Mariage : le devoir conjugal, un concept à la mode… ou pas ?
Le Sénat a enfin décidé de clarifier que le mariage ne rime pas avec « devoir conjugal », une avancée qui pourrait prévenir de futurs viols conjugaux. Mais est-ce vraiment suffisant ?
Table Of Content
Le 5 octobre, le Sénat a adopté une proposition de loi visant à lever une ambiguïté juridique sur le devoir conjugal. Oui, vous avez bien entendu : il a fallu une loi pour rappeler que le mariage ne donne pas droit à un accès illimité aux relations sexuelles. La droite, visiblement préoccupée par la rédaction, s’est abstenue, comme si le fait de devoir légiférer sur le consentement était un détail sans importance.
Ce qui se passe réellement
La proposition de loi, portée par les députés Marie-Charlotte Garin (Ecologiste) et Paul Christophe (Horizons), a été adoptée à 209 voix contre 2. Ce texte vise à mettre fin à une interprétation du code civil qui considérait la « communauté de vie » comme un devoir conjugal. En d’autres termes, des divorces pour faute ont été prononcés parce qu’un époux avait cessé d’avoir des relations sexuelles, ce qui a conduit la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à condamner la France en 2025.
« Le mariage est une promesse de partage, d’amour, de respect. Mais il n’est jamais une autorisation, jamais une dette, jamais un droit d’accès », a déclaré Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes. Un beau discours, mais qui semble encore loin de la réalité pour certains.
Pourquoi cela dérange
Les débats au Sénat ont révélé des réticences, notamment de la droite, qui a jugé ce texte inutile. Muriel Jourda, présidente de la commission des Lois, a même suggéré que nous ne devrions pas rédiger le Code civil comme un « tract du Planning familial ». Un bel exemple de déconnexion entre les préoccupations réelles des citoyens et les discours politiques.
Ce que cela implique concrètement
Si le texte est définitivement adopté, il clarifiera que la « communauté de vie » ne crée aucune obligation pour les époux d’avoir des relations sexuelles. Cela pourrait avoir des conséquences directes sur la manière dont les divorces sont prononcés et sur la sensibilisation au consentement lors des cérémonies de mariage.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que la France se vante de ses avancées en matière de droits des femmes, il a fallu une loi pour rappeler que le mariage n’est pas un contrat de service sexuel. Les réticences de certains élus à aborder ce sujet montrent à quel point le chemin reste long avant d’atteindre une véritable égalité.
Effet miroir international
Pendant ce temps, aux États-Unis, des États adoptent des lois qui restreignent les droits reproductifs des femmes, tandis qu’en Russie, le régime continue de museler toute forme de dissidence. La France, avec ses débats sur le devoir conjugal, semble presque en retard sur ces dérives autoritaires.
À quoi s’attendre
Si la loi passe, il sera intéressant de voir si les maires, déjà réticents à lire ces nouveaux passages, vont vraiment s’engager dans une éducation au consentement lors des mariages. Une promesse de changement, mais qui reste à prouver sur le terrain.
Sources
Source : information.tv5monde.com



