Marathon des Sables : Quand la chaleur devient un défi… et une excuse

Chapeau : Le Marathon des Sables, célèbre épreuve de course à pied dans le désert marocain, célèbre ses 40 ans. Mais avec des températures atteignant 57 degrés, les organisateurs doivent jongler entre défi sportif et adaptation climatique.

Ce qui se passe réellement

C’est un nom qui fait rêver les amateurs de courses extrêmes : le Marathon des Sables, au Maroc. L’épreuve fête cette année ses 40 ans. Pour cette édition anniversaire du 3 au 13 avril, les organisateurs ont vu les choses en grand. Plus de 1 500 participants, dont un tiers de femmes, s’élancent sur un parcours rallongé : six étapes pour un total de 270 km à avaler dans le désert, le tout en autosuffisance alimentaire.

Cyril Gauthier, le nouveau patron de la course, n’est pas prêt d’oublier son premier Marathon des Sables en 2023. « Cette année-là, on est monté à 57 degrés, » se rappelle-t-il. « Au mois d’octobre, là où on doit avoir 35 degrés, il a fait 11 degrés et il s’est mis à pleuvoir. On a des variations auxquelles on doit s’adapter. »

Des « montées erratiques de températures »

Les organisateurs doivent adapter la prise en charge des participants qui enchaînent six étapes en sept jours, dont une de 100 km, puis un marathon et un semi-marathon pour conclure. « Notre plus gros souci aujourd’hui, ce sont les montées erratiques de températures, » détaille Cyril Gauthier. « On doit intervenir sur le parcours, c’est-à-dire avec de la glace à disposition sur tous les check-points et nos véhicules de secours. »

Un dispositif médical impressionnant accompagne les participants : 120 médecins et infirmiers, et même un container réfrigéré, une sorte d’hôpital de campagne, pour les prises en charge les plus urgentes. Nouveauté également : un troupeau de 40 dromadaires, une « camel squad » pour « être au plus près de chaque concurrent, » expliquent les organisateurs.

Pourquoi cela dérange

Le risque, avec ces températures élevées, c’est l’hyperthermie. Fabien Doguet, médecin sur la course et chirurgien cardiaque, souligne que « si les coureurs veulent courir à la même vitesse que d’habitude, leur température corporelle va augmenter. » L’hyperthermie peut être mortelle, ce qui rend la prévention cruciale.

Ce que cela implique concrètement

Face à l’augmentation des températures, les organisateurs n’auront d’autre choix que de changer les règles. « Il faudra sans doute revoir la saisonnalité : du mois d’avril, on passera peut-être à mars, peut-être en février, janvier ou décembre, » admet Cyril Gauthier. « Et puis, surtout, on adaptera les itinéraires. »

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment un événement aussi prestigieux que le Marathon des Sables se transforme en une vitrine des effets du changement climatique. Les coureurs, qui s’engagent dans cette épreuve, deviennent malgré eux des témoins des dérives climatiques. On pourrait presque penser que les organisateurs ont trouvé une excuse en béton pour justifier les changements de parcours : « Regardez, c’est pour votre sécurité! » Mais qui sait, peut-être que la prochaine édition se déroulera dans un centre commercial climatisé ?

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les discours des dirigeants politiques qui, face à la montée des températures, continuent de promettre des solutions tout en agissant comme si tout allait bien. Les promesses de transition énergétique se heurtent à la réalité des lobbys pétroliers, tout comme les coureurs du Marathon des Sables doivent jongler avec des températures de plus en plus extrêmes.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, il est probable que le Marathon des Sables devienne un événement d’hiver, ou peut-être même un simple souvenir dans les livres d’histoire. Les participants, tout en courant, devront se demander si le prix à payer pour arpenter les dunes sableuses du Maroc ne sera pas trop élevé.

Sources

Source : www.radiofrance.fr


Visuel — Source : www.radiofrance.fr

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