Laithidine Ben Saïd, maire de la commune mahoraise de Mtsamboro, est venu jusqu’au salon des maires du Gard, près d’Alès, pour témoigner de la lenteur de la reconstruction de son île sinistrée.

Il a pris l’avion pour une visite éclair. À la demande de plusieurs élus mobilisés pour Mayotte (lire ci-dessous), Laithidine Ben Saïd, maire de la commune mahoraise de Mtsamboro et secrétaire général de l’association des maires de Mayotte, est venu depuis son île pour témoigner au salon des maires du Gard, qui s’est tenu ce jeudi 22 mai au parc des expositions d’Alès Agglo, à Méjannes-lès-Alès.

Symboliquement, l’élu mahorais a reçu 38 fontaines à eau filtrantes destinées pour les sinistrés du cyclone Chido. Une action portée, principalement, par l’ONG Unigaïa afin d’améliorer l’accès à l’eau potable.

« Les Mahorais sont résilients, mais jusqu’à quand ? »

Car, depuis le passage du cyclone Chido en décembre dernier, l’accès à l’eau reste, parmi beaucoup d’autres, une problématique cruciale sur l’île. « On traite toujours les urgences. Il y a parfois de l’eau qui coule du robinet, mais pas toujours. Mais le problème, c’est qu’elle n’est pas du tout potable. Même l’Agence régionale de santé n’arrête pas de le dire. »

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Comme sur le reste de l’île, sa commune, peuplée de 10 000 habitants, fait aussi face à l’absence de reconstruction des habitats : « La reconstruction, poursuit-il, on en parle tout le temps. Mais dans les faits, rien n’a commencé. Ça va trop lentement ! Certaines entreprises, mobilisées pour les premiers déblaiements, n’ont toujours pas été payées. » Côté énergie, « les maisons ont de l’électricité, mais l’éclairage public est défaillant, cela pose des problèmes graves d’insécurité ».

L’élu mahorais reconnaît cependant « les efforts » entrepris par l’État. Mais « ça va trop lentement, l’impatience gagne du terrain. Mayotte a une population très résiliente, mais jusqu’à quand ? Ils se sentaient abandonnés avant Chido, mais aujourd’hui, ce sentiment d’abandon est encore plus présent. »

Une soixantaine de fontaines pour les Mahorais

Lors du salon des maires ce jeudi 22 mai, Laithidine Ben Saïd a reçu de plusieurs élus, associations (dont les Soroptimists d’Alès) et de plusieurs entreprises du BTP alésien la confirmation de l’envoi groupé de 38 fontaines à eau pour son île. Une soixantaine, en tout, a été financée depuis le Gard, l’un des premiers départements solidaires sur ce projet porté par Unigaïa. L’association veut envoyer, au total, 1 000 de ces fontaines capables de filtrer facilement l’eau courante afin de la rendre consommable sans danger. Un système de filtres intégré permet d’enlever impuretés et bactéries.

Mayotte : Entre promesses et désespoir, le cri d’alarme d’un maire

Laithidine Ben Saïd, maire de Mtsamboro, dénonce la lenteur de la reconstruction de son île après le cyclone Chido, un exemple frappant de l’inefficacité des politiques publiques.

Le 22 mai, Laithidine Ben Saïd, maire de la commune mahoraise de Mtsamboro, a fait le voyage jusqu’au salon des maires du Gard, près d’Alès, pour témoigner de la situation désespérée de son île. Une visite éclair, mais ô combien symbolique, où il a reçu 38 fontaines à eau filtrantes, un geste louable de l’ONG Unigaïa pour améliorer l’accès à l’eau potable. Mais, comme souvent, la réalité est bien plus sombre que le vernis des bonnes intentions.

Ce qui se passe réellement

Depuis le passage du cyclone Chido en décembre dernier, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable casse-tête. « On traite toujours les urgences », explique Ben Saïd, « mais l’eau qui coule du robinet n’est pas potable. » L’Agence régionale de santé ne cesse de le répéter, mais qui l’écoute vraiment ? Dans une île où l’on parle de reconstruction, les mots semblent flotter dans l’air comme des promesses non tenues. « On en parle tout le temps, mais rien n’a commencé », déplore-t-il. Les entreprises mobilisées pour les premiers déblaiements attendent toujours leur paiement, et l’éclairage public, lui, reste défaillant, rendant la situation encore plus précaire.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est le contraste entre les discours politiques et la réalité sur le terrain. Les élus parlent de résilience, mais jusqu’à quand ? Les Mahorais se sentent abandonnés, un sentiment qui s’est amplifié depuis le cyclone. « Ils se sentaient abandonnés avant Chido, mais aujourd’hui, ce sentiment d’abandon est encore plus présent », souligne Ben Saïd. Une belle illustration de l’écart entre les promesses et la réalité.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : des milliers de Mahorais continuent de vivre dans des conditions précaires, sans accès à l’eau potable et avec des infrastructures en ruine. La lenteur de la reconstruction ne fait qu’aggraver un sentiment d’abandon déjà bien ancré.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir les politiques promettre monts et merveilles tout en laissant les habitants de Mayotte se débrouiller avec des fontaines à eau filtrantes. Comme si une poignée de fontaines pouvait compenser des mois d’inaction. « Les efforts » de l’État, comme les qualifie Ben Saïd, ressemblent davantage à une farce qu’à une véritable aide. Un peu comme si l’on offrait des mouchoirs à quelqu’un qui se noie.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques sont souvent déconnectés de la réalité. Les promesses de reconstruction et d’aide se heurtent à des murs d’indifférence et d’inefficacité. Les Mahorais, comme tant d’autres, méritent mieux que des paroles creuses.

À quoi s’attendre

Si la situation continue sur cette lancée, on peut s’attendre à une aggravation des tensions sociales. Les Mahorais, résilients mais à bout de nerfs, pourraient bien faire entendre leur voix d’une manière que les politiques ne sauraient ignorer.

Sources

Source : www.midilibre.fr

Le cri d’alarme d’un maire de Mayotte, cinq mois après le cyclone Chido
Visuel — Source : www.midilibre.fr
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