Vous avez sans doute déjà entendu parler du jet-setting, mais connaissez-vous le « set-jetting » ?
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Ce terme désigne les séjours construits autour des lieux de tournage de films ou de séries et cette tendance touristique s’avère particulièrement lucrative dans la capitale espagnole, Madrid.
En avril, la responsable du tourisme à la mairie, Almudena Maíllo del Valle, a présenté les conclusions d’une étude (source en anglais) de la Madrid Film Office, réalisée en collaboration avec l’Institut universitaire de prévision économique L. R. Klein de l’Université autonome de Madrid, qui met en lumière la croissance spectaculaire des secteurs créatifs de la ville.
Sur la période allant de 2021 à 2024, la recherche « Dimension et impact économique des tournages de films et de séries à Madrid » a recensé 173 films et 242 séries télévisées tournés dans la capitale espagnole.
Ces projets ont généré un impact économique total de 1,54 milliard d’euros en dépenses de production, soit une moyenne annuelle de 385,5 millions d’euros.
Pour Maíllo del Valle, l’étude montre comment le secteur crée des emplois et attire des investissements dans toute la ville. Elle estime également qu’il « contribue de manière décisive à projeter l’image de Madrid à l’international comme destination créative, tout en stimulant le tourisme lié à cette visibilité mondiale ».
Année après année, Madrid reste un lieu de tournage très recherché, aussi bien pour les productions espagnoles qu’internationales. En 2025, dans le cadre de ses efforts pour promouvoir le tourisme local, le gouvernement régional de Madrid s’est engagé à verser trois aides pour un montant total de 1,5 million d’euros pour le prochain film de Woody Allen.
« Wasp », acronyme de « Woody Allen Summer Project 2026 », doit être achevé d’ici au 31 décembre 2027 et sera tourné à Madrid et dans ses environs, avec des « lieux identifiables » à l’écran.
Parmi les autres titres figurent notamment Deception, dont une scène a été filmée calle de Alcalá, The Cold Light of Day et Terminator: Dark Fate, également tournés dans la capitale espagnole.
Sur les lieux de tournage : les sites incontournables
Envie de marcher dans les pas des stars ? L’office du tourisme de la ville et la Madrid Film Office proposent toute une série de circuits à travers les lieux de tournage de films et de séries.
Face à l’afflux de productions télé arrivant aux portes de Madrid, la mairie a mis en place un itinéraire en deux volets intitulé « Madrid, capitale des séries ». Le premier est un plan qui recense neuf titres tournés à Madrid, dont la populaire série Netflix La Casa de Papel (Money Heist). Le deuxième guide ajoute huit autres titres salués par la critique, parmi lesquels The Midas Touch et Small Coincidences.
L’itinéraire « Le Berlanga de Madrid », disponible en anglais et en espagnol, rend hommage à l’un des réalisateurs les plus influents d’Espagne, Luis García Berlanga. Né à Valence, Berlanga s’est installé à Madrid en 1947.
Ce parcours en 15 étapes commence dans la maison familiale du quartier de Chamberí, où il a travaillé sur des classiques comme Bienvenue Monsieur Marshall, Plácido et Le Bourreau, et s’achève à l’Institut Cervantes, où il a déposé en 2008 un scénario inédit dans les archives artistiques, à n’ouvrir qu’en 2021, pour le centenaire de sa naissance.
Madrid a découvert le cinéma dès 1896, lorsque le Cinématographe des frères Lumière a été projeté pour la première fois dans un salon de la Carrera de San Jerónimo, en plein cœur de la ville.
Madrid : La Ville où le Cinéma Rime avec Économie… et Ironie
Alors que Madrid se pavane en tant que destination de choix pour les tournages, la réalité économique et sociale soulève des questions bien plus piquantes.
Ah, Madrid ! La ville où les rêves de cinéma se mêlent à une réalité parfois plus sombre. Alors que la capitale espagnole se transforme en un véritable parc d’attractions pour les amateurs de « set-jetting » — ce phénomène où les touristes affluent vers les lieux de tournage de films et de séries — on ne peut s’empêcher de se demander : à quel prix ?
Ce qui se passe réellement
Le terme « set-jetting » désigne ces séjours touristiques construits autour des lieux de tournage de films ou de séries. À Madrid, cette tendance s’avère particulièrement lucrative. En avril, Almudena Maíllo del Valle, la responsable du tourisme à la mairie, a présenté une étude de la Madrid Film Office. Cette étude, réalisée avec l’Institut universitaire de prévision économique L. R. Klein, révèle que de 2021 à 2024, 173 films et 242 séries ont été tournés dans la capitale, générant un impact économique de 1,54 milliard d’euros en dépenses de production.
Pour Maíllo del Valle, ces chiffres illustrent comment le secteur crée des emplois et attire des investissements. Mais, à l’heure où les inégalités sociales s’accroissent, on peut se demander si ces emplois sont réellement accessibles à tous ou s’ils ne profitent qu’à une élite.
Pourquoi cela dérange
Les promesses de prospérité économique se heurtent à une réalité bien plus nuancée. Alors que la mairie se vante de l’impact économique du cinéma, les habitants de Madrid se battent contre la hausse des loyers et la gentrification. La ville devient un terrain de jeu pour les riches touristes, tandis que les résidents peinent à joindre les deux bouts.
Ce que cela implique concrètement
Les projets de tournage, comme le prochain film de Woody Allen, « Wasp », qui bénéficiera d’une aide de 1,5 million d’euros, soulèvent des interrogations. Pourquoi investir autant dans un réalisateur controversé alors que de nombreux cinéastes locaux peinent à obtenir des financements ?
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment les discours politiques se contredisent. D’un côté, on nous dit que le cinéma est un moteur économique ; de l’autre, les habitants sont laissés pour compte. La mairie, en quête de visibilité internationale, semble oublier que derrière chaque tournage, il y a des vies, des histoires, et souvent, des luttes.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas unique à Madrid. À travers le monde, des villes comme New York ou Moscou adoptent des politiques similaires, où le tourisme et le cinéma sont érigés en priorité, au détriment des besoins fondamentaux de leurs citoyens. La question se pose : jusqu’où ira cette quête de glamour au détriment de la réalité ?
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, Madrid pourrait devenir un musée à ciel ouvert, où les habitants sont des figurants dans leur propre ville. Les promesses d’emplois et d’investissements risquent de se transformer en mirages, laissant la population face à une réalité amère.
Sources




