
Table Of Content
- Des produits locaux désormais importés
- « Un pack d’eau par famille, ce n’est pas suffisant »
- « La situation à l’hôpital est déplorable »
- « Depuis le cyclone, il ne pleut quasiment pas »
- Les mesures prises par la préfecture de Mayotte pour le ramadan
- Ce qui se passe réellement
- « Un pack d’eau par famille, ce n’est pas suffisant »
- « La situation à l’hôpital est déplorable »
- « Depuis le cyclone, il ne pleut quasiment pas »
- Les mesures prises par la préfecture de Mayotte pour le ramadan
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Plus de deux mois après le passage du cyclone Chido à Mayotte, la situation demeure critique avec des pénuries de bouteilles d’eau et de médicaments. Entre sentiment d’incertitude et climat de frustration, les Mahorais redoutent le pire.
Plus de deux mois après le passage du cyclone Chido à Mayotte, qui a fait 40 morts et 40 disparus selon les chiffres officiels, la situation « s’établit petit à petit », explique le géographe spécialiste de l’île, Fahad Idaroussi Tsimanda.
Des produits locaux désormais importés
Le 14 décembre dernier, Chido a tout dévasté sur l’île. Un mois plus tard, la tempête Dikeledi a causé de lourdes inondations, anéantissant les terres agricoles et contraignant les autorités à se tourner vers les importations.
Bien que certains signes de reprise soient visibles, tels que l’apparition de fruits et légumes locaux comme la salade, le concombre et la pastèque, les pénuries persistent, amplifiées par la demande accrue durant le ramadan qui a débuté ce 1er mars.
Fahad Idaroussi Tsimanda note que les tensions sont particulièrement marquées, notamment pour des produits de base comme les bananes et le manioc, qui poussent habituellement sur l’île mais qui doivent maintenant être importés : « Dans la commune de Mtsangamouji, vendredi, des habitants ont attendu de très longues heures devant un conteneur de bananes, pour finalement repartir bredouilles à minuit », explique-t-il.
« Un pack d’eau par famille, ce n’est pas suffisant »
Plus encore que les denrées, l’eau en bouteille se fait rare sur l’île. En dépit de l’arrivée d’aides et de distributions ponctuelles, le manque d’approvisionnement reste flagrant. « C’est une catastrophe, je ne trouve même pas de bouteilles d’eau dans les grandes surfaces. Nous buvons essentiellement de l’eau gazeuse en ce moment », déplore Marie*, médecin dans un dispensaire de Mayotte.
La pénurie est telle que, dans certains magasins, les familles sont limitées à un pack d’eau. « Ici, une famille, c’est 5 à 6 personnes, et un adulte consomme plus d’un litre d’eau par jour, souligne Fahad Idaroussi Tsimanda. Un pack d’eau par famille, ce n’est pas suffisant ».
Certains « passe-droits » accordés dans l’attribution des stocks d’eau alimentent la frustration renforcent encore un peu plus le climat de mécontentement général : « C’est vrai que certaines personnes arrivent à avoir des packs d’eau supplémentaires grâce à des contacts, ce qui énerve certains, comme moi. Mais la réalité, c’est qu’il n’y a tout simplement pas assez d’eau pour tout le monde », avance Marie.
« La situation à l’hôpital est déplorable »
Le personnel médical se trouve également dans une situation de pénurie alarmante. « Ce matin, je n’ai pas pu faire de prise de sang à mes patients, car nous manquions d’aiguilles », confie Marie*.
Le manque de matériel médical et d’antibiotiques aggrave les conditions de soins, alors même que des épidémies comme la fièvre typhoïde se propagent. Les hôpitaux sont au bord du gouffre, et la fermeture des structures de campagne n’a fait qu’empirer les choses. « La situation à l’hôpital est déplorable. Nous n’avons même plus d’azithromycine pour traiter les malades », alerte Marie.
« Depuis le cyclone, il ne pleut quasiment pas »
Et les perspectives pour les prochains mois sont inquiétantes. Comme le souligne Fahad Idaroussi Tsimanda, « la situation va s’aggraver dans les robinets d’ici juillet-août et je suis très sceptique pour le futur. Les réserves d’eau actuelles ne suffiront pas. À ce rythme, la préfecture sera obligée de prendre des mesures beaucoup plus drastiques d’ici l’été. »
Le cyclone Chido, qui n’a pas apporté de pluies significatives contrairement au cyclone Garance à La Réunion, a exacerbé une situation déjà fragile. L’île, qui dépend largement de l’agriculture vivrière, se retrouve désormais dans une impasse, avec des conditions de vie de plus en plus difficiles. « Depuis le cyclone, il ne pleut quasiment pas. Il fait très chaud, et en cette période de Ramadan, on doit se contenter de ce qu’on trouve », conclut le géographe.
Les mesures prises par la préfecture de Mayotte pour le ramadan
Dans le cadre du mois de ramadan, la préfecture de Mayotte a mis en place plusieurs mesures pour répondre à la demande croissante et contrôler les prix.
La principale concerne l’eau en bouteille : pour éviter les abus des commerçants, le prix de l’eau est désormais plafonné dans les magasins de plus de 400 m². Ainsi, une bouteille d’1,5 L est fixée à 1,45 € et une bouteille de 0,5 L à 0,75 €. Les commerçants ne respectant pas ces tarifs risquent des amendes de 1 500 à 7 500 euros. Malgré un import d’eau inchangé, la forte demande réduit rapidement les stocks, d’où l’appel à la modération de la part des habitants qui doivent gérer leur consommation et éviter les achats excessifs.
Les grandes surfaces ont désormais l’autorisation de vendre de l’eau embouteillée non étiquetée en français, à condition d’afficher les informations essentielles, telles que la provenance et la composition.
Concernant les denrées alimentaires, et plus particulièrement les fruits et légumes, la situation reste difficile depuis le passage du cyclone Chido. Pour y remédier, la préfecture a prolongé jusqu’au 31 juillet 2025 un arrêté élargissant les conditions d’importation de végétaux et semences depuis La Réunion et la zone de l’Océan Indien.
Cette mesure vise à garantir un approvisionnement minimal en fruits et légumes pendant le mois de ramadan. L’arrêté autorisant les particuliers à importer des végétaux dans leurs bagages (en cabine ou en soute) demeure en vigueur jusqu’à fin avril. Ces végétaux doivent être lavés, placés dans des récipients étanches et leur transport doit être déclaré sur le site du gouvernement.
Le port de Longoni, afin de faciliter l’approvisionnement, a également élargi ses horaires d’ouverture, de 6h30 à 15h, y compris les week-ends de mars.
Mayotte : Entre pénurie d’eau et promesses creuses, le cyclone Chido a laissé des traces indélébiles
Plus de deux mois après le cyclone Chido, les Mahorais se battent pour de l’eau et des médicaments, tandis que les autorités semblent jouer à cache-cache avec la réalité.
Plus de deux mois après le passage du cyclone Chido à Mayotte, qui a fait 40 morts et 40 disparus selon les chiffres officiels, la situation « s’établit petit à petit », explique le géographe spécialiste de l’île, Fahad Idaroussi Tsimanda. Mais à quel prix ?
Ce qui se passe réellement
Le 14 décembre dernier, Chido a tout dévasté sur l’île. Un mois plus tard, la tempête Dikeledi a causé de lourdes inondations, anéantissant les terres agricoles et contraignant les autorités à se tourner vers les importations. Bien que certains signes de reprise soient visibles, comme l’apparition de fruits et légumes locaux, les pénuries persistent, amplifiées par la demande accrue durant le ramadan qui a débuté ce 1er mars.
Fahad Idaroussi Tsimanda note que les tensions sont particulièrement marquées pour des produits de base comme les bananes et le manioc, qui doivent maintenant être importés : « Dans la commune de Mtsangamouji, vendredi, des habitants ont attendu de très longues heures devant un conteneur de bananes, pour finalement repartir bredouilles à minuit », explique-t-il.
« Un pack d’eau par famille, ce n’est pas suffisant »
Plus encore que les denrées, l’eau en bouteille se fait rare sur l’île. En dépit de l’arrivée d’aides et de distributions ponctuelles, le manque d’approvisionnement reste flagrant. « C’est une catastrophe, je ne trouve même pas de bouteilles d’eau dans les grandes surfaces. Nous buvons essentiellement de l’eau gazeuse en ce moment », déplore Marie*, médecin dans un dispensaire de Mayotte.
La pénurie est telle que, dans certains magasins, les familles sont limitées à un pack d’eau. « Ici, une famille, c’est 5 à 6 personnes, et un adulte consomme plus d’un litre d’eau par jour, » souligne Fahad Idaroussi Tsimanda. Un pack d’eau par famille, ce n’est pas suffisant. » Les « passe-droits » dans l’attribution des stocks d’eau alimentent la frustration : « C’est vrai que certaines personnes arrivent à avoir des packs d’eau supplémentaires grâce à des contacts, ce qui énerve certains, comme moi. Mais la réalité, c’est qu’il n’y a tout simplement pas assez d’eau pour tout le monde », avance Marie.
« La situation à l’hôpital est déplorable »
Le personnel médical se trouve également dans une situation de pénurie alarmante. « Ce matin, je n’ai pas pu faire de prise de sang à mes patients, car nous manquions d’aiguilles », confie Marie*. Le manque de matériel médical et d’antibiotiques aggrave les conditions de soins, alors même que des épidémies comme la fièvre typhoïde se propagent. « La situation à l’hôpital est déplorable. Nous n’avons même plus d’azithromycine pour traiter les malades », alerte Marie.
« Depuis le cyclone, il ne pleut quasiment pas »
Et les perspectives pour les prochains mois sont inquiétantes. Comme le souligne Fahad Idaroussi Tsimanda, « la situation va s’aggraver dans les robinets d’ici juillet-août et je suis très sceptique pour le futur. Les réserves d’eau actuelles ne suffiront pas. À ce rythme, la préfecture sera obligée de prendre des mesures beaucoup plus drastiques d’ici l’été. »
Le cyclone Chido, qui n’a pas apporté de pluies significatives contrairement au cyclone Garance à La Réunion, a exacerbé une situation déjà fragile. « Depuis le cyclone, il ne pleut quasiment pas. Il fait très chaud, et en cette période de Ramadan, on doit se contenter de ce qu’on trouve », conclut le géographe.
Les mesures prises par la préfecture de Mayotte pour le ramadan
Dans le cadre du mois de ramadan, la préfecture de Mayotte a mis en place plusieurs mesures pour répondre à la demande croissante et contrôler les prix. La principale concerne l’eau en bouteille : pour éviter les abus des commerçants, le prix de l’eau est désormais plafonné dans les magasins de plus de 400 m². Ainsi, une bouteille d’1,5 L est fixée à 1,45 € et une bouteille de 0,5 L à 0,75 €. Les commerçants ne respectant pas ces tarifs risquent des amendes de 1 500 à 7 500 euros.
Concernant les denrées alimentaires, la situation reste difficile depuis le passage du cyclone Chido. Pour y remédier, la préfecture a prolongé jusqu’au 31 juillet 2025 un arrêté élargissant les conditions d’importation de végétaux et semences depuis La Réunion et la zone de l’Océan Indien.
Pourquoi cela dérange
Les promesses de rétablissement se heurtent à une réalité accablante. Les mesures prises, bien que louables sur le papier, semblent plus destinées à apaiser les esprits qu’à résoudre les véritables problèmes. La gestion des ressources en eau est une farce tragique, où l’on plafonne les prix sans garantir l’approvisionnement.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : des familles se battent pour des packs d’eau, des hôpitaux manquent de matériel vital, et la population vit dans l’incertitude. La situation est devenue une véritable course contre la montre pour survivre.
Lecture satirique
Le discours politique, plein de promesses et de bonnes intentions, se heurte à une réalité cruelle. Pendant que les autorités se congratulent sur leurs « mesures efficaces », les Mahorais se battent pour un peu d’eau. Une ironie amère, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les promesses de prospérité se transforment en pénuries. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques déconnectés de la réalité sont monnaie courante. Mayotte n’est qu’un microcosme de ces dérives.
À quoi s’attendre
Les mois à venir s’annoncent sombres. Si les mesures actuelles ne portent pas leurs fruits, les Mahorais pourraient devoir faire face à des restrictions encore plus sévères. La préfecture devra agir, mais à quel prix ?
Sources




