Le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, a prêté serment en tant que président vendredi 10 avril, cinq ans après un coup d’État qui a plongé le pays dans la guerre civile. Alors chef des forces armées, Min Aung Hlaing a renversé en 2021 le gouvernement élu de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, emprisonnée depuis. 

Publié le :




2 min Temps de lecture

Le chef de la junte a prêté serment ce vendredi lors d’une cérémonie solennelle au Parlement, détenu à près de 90 % par le bloc pro-militaire. L’accession du général Min Aung Hlaing à la présidence du pays s’inscrit dans une longue tradition de mainmise des militaires, qui remonte quasiment à l’indépendance du pays en 1948.

Après cinq ans de pouvoir autoritaire à la faveur d’un coup d’État qui a plongé la Birmanie dans le chaos, le dirigeant Min Aung Hlaing rempile pour cinq années de plus. Il dirigera cette fois-ci le pays – déchiré par une guerre civile – en tant que président, troquant son uniforme de plus haut gradé de l’armée et de chef de la junte pour un costume civil.

À lire aussiBirmanie: Min Aung Hlaing, un président-militaire en quête de légitimité

Quels sont les défis qui l’attendent ? 

Le parcours de Min Aung Hlaing a été soigneusement orchestré. Il fait suite à la victoire écrasante de son parti de l’Union, de la solidarité et du développement, lors des législatives organisées de la fin décembre à la fin janvier, un scrutin qualifié de « mascarade » par une majorité de la communauté internationale, car il était destiné à perpétuer le pouvoir militaire sous un vernis de démocratie.

Plus des deux tiers des 30 ministres du nouveau gouvernement qui ont également prêté serment ce vendredi sont des militaires retraités ou encore en service, dont une dizaine sont visés par des sanctions internationales.

Dans un pays en proie à la guerre civile depuis près de cinq ans, Min Aung Hlaing s’est solennellement engagé lors de sa prestation de serment à « continuer à faire prospérer les principes éternels de justice, de liberté et d’égalité », et à relever des défis complexes, à savoir en finir avec son isolement international, notamment en réintégrant pleinement l’Asean, le bloc des nations d’Asie du Sud-Est, et en favorisant le retour des investisseurs étrangers. 

À lire aussiBirmanie: les ambitions royales du chef de la junte Min Aung Hlaing, prochain président

Min Aung Hlaing : Le Président en Costume Civil d’un État en Ruines

Cinq ans après un coup d’État sanglant, le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, se pare d’un costume civil pour prêter serment en tant que président, tout en promettant justice et liberté dans un pays ravagé par la guerre civile.

Le 10 avril 2026, Min Aung Hlaing a officiellement pris ses fonctions de président de la Birmanie, après avoir orchestré un coup d’État en 2021 qui a renversé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, actuellement derrière les barreaux. Ce changement de titre, du général à président, n’est rien de moins qu’un habile tour de passe-passe, un changement de façade pour un régime qui a toujours eu la mainmise sur le pays depuis son indépendance en 1948.

Ce qui se passe réellement

Lors d’une cérémonie solennelle au Parlement, où près de 90 % des sièges sont occupés par des membres pro-militaires, Min Aung Hlaing a prêté serment. Son accession à la présidence s’inscrit dans une tradition militaire bien ancrée, et il semble que le général soit bien décidé à continuer sur cette voie. Après cinq ans de pouvoir autoritaire, il rempile pour cinq années supplémentaires, troquant son uniforme pour un costume civil, comme si cela suffisait à masquer les atrocités commises sous son règne.

Le scrutin qui a précédé sa prise de fonction, qualifié de « mascarade » par la communauté internationale, a vu son parti, l’Union de la solidarité et du développement, remporter une victoire écrasante. Plus des deux tiers des 30 ministres qui ont prêté serment avec lui sont des militaires, certains sous le coup de sanctions internationales. Un véritable festival de la démocratie, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

Min Aung Hlaing a promis de « faire prospérer les principes éternels de justice, de liberté et d’égalité », tout en dirigeant un pays en proie à une guerre civile depuis près de cinq ans. La contradiction est si flagrante qu’elle en devient presque comique. Comment peut-on prôner la liberté tout en maintenant un régime autoritaire ? Cela rappelle les discours politiques de certains dirigeants autocrates, qui jonglent avec les mots comme d’autres jonglent avec des balles, sans jamais vraiment toucher à la réalité.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette mascarade sont désastreuses. La Birmanie continue de s’enfoncer dans le chaos, tandis que Min Aung Hlaing rêve de réintégrer l’ASEAN et d’attirer des investisseurs étrangers. Mais qui voudrait investir dans un pays où la guerre civile est devenue la norme ?

Lecture satirique

Le discours de Min Aung Hlaing est un parfait exemple de l’ironie politique. Il promet de mettre fin à l’isolement international tout en étant le chef d’une junte qui a emprisonné des milliers de dissidents. C’est un peu comme si un pyromane promettait de devenir pompier. La déconnexion entre ses promesses et la réalité est si grande qu’on pourrait en faire une comédie.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis et en Russie, où les dirigeants utilisent des discours de liberté pour justifier des actions répressives. La Birmanie n’est qu’un reflet de ces politiques, un miroir déformant qui nous rappelle que la lutte pour la démocratie est loin d’être gagnée.

À quoi s’attendre

Les années à venir s’annoncent sombres pour la Birmanie. Avec un président qui semble plus intéressé par la pérennité de son pouvoir que par le bien-être de son peuple, il est peu probable que la situation s’améliore. Les promesses de Min Aung Hlaing ne sont rien d’autre que des mots vides, et les Birmans devront continuer à lutter pour leur liberté.

Sources

Source : www.rfi.fr

Birmanie: le chef de la junte Min Aung Hlaing prête serment en tant que président
Visuel — Source : www.rfi.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire