Démence à progression rapide, pertes de mémoire, hallucinations, spasmes, tremblements, douleurs dans les membres, atrophie musculaire et perte de poids font partie du cortège de symptômes qui affligent de nombreux patients venant surtout de la Péninsule acadienne et de la région de Moncton. Alors qu’ils étaient une vingtaine en 2019, ils sont maintenant au moins 400, âgés de 18 à plus de 80 ans.
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Cette saga qui secoue le Nouveau-Brunswick depuis des années n’est pas sans rappeler l’histoire fort médiatisée des personnes souffrant de sclérose latérale amyotrophique en Estrie et dans Charlevoix, qui soupçonnent que la présence marquée de cette terrible maladie neurologique dans leur secteur est liée à la pollution environnementale, ce que les autorités de santé publique n’ont pas pu démontrer.
Au Nouveau-Brunswick, cependant, le diagnostic est loin d’être aussi évident, car les gens sont atteints de ce que les autorités sanitaires ont convenu d’appeler une « maladie neurologique non diagnostiquée ».
S’agit-il d’une nouvelle maladie ou plutôt d’une ou de plusieurs maladies connues mal diagnostiquées ?
Au fil des ans, la science a tranché en faveur de la seconde possibilité, mais le doute persiste chez certains patients, tout comme chez Alier Marrero, le neurologue de Moncton qui a lancé l’alerte et constaté la plupart des cas.
Depuis que cette triste histoire défraie la chronique, les autorités sanitaires ont réalisé deux enquêtes sans pouvoir trouver de preuve confirmant l’existence d’une nouvelle maladie ni établir de cause commune.
Santé publique Nouveau-Brunswick a publié le premier rapport de son médecin-hygiéniste en chef en février 2022. Après avoir analysé 48 dossiers, des neurologues ont diagnostiqué des problèmes de santé connus tels l’alzheimer, la démence à corps de Lewy, l’encéphalopathie traumatique chronique, le syndrome de fatigue chronique et le cancer.
Trois ans plus tard, en mai 2025, une étude portant sur 25 cas publiée dans JAMA Neurology allait donner des résultats semblables.
Mais cela n’a pas suffi à rassurer les patients et leur neurologue qui soupçonnent que des contaminants environnementaux sont à l’origine des symptômes observés.
Difficile de demander aux patients de se soumettre à de nouveaux tests et examens. Mais c’est peut-être le prix à payer pour aller au fond de cette triste histoire.
Remplissant une promesse électorale de la première ministre de la province, Susan Holt, qui s’était engagée à ce qu’une enquête scientifique en bonne et due forme soit réalisée, le Bureau du médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick a donc publié une seconde étude en janvier 2026. Dans ce rapport, il conclut que les troubles ne semblent pas dus à l’exposition aux herbicides (comme le glyphosate) et aux métaux (comme l’arsenic, le plomb ou le mercure), contrairement à ce que soutient le Dr Marrero.
Le rapport concerne 222 patients qui n’ont subi aucun autre examen médical ni fait l’objet de nouveaux prélèvements. Les experts mis à contribution ont plutôt revisité les résultats d’anciennes analyses d’échantillons de sang et d’urine qui avaient amené le Dr Alier Marrero à suspecter une contamination environnementale.
Ils ont ainsi pu confirmer que la grande majorité des taux mesurés se situent dans la fourchette des valeurs de référence définies comme normales. Ils déplorent par ailleurs le manque de rigueur dans les analyses de suivi des rares cas où des valeurs élevées ont été enregistrées.
Ils notent aussi que, globalement, les taux de contaminants mesurés chez la cohorte de patients sont semblables à ceux tirés d’études menées auprès des populations du Canada et de l’Atlantique. De sorte que l’enquête ne révèle aucun signe d’un problème généralisé parmi ces patients.
Fait à signaler, le rapport écorche au passage le Dr Marrero, sans le nommer, dans une conclusion lapidaire affirmant que les « démarches très publiques et proactives entreprises par le médecin déclarant » et le « récit clair et non contesté […] perpétué dans les médias » ont alimenté à tort « la méfiance envers les institutions publiques ».
Les auteurs soulignent également que la qualité des données accessibles limite la possibilité de répondre à certaines questions. Par exemple, pour des métaux comme le cobalt, le nickel et le zinc, moins de cinq échantillons ont été recueillis, une taille jugée insuffisante pour réaliser une analyse complète.
Difficile de demander aux patients de se soumettre à de nouveaux tests et examens. Mais c’est peut-être le prix à payer pour aller au fond de cette triste histoire.
Ces derniers auraient tout intérêt à solliciter un deuxième avis et à collaborer avec les autorités sanitaires, qui devraient pour leur part songer à mettre au point une batterie de tests universelle pour tous ceux qui souhaiteraient s’en prévaloir, afin de faire une fois pour toutes la lumière sur la situation et, surtout, de calmer les inquiétudes des patients et de leurs proches.
Cette chronique a été publiée dans le numéro de mai 2026 de L’actualité, sous le titre « Le calvaire de la maladie mystère ».
Maladie mystère : quand le Nouveau-Brunswick joue à cache-cache avec la vérité
Des centaines de patients souffrent de symptômes mystérieux, mais les autorités semblent plus préoccupées par leur image que par leur santé.
Au Nouveau-Brunswick, une épidémie de « maladie neurologique non diagnostiquée » a fait son apparition, touchant plus de 400 personnes, de 18 à 80 ans. Démence, hallucinations, tremblements… un cocktail détonnant qui rappelle les histoires de pollution environnementale, mais que les autorités préfèrent balayer sous le tapis. Ironie du sort, alors qu’on s’attendrait à une enquête approfondie, on assiste à un véritable numéro de magie : disparitions de preuves et promesses non tenues.
Ce qui se passe réellement
Démence à progression rapide, pertes de mémoire, hallucinations, spasmes, tremblements, douleurs dans les membres, atrophie musculaire et perte de poids : voilà le tableau clinique des patients de la Péninsule acadienne. En 2019, ils n’étaient qu’une vingtaine, et aujourd’hui, ils sont au moins 400. Les autorités sanitaires, quant à elles, ont décidé de jouer les détectives amateurs, mais sans succès. Deux enquêtes menées n’ont pas réussi à établir l’existence d’une nouvelle maladie.
Le premier rapport de Santé publique Nouveau-Brunswick, publié en février 2022, a révélé que les neurologues avaient diagnostiqué des maladies connues comme l’Alzheimer et la démence à corps de Lewy. En mai 2025, une étude dans JAMA Neurology a confirmé ces résultats. Mais pour les patients et le Dr Alier Marrero, neurologue à Moncton, la pollution environnementale reste un suspect de choix.
Pourquoi cela dérange
Les autorités sanitaires semblent plus préoccupées par leur réputation que par le bien-être des patients. Le rapport de janvier 2026 a conclu que les troubles ne seraient pas dus à l’exposition aux herbicides ou aux métaux lourds, mais sans nouvelles analyses, juste en revisitant de vieux échantillons. On pourrait presque croire à une farce si ce n’était pas si tragique.
Ce que cela implique concrètement
Les patients, laissés dans l’incertitude, sont confrontés à des symptômes débilitants sans explication. La méfiance envers les institutions publiques grandit, alimentée par des rapports qui semblent plus intéressés à défendre leur intégrité qu’à résoudre un problème de santé publique.
Lecture satirique
Les promesses de la première ministre Susan Holt d’une enquête scientifique rigoureuse se sont évaporées comme un mirage. Les autorités, au lieu de s’attaquer au problème, préfèrent jouer les avocats du diable, accusant le Dr Marrero d’alimenter la méfiance. Mais qui, en fin de compte, alimente vraiment cette méfiance ? Les patients, ou ceux qui se cachent derrière des rapports biaisés ?
Effet miroir international
Ce scénario n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où la vérité est souvent sacrifiée sur l’autel de la politique. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les gouvernements semblent plus préoccupés par leur image que par la santé de leurs citoyens. Un parallèle ironique, n’est-ce pas ?
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, on peut s’attendre à ce que les patients continuent de souffrir en silence, tandis que les autorités poursuivent leur ballet de déni. Une situation qui pourrait bien devenir un véritable cauchemar pour ceux qui espèrent une réponse.
Sources





