Marseille : La « Prouesse Technologique » qui ne Fait que Gratter la Surface

Le port de Marseille se vante de pouvoir brancher trois paquebots à quai, mais cette avancée ne fait qu’effleurer le problème de la pollution maritime.

Le port de Marseille, premier port français de croisière, a récemment annoncé une « prouesse technologique » : la capacité de brancher simultanément trois grands navires de croisière au réseau électrique. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a même qualifié cette initiative de « première en France », promettant un tourisme de croisière plus respectueux de l’environnement. Mais derrière cette façade écolo, la réalité est bien plus nuancée.

Ce qui se passe réellement

Les trois paquebots pourront se connecter au réseau électrique lors de leur escale, recevant chacun 16 MW, l’équivalent de la consommation d’une ville de 13 000 habitants. Cependant, cette avancée ne réduit que 6% des émissions globales d’un bateau de croisière. En effet, la pollution reprend de plus belle dès que ces géants des mers quittent le port. Pour les riverains, l’électrification pourrait réduire de 28% les émissions d’oxyde d’azote, mais cela reste un maigre lot face à l’ampleur du problème.

Laurent Martens, délégué général d’Armateurs de France, souligne que les compagnies de croisière cherchent à améliorer leur image face à un rejet social croissant des gros bateaux. En d’autres termes, il s’agit moins d’une réelle volonté de protéger l’environnement que d’une stratégie de communication habile.

Pourquoi cela dérange

La promesse d’un tourisme de croisière « respectueux de l’environnement » est en réalité une façade. Le ministre Tabarot évoque la souveraineté énergétique à l’heure où la guerre au Moyen-Orient rappelle notre dépendance aux énergies fossiles. Pourtant, cette électrification est financée par l’UE, l’État et les collectivités locales, et coûte 210 millions d’euros. Pour quoi ? Pour permettre à ces navires de chauffer des piscines et refroidir des climatisations !

Ce que cela implique concrètement

Le coût d’équipement d’un bateau pour la connectivité électrique varie entre 500 000 et 1 million d’euros, et rien n’oblige les compagnies à se brancher plutôt qu’à utiliser le diesel, qu’elles obtiennent à tarif préférentiel. En somme, les compagnies de croisière peuvent continuer à polluer à moindre coût, tout en affichant une image verte.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques s’entrelacent avec des décisions qui semblent plus intéressées qu’altruistes. « Escale zéro fumée » ? Plus une promesse qu’une réalité. Pendant que l’on nous parle de souveraineté énergétique, on finance des projets qui profitent davantage à l’industrie du tourisme qu’à la planète. Comme si l’on pouvait acheter une conscience écologique avec un branchement électrique !

Effet miroir international

À l’étranger, des pays comme les États-Unis et la Russie affichent des politiques autoritaires tout en prônant des discours de souveraineté. Marseille, avec son « branchement électrique », semble suivre cette tendance : une belle vitrine pour masquer une réalité bien moins reluisante.

À quoi s’attendre

Si l’on se fie aux tendances actuelles, il est probable que cette initiative ne soit qu’un coup d’épée dans l’eau. Les compagnies de croisière continueront à privilégier le diesel tant que cela reste économiquement avantageux. La promesse d’un avenir plus vert pourrait bien rester lettre morte, à moins que des mesures plus contraignantes ne soient mises en place.

Sources

Source : information.tv5monde.com

Visuel — Source : information.tv5monde.com
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