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À Marseille, il y a un mois, un vaste coup de filet contre l’organisation criminelle a entraîné la mise en examen de 26 suspects. Parmi eux, neuf femmes. Les journalistes de France Télévisions ont mené l’enquête sur leur profil et leur rôle au sein du narcotrafic.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Le 14 mars dernier à Marseille, neuf femmes ont été interpellées au cœur de la puissante DZ Mafia. Elles sont de plus en plus présentes dans le narcotrafic. Nous avons réussi à rencontrer certaines de ces jeunes femmes, des petites mains ou encore des têtes de réseau. Pour la première fois, elles ont accepté de témoigner.

Marie, 23 ans, a été recrutée sur Internet, sans emploi, seule avec un bébé. Elle va basculer dans le trafic de drogue. « J’étais tellement dans une situation de précarité, je le faisais pour avoir un paquet de couches d’avance, pour avoir suffisamment à manger dans mon frigo. J’ai contacté la personne sur Snapchat, je lui ai indiqué que j’avais une résidence sécurisée, que j’étais déterminée. Quinze minutes après, ils m’ont proposé de venir chez moi directement. Ils m’ont posé beaucoup de questions, comme une sorte d’interrogatoire, et le lendemain, ils ont ramené 40 kilos de cannabis chez moi », raconte-t-elle.

Pour 1 000 euros par mois, elle doit se charger des stocks et des livraisons. Interpellée quelques semaines plus tard, Marie attend aujourd’hui son procès et se bat pour récupérer la garde de son enfant. « Les conséquences sont à tous les niveaux, sur tous les plans. Je ne vois pas mon fils tous les jours, comme n’importe quelle maman qui l’emmènerait à l’école », poursuit-elle.

Selon cette Maître Sarah Nabet-Claverie, avocate pénaliste, les femmes sont devenues des proies pour les narcotrafiquants qui voient en elles l’opportunité de gagner le marché des consommatrices de stupéfiants. « Il y a véritablement des réseaux qui ciblent les consommatrices femmes, qui ne veulent pas avoir affaire à des hommes quand elles consomment leurs produits stupéfiants, parce qu’en plus elles peuvent être un peu en état d’ébriété ou elles n’ont pas forcément envie d’amener un jeune homme chez elles, parce que ce sont des livraisons à domicile la plupart du temps, et donc il y a certains réseaux de femmes qui se sont développés pour les consommatrices », explique t’elle.

Pour faire leur place dans la guerre des territoires, certaines femmes n’hésitent pas à intégrer les organisations criminelles les plus dangereuses. Léa, 25 ans, est l’une d’elles. Après deux séjours en prison, elle gère toujours une vingtaine de livreuses de drogue à domicile. D’abord vendeuse de cannabis sur un point de deal, elle va ensuite convaincre un narcotrafiquant de créer avec elle un réseau exclusivement féminin.

« Au début, il ne voulait pas, il avait des a priori. Mais à la fin, il a vu qu’il y avait le roulement, que j’étais encore plus carrée qu’un homme. Et lui-même, à l’heure d’aujourd’hui, il me dit : « Je préfère travailler avec une femme qu’avec des hommes. Un homme, il va vouloir voler plus souvent, autant rester carré », avoue-t-elle. Elle affirme gagner jusqu’à 40 000 euros par mois. Et pour cela, Léa dit assumer tous les risques.

Comme lorsqu’elle s’est fait voler son stock de drogue, elle et ses vendeuses ont dû rendre des comptes aux fournisseurs. « Ils nous ont séquestrés pendant trois jours. On arrive dans une villa, c’est bâché, des kalachs de tous les côtés, ça va être des menaces, des gens qu’on brûle à l’acide, des clous dans les jambes. En gros, ils disent : « S’il n’y a pas tant de sous qui sortent maintenant, ça va être vous les prochains », se rappelle-t-elle.

Selon les policiers, aujourd’hui, c’est essentiellement par le biais des réseaux sociaux que les femmes gagnent du terrain dans le narcotrafic. « Dans le cadre de l’ubérisation du trafic de stupéfiants, où elles ont été un peu plus impliquées dans la préparation des commandes, mais aussi des livraisons. Elles ont continué ce genre de mission pour finalement aboutir à des missions un peu plus sanglantes », indique Dominique Abbenanti, inspecteur général et directeur zonal adjoint de la police judiciaire.

Ces deux dernières années en France, le nombre de femmes jugées dans des affaires liées au trafic de stupéfiants a été multiplié par trois.

Marseille : Quand la précarité pousse les femmes dans les bras de la DZ Mafia

À Marseille, la lutte contre le narcotrafic prend une tournure inattendue : neuf femmes interpellées, mais qui sont-elles vraiment ? Entre précarité et opportunisme, la réalité dépasse la fiction.

Ce qui se passe réellement

Le 14 mars dernier, un coup de filet à Marseille a conduit à la mise en examen de 26 suspects, dont neuf femmes, au cœur de la redoutable DZ Mafia. Les journalistes de France Télévisions ont enquêté sur ces femmes, révélant des parcours souvent tragiques. Marie, 23 ans, a été recrutée sur Internet, poussée par la précarité à devenir une petite main du narcotrafic. « Je le faisais pour avoir un paquet de couches d’avance », explique-t-elle, illustrant comment la misère peut mener à des choix désespérés.

Pour 1 000 euros par mois, elle gère les stocks et les livraisons, mais aujourd’hui, elle attend son procès, tout en luttant pour récupérer la garde de son enfant. « Les conséquences sont à tous les niveaux », déplore-t-elle.

Maître Sarah Nabet-Claverie, avocate pénaliste, souligne que ces femmes sont devenues des cibles pour les narcotrafiquants, qui voient en elles une opportunité d’accéder à un marché de consommatrices. « Il y a des réseaux qui ciblent les consommatrices femmes », explique-t-elle, révélant une stratégie cynique.

Léa, 25 ans, est un autre exemple. Après deux séjours en prison, elle gère un réseau exclusivement féminin de livreuses de drogue. « Je préfère travailler avec une femme qu’avec des hommes », avoue un narcotrafiquant, révélant ainsi une ironie cruelle : la criminalité devient un terrain de compétition où le genre joue un rôle inattendu.

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière une incohérence flagrante dans la lutte contre le narcotrafic. D’un côté, les autorités tentent de démanteler des réseaux criminels, de l’autre, elles ignorent les conditions socio-économiques qui poussent des femmes à s’engager dans ces activités. La promesse d’une vie meilleure se heurte à la réalité d’un système qui laisse les plus vulnérables à la merci de la criminalité.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette dynamique sont désastreuses. Le nombre de femmes jugées pour trafic de stupéfiants a triplé en deux ans en France. Cela soulève des questions sur l’efficacité des politiques de prévention et de réhabilitation. Au lieu de traiter les causes profondes, on se contente de réprimer les symptômes.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que les discours politiques promettent sécurité et prospérité, la réalité est tout autre. Les femmes, souvent perçues comme des victimes, deviennent des actrices d’un système qu’elles n’ont pas choisi. Les promesses de protection sociale se heurtent à la dure réalité de la précarité, laissant ces femmes dans une spirale infernale.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas unique à Marseille. Dans d’autres pays, comme les États-Unis ou la Russie, les politiques autoritaires exploitent également la vulnérabilité des populations. Les discours de fermeté face à la criminalité cachent souvent des dérives qui ne font qu’aggraver la situation des plus démunis.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une augmentation des femmes impliquées dans le narcotrafic, exacerbée par des politiques qui échouent à s’attaquer aux racines du problème. La précarité et l’absence de soutien social continueront de nourrir ce cycle vicieux.

Sources

Source : www.franceinfo.fr

DZ Mafia : enquête sur les femmes au cœur du narcotrafic – franceinfo
Visuel — Source : www.franceinfo.fr
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