ans après, les choses ont changé. Ou pas, si l’on en croit les promesses de la SNCF.
Ce que cela implique concrètement
Le changement climatique, les questions énergétiques ou la stratégie bas carbone de l’État justifient cette nouvelle concertation. Mais qui peut croire que le trafic de camions va diminuer ? Carole Delga, présidente de la Région, souligne la « dangerosité » d’un trafic qui ne fait que progresser. Mais alors, pourquoi ne pas se concentrer sur le fret ferroviaire, comme l’Espagne qui relie ses ports à ses lignes à grande vitesse ?
Lecture satirique
On nous promet une LGV qui ne s’arrête pas à Béziers, mais qui, en réalité, pourrait bien s’arrêter dans un flou artistique de concertations sans fin. Les choix sont clairs : on veut des trains rapides, mais pas trop. On veut des gares, mais pas trop de dépenses. C’est un peu comme vouloir un gâteau sans calories.
Effet miroir international
En regardant cette situation, on ne peut s’empêcher de penser aux politiques autoritaires qui, elles aussi, jonglent avec les promesses et la réalité. Prenez les États-Unis ou la Russie : des projets grandioses, mais souvent au détriment de la population. Ici, on parle de trains, mais le principe reste le même : le spectacle avant le service.
À quoi s’attendre
Si l’on suit les tendances visibles, on peut s’attendre à un projet qui se transforme en un vaste débat sans fin, où les véritables besoins des usagers seront noyés sous des promesses vides. Les délais s’allongent, les coûts explosent, et au final, qui en sortira gagnant ? Pas les usagers, c’est certain.


