Rarement les mots du président de la République auront paru aussi creux, lorsqu’on les replace dans le contexte des multiples reculs environnementaux des derniers mois. Lors du sommet One Health (« Une seule santé »), qui s’est tenu à Lyon du 5 au 7 avril, Emmanuel Macron a rappelé l’importance de considérer la santé humaine comme étroitement liée à la préservation de l’équilibre des écosystèmes. Il a pris, conjointement avec plusieurs de ses homologues, une série d’engagements, non contraignants, et surtout en opposition frontale avec les politiques menées en France depuis une décennie, et singulièrement depuis sa réélection en 2022.
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Ces derniers mois, avec l’appui ou sous la pression de la droite et de l’extrême droite, le parti présidentiel a conduit une succession de reculs historiques sur les questions environnementales et sanitaires – fortement incompatibles avec les engagements pris à Lyon. La récente loi Duplomb, issue de la droite sénatoriale et adoptée avec le soutien du gouvernement en juillet 2025, va par exemple faciliter la construction de bassines, l’agrandissement des élevages hors-sol – gros pourvoyeurs de pollution des eaux, forts consommateurs d’antibiotiques et incubateurs de zoonoses –, et va favoriser la vente de pesticides aux agriculteurs.
Le sommet de Lyon s’est en outre achevé la veille de la présentation en conseil des ministres du projet de loi d’urgence agricole, qui risque de voir de nouveaux reculs s’ajouter à ceux déjà inscrits dans la loi, en particulier sur la protection de la biodiversité et des ressources d’eau potable.
L’emprise de l’agro-industrie renforcée
Derrière les mots, ce sommet cache un renoncement général à protéger la santé et l’environnement, aux échelles nationale comme communautaire. « La France publiera un nouveau plan national relatif aux perturbateurs endocriniens, visant à renforcer les actions de connaissance, à réduire les expositions et à améliorer l’information des publics », a annoncé M. Macron, précisant qu’il faudra protéger les populations les plus vulnérables aux effets majeurs de la chimie de synthèse que sont l’infertilité, les troubles du neurodéveloppement, les cancers.
L’objectif est louable. Mais, au même moment à Bruxelles et sans grande opposition de la France, un mouvement de dérégulation sans précédent – les paquets « omnibus » – vise à autoriser les pesticides sans limite de temps ou encore des dérogations d’usage de substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques dans des produits du quotidien. Aucune transition agroécologique n’est en vue en France, et les choix politiques assumés depuis une dizaine d’années renforcent l’emprise de l’agro-industrie sur les territoires et les systèmes alimentaires.
« Toute avancée repose sur une science libre, ouverte, indépendante », a plaidé le chef de l’Etat. De fait, la liberté académique et l’indépendance de l’expertise sont des piliers du fonctionnement des démocraties. Mais, là encore, il est difficile de ne voir dans les paroles du chef de l’Etat qu’un simple affichage. Le jour même de son discours, le personnel de Santé publique France manifestait pour la première fois de son histoire contre la perte d’indépendance de son institution. Quant à l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail, elle subit une pression politique inédite. Il est bien trop tard pour que des grandes annonces puissent cacher le mauvais bilan environnemental du chef de l’Etat.
Macron à Lyon : Quand les promesses de santé se heurtent à la réalité des bassines
Chapeau : Emmanuel Macron évoque la santé humaine et l’environnement lors du sommet One Health, mais ses actions récentes trahissent un tout autre engagement.
Introduction
Rarement les mots du président de la République auront paru aussi creux, surtout lorsqu’on les replace dans le contexte des multiples reculs environnementaux des derniers mois. Lors du sommet One Health, qui s’est tenu à Lyon du 5 au 7 avril, Emmanuel Macron a rappelé l’importance de considérer la santé humaine comme étroitement liée à la préservation de l’équilibre des écosystèmes. Mais que vaut un discours lorsque les actes parlent d’eux-mêmes ?
Ce qui se passe réellement
Ces derniers mois, avec l’appui ou sous la pression de la droite et de l’extrême droite, le parti présidentiel a conduit une succession de reculs historiques sur les questions environnementales et sanitaires, fortement incompatibles avec les engagements pris à Lyon. La récente loi Duplomb, issue de la droite sénatoriale et adoptée avec le soutien du gouvernement, va faciliter la construction de bassines et l’agrandissement des élevages hors-sol, véritables incubateurs de pollution et de zoonoses. Le sommet de Lyon s’est achevé la veille de la présentation en conseil des ministres du projet de loi d’urgence agricole, qui risque d’ajouter de nouveaux reculs à ceux déjà inscrits dans la loi.
L’emprise de l’agro-industrie renforcée
Derrière les mots, ce sommet cache un renoncement général à protéger la santé et l’environnement. Macron a annoncé un nouveau plan national relatif aux perturbateurs endocriniens, mais pendant ce temps, à Bruxelles, un mouvement de dérégulation sans précédent vise à autoriser les pesticides sans limite de temps. Aucune transition agroécologique n’est en vue, et les choix politiques renforcent l’emprise de l’agro-industrie sur nos territoires.
Pourquoi cela dérange
Les promesses de Macron semblent se heurter à une réalité bien plus sombre : alors qu’il prône une science libre et indépendante, le personnel de Santé publique France manifeste pour la première fois contre la perte d’indépendance de son institution. L’Agence nationale de sécurité sanitaire subit une pression politique inédite. Les belles paroles ne peuvent masquer un bilan environnemental désastreux.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de ces décisions sont alarmantes : pollution accrue, perte de biodiversité, et mise en danger de la santé publique. Les populations les plus vulnérables, déjà exposées aux effets néfastes de la chimie de synthèse, risquent de subir encore plus de dommages.
Lecture satirique
Ironie du sort : Macron parle de protéger les plus vulnérables tout en soutenant des lois qui favorisent les pratiques agricoles les plus polluantes. C’est un peu comme si un pompier se vantait d’éteindre les incendies tout en allumant des feux dans son jardin.
Effet miroir international
À l’étranger, des politiques autoritaires comme celles de Trump aux États-Unis ou de Poutine en Russie montrent que les discours sur la santé publique peuvent souvent masquer des intentions bien plus sombres. La dérive vers l’autoritarisme et l’ultraconservatisme est un phénomène global, et la France n’est pas à l’abri.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pouvons nous attendre à une aggravation des crises environnementales et sanitaires. Les promesses de Macron risquent de se transformer en un lointain souvenir, tandis que les bassines continueront de se remplir au détriment de notre santé.
Sources

Visuel — Source : www.lemonde.fr


