Aller au contenu
Santé

Microbes : pourquoi ils ne sont pas tous des ennemis de notre santé

Les microbes ne sont pas tous des ennemis : certains participent au fonctionnement de l’organisme, tandis que d’autres peuvent provoquer des infections. Les données sur le microbiote et les allergies invitent à éviter les excès de désinfection, sans renoncer aux gestes qui préviennent la transmission des maladies.

Close-up of bacterial colonies in a Petri dish under a microscope in a lab setting.
Wassily Kandark · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Ce que l’on sait : les microbes ne se valent pas

Overhead view of cutout paper composition representing forbidding symbol and different bacteria on green background
Monstera Production · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Le mot « microbe » désigne différents organismes ou agents microscopiques, notamment des bactéries, des champignons et des virus. Certains vivent habituellement sur la peau ou dans l’intestin sans causer de maladie ; d’autres sont pathogènes. Le microbiote désigne l’ensemble des micro-organismes présents dans un milieu donné, comme l’intestin. Il n’est pas synonyme de « microbes bénéfiques » : sa composition varie selon les personnes et les zones du corps.

Les bactéries qui vivent avec nous ne sont pas dix fois plus nombreuses que nos cellules, contrairement à une estimation souvent répétée. Une réévaluation publiée en 2016 estimait que leur nombre est plutôt du même ordre de grandeur, avec des variations d’une personne à l’autre. Il s’agit d’une estimation, pas d’un décompte direct de chaque cellule. Les auteurs de cette étude soulignent eux-mêmes que les chiffres dépendent des hypothèses et des méthodes retenues.

Notre histoire évolutive porte aussi des traces d’anciens virus. Environ 8 % du génome humain est constitué de séquences issues de rétrovirus intégrés au cours de l’évolution. Certaines ont été réutilisées par l’organisme ; des protéines d’origine rétrovirale participent notamment à la formation du placenta. Cela ne signifie pas que les virus actuels sont inoffensifs : ces séquences anciennes sont intégrées au génome et ne se comportent pas comme une infection virale en cours. Des travaux scientifiques sur les rétrovirus endogènes décrivent ce rôle biologique.

Ce que montrent les données sur microbes et allergies

Des études menées auprès d’enfants vivant dans des environnements agricoles ont observé une association entre certaines expositions microbiennes et une fréquence plus faible de l’asthme ou des allergies. Une méta-analyse publiée en 2012 a rassemblé 39 études, mais les résultats variaient selon les travaux et les définitions utilisées. Ces observations ne démontrent pas que s’exposer volontairement à des microbes protège un enfant : d’autres facteurs liés au mode de vie, à l’environnement ou à la famille peuvent intervenir. La méta-analyse est consultable sur PubMed.

La naissance par césarienne a également été associée dans certaines études à des différences de microbiote et à certains problèmes de santé ultérieurs. Une association ne permet pas, à elle seule, de conclure que le mode d’accouchement en est la cause. Le « vaginal seeding », qui consiste à appliquer des sécrétions vaginales sur un nouveau-né né par césarienne, n’est pas une méthode à réaliser de sa propre initiative. L’American College of Obstetricians and Gynecologists ne le recommande pas en dehors d’un protocole de recherche approuvé, faute de données suffisantes sur ses bénéfices et sa sécurité.

Ce que cela signifie concrètement

Il n’est pas nécessaire de chercher à rendre son logement stérile. Le nettoyage courant suffit généralement à l’entretien domestique ; la désinfection peut être utile dans des situations particulières, par exemple selon les consignes sanitaires applicables ou après une contamination. En revanche, l’hygiène des mains reste un moyen important de limiter la transmission de nombreuses infections.

L’Organisation mondiale de la Santé recommande de se laver les mains à l’eau et au savon, notamment avant de préparer ou de prendre un repas, après être allé aux toilettes et après s’être mouché ou avoir toussé. Quand les mains ne sont pas visiblement sales, une solution hydroalcoolique contenant au moins 60 % d’alcool peut être une alternative. En période d’épidémie ou face à une situation particulière, les recommandations des autorités sanitaires priment.

Les limites à connaître

Dire que « l’excès d’hygiène » explique les allergies serait trop simplificateur : les maladies allergiques ont plusieurs causes, et les mécanismes reliant environnement, microbiote et immunité restent étudiés. Les observations faites à la ferme ne justifient ni de rechercher une exposition volontaire aux agents infectieux ni de négliger le lavage des mains. L’objectif est de prévenir les infections sans vouloir éliminer tous les micro-organismes de notre environnement.

Ces informations sont générales et ne constituent ni un diagnostic ni une prescription médicale personnalisée.


Source : Santé

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

Voir le profil et tous les articles
POUR APPROFONDIR

Articles liés à ce sujet

Articles de la même rubrique ou associés à cette localité. Il s’agit de contenus liés, pas nécessairement de comptes rendus du même événement.

Artia13 Music
Compte
Temps de lecture gratuit05:00