Maati Monjib : L’otage de la liberté d’expression au Maroc
Depuis 2020, l’historien Maati Monjib est bloqué dans son propre pays, victime d’une justice kafkaïenne qui l’empêche de voyager. Une situation qui soulève des questions sur la liberté académique au Maroc.
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Imaginez un intellectuel, invité à s’exprimer à la Sorbonne, mais qui se voit refuser l’accès à l’aéroport comme un criminel de guerre. C’est le quotidien de Maati Monjib, qui, tel Joseph K. dans le Procès de Kafka, est poursuivi par une justice insaisissable. Sa dernière tentative de quitter le Maroc a échoué le 30 mars, lorsque la police des frontières lui a interdit l’accès à la zone d’embarquement, sans aucune justification légale. Un bel exemple de la démocratie à la marocaine, où la liberté d’expression est aussi réelle qu’un mirage dans le désert.
Ce qui se passe réellement
Maati Monjib, historien et militant des droits humains, est devenu une figure emblématique de la répression au Maroc. Depuis 2020, il n’a plus le droit de voyager. Attendu à la Sorbonne pour une conférence, il a dû se contenter d’une intervention en ligne, comme un prisonnier de la pensée. « Il est scandaleux qu’il soit maintenu en otage dans son pays », dénonce Ali Bensaad, géographe et collègue. En plus de sa liberté de mouvement, Monjib subit une véritable « mort sociale » : il a été démis de son poste à l’université de Rabat, son salaire a été suspendu, et son compte bancaire est gelé.
Pourquoi cela dérange
La situation de Monjib met en lumière les incohérences du discours officiel marocain sur les droits humains. D’un côté, le gouvernement se vante de ses avancées en matière de liberté d’expression, tandis que de l’autre, il maintient des intellectuels en détention, sans procès ni explication. Une belle démonstration de la promesse versus réalité, où la liberté d’expression est un concept aussi flou que les frontières de l’illégalité.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette répression sont multiples. Non seulement Monjib est privé de sa carrière académique, mais cela envoie également un message fort à d’autres intellectuels : « Parlez, et vous serez réduits au silence. » Cela crée un climat de peur qui étouffe toute forme de critique. Le Maroc, qui se présente comme un modèle de stabilité dans la région, montre ainsi son vrai visage : celui d’un régime autoritaire qui préfère la soumission à la réflexion.
Lecture satirique
Il est presque comique de voir un pays qui se veut moderne et ouvert, mais qui agit comme un tyran de bazar. Les promesses de réformes sont aussi crédibles qu’un politicien promettant de réduire ses impôts. En réalité, le Maroc semble jouer à un jeu d’illusions, où la liberté d’expression est un accessoire de mode que l’on exhibe, mais que l’on ne porte jamais.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas unique au Maroc. Elle rappelle les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs, comme en Russie ou aux États-Unis, où la liberté d’expression est souvent mise à l’épreuve. Les gouvernements, qu’ils soient monarchiques ou démocratiques, semblent avoir un talent particulier pour museler ceux qui osent contester le statu quo.
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, il est à craindre que d’autres voix dissidentes soient réduites au silence. Le Maroc pourrait bien devenir un exemple à ne pas suivre pour d’autres nations, à moins qu’une pression internationale ne vienne rappeler au régime que la liberté d’expression est un droit fondamental, et non un privilège.



