Marseille : La Croisière S’amuse… Écologiquement ?
Le port de Marseille se vante d’une « première en France » avec un branchement électrique pour paquebots, mais la réalité est moins reluisante qu’il n’y paraît.
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Ce week-end, le ministre des Transports a inauguré un dispositif qui permet à trois grands navires de croisière de se brancher au réseau électrique en même temps. Une « prouesse technologique », dit-on, qui, en réalité, ne fait qu’effleurer la surface d’un problème bien plus profond : la pollution générée par ces géants des mers. L’objectif affiché ? Rendre le tourisme de croisière « plus respectueux de l’environnement ». Mais à quel prix ?
Ce qui se passe réellement
À Marseille, premier port français de croisière, trois paquebots peuvent désormais se connecter au réseau électrique lors de leur escale, recevant chacun 16 MW, l’équivalent de l’énergie nécessaire pour alimenter une ville de 13 000 habitants. L’énergie est à 100% renouvelable, mais cela ne supprime qu’une infime partie de la pollution. Selon Fanny Pointet, spécialiste du transport maritime, le branchement à quai ne réduit que 6% des émissions globales d’un bateau de croisière. Une avancée, certes, mais qui laisse perplexe.
Améliorer l’image des navires de croisière
Les compagnies de croisière, conscientes du rejet social envers leurs « monstres polluants », voient dans ce branchement une opportunité de redorer leur blason. Philippe Tabarot, ministre des Transports, évoque même une question de souveraineté énergétique, tout en ignorant que la plupart des émissions se produisent lors de l’entrée et de la sortie du port. Un bel exemple de greenwashing, où l’image prime sur l’efficacité réelle.
Une infime partie de la pollution éliminée
Pour les riverains, l’électrification pourrait réduire de 28% les émissions d’oxyde d’azote, mais cela reste à prouver. Damien Piga d’AtmoSud souligne qu’il faudra surveiller l’utilisation effective de ce raccordement. En attendant, rien n’oblige les compagnies à se brancher plutôt qu’à utiliser le diesel, qu’elles obtiennent à tarif préférentiel. Une situation qui soulève des questions sur l’utilisation de l’argent public, censé être investi dans des solutions durables.
Pourquoi cela dérange
Cette initiative, bien que présentée comme une avancée, ne fait que masquer les véritables enjeux de la pollution maritime. Les promesses de réduction des émissions sont largement contredites par la réalité des chiffres. On se demande si l’argent public devrait vraiment financer des infrastructures qui profitent à des entreprises privées, alors que la priorité devrait être donnée à des solutions réellement durables.
Lecture satirique
Le discours politique autour de cette initiative est un parfait exemple de décalage entre promesses et réalité. On nous parle de souveraineté énergétique, mais on continue à dépendre de l’industrie des croisières, qui, rappelons-le, génère des millions de tonnes de pollution chaque année. La situation est d’autant plus ironique que, pendant que les ministres vantent les mérites de l’électrification, les navires continuent de cracher leurs fumées noires dans l’atmosphère.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les discours des gouvernements autoritaires qui prétendent agir pour l’environnement tout en poursuivant des politiques destructrices. Les promesses de transition énergétique se heurtent souvent à la réalité d’intérêts économiques bien ancrés, que ce soit en Europe ou ailleurs.
À quoi s’attendre
Si cette initiative ne s’accompagne pas de mesures contraignantes, on peut s’attendre à ce que les compagnies continuent à privilégier le diesel. La question de la pollution maritime reste donc ouverte, et il est impératif que les citoyens restent vigilants face à ces promesses qui, pour l’instant, ne sont que des mots.



