Israël : La peine de mort pour les Palestiniens, un pas de plus vers l’absurde

Une loi adoptée en Israël crée un tollé international, même parmi ses plus fervents soutiens. Un texte qui semble taillé sur mesure pour renforcer l’inégalité judiciaire.

La décision de trop ? Les dirigeants israéliens suscitent une large indignation ce mardi 31 mars après l’adoption d’une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Un texte taillé sur mesure pour ne s’appliquer qu’aux Palestiniens reconnus coupables d’attaques anti-israéliennes. Une belle manière de rappeler que la justice, dans ce cas, est sélective.

Ce qui se passe réellement

Parmi les réactions officielles, l’Union européenne déplore « un net recul », tandis que la France, avec l’Italie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, s’inquiète d’un projet susceptible de « remettre en cause les engagements d’Israël en matière de principes démocratiques ». Mais les réactions dépassent largement le cadre des chancelleries.

Dans l’Hexagone, les voix habituellement critiques à l’égard d’Israël et de sa politique au Moyen-Orient dénoncent sans surprise une « loi raciste. » Plus significatif, même les élus ou personnalités qui soutiennent l’État hébreu, presque de manière inconditionnelle depuis le 7 octobre 2023, expriment leur courroux.

« Une démocratie se mesure à sa capacité de juger sans tuer »

C’est le cas de Caroline Yadan, députée macroniste des Français de l’étranger, qui a récemment déposé une proposition de loi controversée visant à criminaliser les critiques de l’État israélien. Pour elle, Benjamin Netanyahu, qui a soutenu le texte aujourd’hui décrié, va désormais trop loin.

Ce mardi, Caroline Yadan appelle donc Israël à « renoncer d’urgence à ce texte de loi. » « La peine de mort n’est pas une justice. Elle est un aveu d’impuissance. Car la justice n’est pas faite pour tuer, mais pour juger. Pas pour se venger, mais pour protéger », écrit-elle sur les réseaux sociaux, en reprenant les mots de Robert Badinter, l’architecte de l’abolition de la peine capitale en France.

« Une démocratie se mesure à sa capacité de juger sans tuer. Parce qu’une justice qui tue n’est jamais plus forte. Elle est simplement plus dangereuse », plaide encore la parlementaire, à l’unisson de plusieurs figures médiatiques et de l’ensemble des forces de gauche, qui insistent sur le caractère discriminatoire d’un tel projet.

La gauche dénonce une « loi raciste »

Le député de La France insoumise Éric Coquerel a par exemple fustigé une « peine capitale raciste » sur les réseaux sociaux, puisque « pour des infractions similaires, les Palestiniens risqueront leur vie et les Israéliens la prison ». Son collègue Paul Vannier dénonce de son côté « un apartheid judiciaire », comme les responsables écologistes ou les communistes.

Dans ce contexte, la vague de critiques gagne également le Parti socialiste, formation d’ordinaire plus divisée que ses partenaires sur la dénonciation de la politique d’Israël. « Cette loi raciste du gouvernement d’extrême droite israélien n’est une surprise que pour ceux qui ont fermé les yeux ou couvert le génocide à Gaza et la colonisation continue de la Cisjordanie », cingle ainsi le premier secrétaire Olivier Faure.

Il est rejoint cette fois-ci par plusieurs de ses opposants, à l’image du député de l’Essonne Jérôme Guedj. « La décision honteuse et scandaleuse du Parlement israélien me révulse », écrit celui qui est également candidat à la présidentielle, accusant le gouvernement de Benjamin Netanyahu de « détruire ce pays et ses valeurs. »

Pourquoi cela dérange

Cette loi ne fait pas que susciter des réactions épidermiques ; elle met en lumière une incohérence flagrante dans le discours sur la démocratie et les droits de l’homme. Comment peut-on prétendre défendre des valeurs démocratiques tout en instaurant des lois qui ciblent spécifiquement une population ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette loi sont alarmantes. Elle renforce un climat de peur et d’inégalité, où la vie d’un Palestinien est jugée moins précieuse qu’une vie israélienne. Cela ne fait qu’aggraver les tensions et les divisions, tout en alimentant un cycle de violence.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir des figures politiques, qui prônent la justice et l’égalité, se retrouver à applaudir une loi qui semble tout droit sortie d’un scénario dystopique. Où sont passées les promesses de paix et de coexistence ? Peut-être ont-elles pris un vol direct vers l’oubli.

Effet miroir international

Cette dérive rappelle les politiques autoritaires d’autres régimes, où la loi est utilisée comme un outil de répression. Que ce soit aux États-Unis, avec des lois anti-immigration, ou en Russie, avec la répression des dissidents, le parallèle est troublant.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pouvons nous attendre à une escalade des tensions et à une radicalisation des discours. La paix semble de plus en plus un rêve lointain, remplacé par un cycle sans fin de violence et de répression.

Sources

Source : www.huffingtonpost.fr

Visuel — Source : www.huffingtonpost.fr
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