La journée de mobilisation sociale du samedi 17 octobre 2026 a donné lieu à des rassemblements et à des actions dans de nombreuses villes françaises. Gilets jaunes, lycéens, étudiants, syndicats, agriculteurs et militants du climat ont participé à des mobilisations marquées, selon les villes, par des blocages, des dégradations et des affrontements. À 15 heures, le ministère de l’Intérieur faisait état de 272 interpellations dans le pays.
À Paris, 133 interpellations recensées à 14 heures
Deux cortèges devaient partir en début d’après-midi de la place de la République : celui des étudiants en direction de la place de la Nation, et celui des Gilets jaunes et des syndicats vers la place de Clichy. Des rassemblements non déclarés avaient toutefois eu lieu dès la matinée, selon la préfecture de police. L’un, syndical, s’est formé près de la gare du Nord avant de rejoindre la rue du Faubourg-Saint-Denis. Un autre, composé de lycéens, a débuté rue de Rennes.
La préfecture avait annoncé 61 interpellations à 11 heures, principalement pour port d’armes ou de protections interdites. Son bilan atteignait 133 interpellations à Paris à 14 heures, notamment pour des regroupements en vue de commettre des violences ou des dégradations. Des canons à eau ont été déployés. Selon l’entourage du ministère de l’Intérieur, plusieurs cortèges cherchaient à se diriger vers des lieux de pouvoir, ce qui a conduit les forces de l’ordre à intervenir pour sécuriser les sites institutionnels.

Des tensions dans plusieurs grandes villes
À Lyon, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place Bellecour, malgré l’interdiction du rassemblement par la préfecture. Le cortège était donné pour 20 000 personnes. Une antenne de l’office de tourisme a pris feu et des vitres de sa façade ont été brisées. La préfecture du Rhône a indiqué que les forces de l’ordre intervenaient pour disperser les groupes violents, tandis que les pompiers ne parvenaient pas à accéder au bâtiment. Un canon à eau a également été utilisé. Plus tôt, un groupe d’environ 40 personnes avait été dispersé près d’un pont sur le Rhône après une tentative d’entrave à la circulation ; une dizaine d’autres personnes l’ont été près de la raffinerie de Feyzin.
À Marseille, une trentaine de personnes ont tenté d’accéder à la gare et ont été repoussées à l’aide de gaz lacrymogène, selon la préfecture de police. Un commissariat de police municipale a également été dégradé en marge de regroupements non déclarés. Le matin, une cinquantaine de Gilets jaunes s’étaient réunis dans le quartier de l’Estaque ; une manifestation était prévue dans l’après-midi sur le Vieux-Port.
À Rennes, des blocages ont commencé à 7 h 45 sur la rocade, près de la porte de Villejean et de l’université Rennes 2. Des barricades en feu ont été signalées. Une seconde action a eu lieu peu avant 9 heures, vers la rue de Lorient, où des jets de projectiles en direction des forces de l’ordre ont été rapportés par la préfecture. À la mi-journée, celle-ci comptabilisait 17 interpellations. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés à Cleunay, après des jets de pavés. Le cortège rassemblait alors environ 10 000 personnes, tandis que la circulation était fortement perturbée à l’ouest de la ville.
À Bordeaux, des affrontements entre des individus radicaux et les forces de l’ordre ont éclaté dans le centre, autour de la place de la Bourse. Des projectiles ont été lancés et des grenades lacrymogènes tirées, selon des journalistes de l’AFP. Des personnes sont entrées dans les locaux de la chambre de commerce et d’industrie ; des manifestants se sont aussi battus entre eux.
Blocages et rassemblements ailleurs en France
En Charente, près de 4 000 personnes s’étaient mobilisées à Angoulême dans la matinée. Dans l’après-midi, la préfecture a fermé une portion de la RN10 entre le secteur des Bergailles et l’échangeur avec la RN141 à Saint-Yrieix-sur-Charente, en raison des perturbations. À La Rochelle, entre 2 000 et 3 000 manifestants ont marché vers la rocade, en direction du pont de l’île de Ré. Saint-Nazaire a rassemblé près de 2 000 personnes, notamment des Gilets jaunes, des syndicats et des membres d’un collectif de sans-papiers.
Près du Mans, une quarantaine de militants ont organisé une opération de péage gratuit sur l’A11 ; une barrière a été démontée. À Tours, plusieurs milliers de personnes se sont réunies place Velpeau. Des manifestants ont occupé une station-service et bloqué l’A10 à la sortie Tours-centre avant de quitter l’autoroute vers 12 h 45. À Belfort, environ 300 personnes se sont rassemblées place Corbis contre la vie chère. À Poitiers, une vingtaine de personnes ont bloqué le campus de Sciences Po dans la matinée.
Des perturbations et des dégradations ont également été signalées près de Grenoble, où l’A480 a été bloquée et une entrée ainsi qu’une sortie de ville fermées. À Avignon, une intrusion dans la cour de la préfecture de Vaucluse a été rapportée. À Montpellier, la préfecture estimait entre 12 000 et 17 000 le nombre de personnes présentes dans le centre-ville et signalait la présence de manifestants cagoulés munis de mortiers et de matériel pouvant servir d’armes.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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