Un beau week-end de Pâques ensoleillé. Des spectateurs et des élus endimanchés. Et deux conseils municipaux d’intronisation des maires Rassemblement national (RN) des 5e et 6e secteurs de Marseille qui se déroulent dans une ambiance apaisée. On était très loin, dimanche 5 avril, des violents remous qui, en 2014, ont accompagné l’élection, dans le 7e secteur, du maire Front national (l’ancien nom du RN) Stéphane Ravier. A l’époque, c’était une première pour l’extrême droite à Marseille.
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Douze ans plus tard, le RN a pris la main, en douceur, sur deux des huit secteurs de la ville. Soit quatre arrondissements (9e, 10e, 11e et 12e) représentant plus de 250 000 habitants et l’ensemble des quartiers est de la cité phocéenne. Eléonore Bez, 49 ans, conseillère régionale et métropolitaine, a été intronisée maire du 5e secteur. Olivier Rioult, 41 ans, collaborateur parlementaire, a été élu dans le 6e secteur. Deux scrutins joués d’avance, programmés huit jours après l’élection de Benoît Payan (divers gauche) à la mairie centrale et parallèlement à ceux des six autres conseils d’arrondissement, tous remportés par l’union de la gauche, le Printemps marseillais.
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Marseille : Le RN s’installe en douceur, mais à quel prix ?
Le Rassemblement National prend le contrôle de deux secteurs marseillais, un tournant qui soulève des interrogations sur la réalité de leurs promesses.
Un week-end de Pâques ensoleillé, des élus en habits de fête, et une ambiance apaisée lors de l’intronisation des maires RN des 5e et 6e secteurs de Marseille. Tout cela semble presque trop beau pour être vrai, surtout quand on se souvient des tensions qui avaient marqué l’élection de Stéphane Ravier en 2014. À l’époque, l’extrême droite faisait son entrée fracassante dans la cité phocéenne, mais aujourd’hui, c’est avec un sourire poli que le RN s’installe, comme si de rien n’était.
Ce qui se passe réellement
Douze ans après cette première, le RN a pris la main, en douceur, sur deux des huit secteurs de la ville, représentant plus de 250 000 habitants. Eléonore Bez et Olivier Rioult, respectivement maires des 5e et 6e secteurs, ont été élus sans surprise, dans un contexte où l’union de la gauche a remporté les six autres conseils d’arrondissement. Un scénario qui pourrait faire sourire, si ce n’était pas si inquiétant.
Pourquoi cela dérange
Ce qui est frappant, c’est l’ironie de la situation : le RN, qui prône une politique de fermeté et de rejet de l’autre, s’installe tranquillement, comme un invité surprise à un dîner de famille. Les promesses de sécurité et de prospérité semblent flotter dans l’air, mais la réalité est tout autre. Comment peut-on croire à un changement positif lorsque ceux qui prônent le changement sont les mêmes qui ont souvent été accusés de diviser ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette élection sont déjà visibles. Les quartiers est de Marseille, sous la coupe du RN, pourraient voir leurs politiques locales influencées par une vision ultraconservatrice. Les promesses de sécurité et de développement économique risquent de se heurter à la réalité des inégalités croissantes et des tensions sociales. Un cocktail explosif, en somme.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir ces nouveaux maires, vêtus de leurs plus beaux habits, prêcher la paix et l’harmonie, alors que leur parti a bâti sa réputation sur la division. La promesse d’un avenir radieux semble aussi crédible que celle d’un régime autoritaire promettant la liberté. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires observées ailleurs, que ce soit aux États-Unis ou en Russie. Là-bas aussi, des discours séduisants cachent souvent des réalités bien plus sombres. Les parallèles sont troublants : des promesses de grandeur nationale qui se traduisent par des politiques de division et de rejet de l’autre.
À quoi s’attendre
À l’avenir, on peut s’attendre à une montée des tensions dans ces secteurs, où les politiques du RN pourraient exacerber les inégalités et les conflits sociaux. Les Marseillais devront naviguer dans un paysage politique de plus en plus clivant, où la promesse de sécurité pourrait rapidement se transformer en un appel à la méfiance.
Sources




